FORME GRECQUE
que le vase, en sa forme et en ses proportions, doit être agréable.
Pour les perceptions tactiles impliquant sensation de résistance, le tact doit recevoir une impression qui affecte d'autre manière notre sensibilité : par le velouté de la surface touchée, ou l'àpreté, ou la rugosité. Par exemple, si nous prenons un velours frappé du xvi^ siècle, ou un velours à broderie du xv^, la sensation de velouté n'est pas la môme, non plus que pour les soies du xvni" siècle et les satins brochés de l'époque impériale. Est-ce à dire que la sensation de l'un de ces tissus sera agréable à l'exclusion des autres? Nullement, mais il y aura des nuances dans l'agrément du tact, et ces
CARACTKRES D'EXPRESSION.
nuances nous guideront dans la recherche des caractères qui distinguent les styles. Car, il faut hien s'entendre sur ce point, que les styles ne sont pas que des formules d'histoire, et n'émanent pas seulement des dates qui leur sont assignées : si on peut les reconnaître par comparaison en faisant un effort sur la mémoire, qui n'enregistre que des étiquettes, on est bien mieux armé pour les connaître par la sensibilité qui enregistre des sensations et qui les classe en perceptions diverses. Cela est évident surtout lorsque la perception
(limail de Limoges.) (Cristal éraaillé.)
n'implique pas sensation de résistance, comme les perceptions de froid, de chaud, de douceur, de rudesse, de caresse, de sécheresse; vous pouvez en faire la preuve en comparant les sensations éveillées par les porcelaines et les faïences, les bronzes et les étains, les émaux de différentes natures (fig. 8 et 9) et les cloisonnés, le marbre et la pierre, les bois ouvrés et les marqueteries.