C. DU RÔLE DE LA PERCEPTION VISUELLE
Pour les sensations visuelles, vous avez deux catégories distinctes : la couleur et la figure, la couleur avec ses degrés d'intensité variés à l'infini
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sous le jeu infini de la lumière, el la figure à laquelle notre espril peut donner le mouvement, car vous êtes obligés d'admettre que le regard voyage sur la figure, de sorle que l'immobilité de celle-ci n'exclut pas de la vision les sensations attachées au mouvement. C'est môme à cause de la distraction forcée de notre regard, qui à la fois reçoit une sensation réelle et une sensation mentale, que notre œil accepte les erreurs auxquelles le soumet le mouvement extérieur. Qu'est-ce que le kinétoscope, qu'est-ce que le cinématographe, sinon des appareils oîi toutes les erreurs de notre regard sont mises à profit mathématiquement, pour fournir une sensation de réalité à notre perception mentale? Et ce ne sont là que des exemples cueillis au hasard de l'actualité.
D. DE QUELQUES QUALIFICATIONS SYINTIIÉTIQUES RÉVÉLÉES PAR LA rERCEPTION SENSIBLE
Eh bien! lorsque ces perceptions tactiles et visuelles s'exercent, elles
nous révèlent des qualités dont les dénominations nous servent de moyen d'expression. Ce sont :
Le joli, qui exclut les idées de grandeur et de puissance.
L'élégance, qui est la grâce sobre et simplc^sérieuse par volonté et dégagée de toute spontanéité.
La distinction, qui est mieux encore que l'élégance ; c'est l'exquis dans la simplicité [fîg. 11).
La noblesse, qui épargne à l'oeil les surprises brusques, et exprime avec une 'simplicité consciente des sentiments graves et reposés {fîg. 12).
La majesté, qui est un degré de plus que la noblesse, et s'offre avec solennité.
Et la pompe, qui est de plusieurs degrés au-dessous de la noblesse, et masque les mesquineries de l'esprit sous le dehors majestueux des choses [fîg. 10).
Il existe d'autres qualités encore, dont il ne s'agit pas de dresser ici
Fig. 10. CAISSE DE CARROSSE
(Époque de la Régence.)
CARACTÈRES D'EXPRESSION
l'inventaire; mais le mécanisme de ce procédé d'éludé est suffisamment exposé et ce n'est pas s'avancer à la légère que de dire qu'en relevant ces qualités, combinées ou isolées, sur les objets d'art décoratif et de curiosité, on doit être à même d'en caractériser le style, et par conséquent de les connaître.
Fig. H. Fig. 12.
CAISSES DE CARROSSES (Époquc de Louis XIY.)
L'Histoire en concours avec la perception sensible pour déterminer les Caractères des Styles.
Si l'on joint à l'analyse des perceptions sensibles le souvenir de l'évolution historique qui marque chaque époque, on doit se trouver en garde contre tous les errements et l'on peut, sans se perdre, pénétrer dans l'infini détail que chaque nature d'objet présente en chaque style : c'est ce souvenir, cette sorte d'étude synthétique dont nous allons essayer de déterminer la formule.