‹ Comment éviter les impôts mortelsChapitre 5 sur 26 · PRÉFACE V · texte numérisé non relu

PRÉFACE V

poser l'adoption d'un projet susceptible de faire payer les Boches dans toute la mesure du possible. Il reste à l'opinion publique alliée le temps nécessaire pour se manifester utilement car les traités qui s'élaborent ne sont que des projets de traités lesquels ne deviendront valables et définitifs qu'après leur ratification par les divers Parlements alliés.

Les Parlements étant la représentation des peuples, la puissance de l'opinion publique peut donc encore s'exercer très efficacement sur les Parlements.

Mais l'opinion publique ne peut exercer une action décisive qu'à deux conditions : elle ne doit soutenir qu'un projet réellement pratique et il faut qu'elle soit solidement documentée pour que sa volonté finisse par devenir souveraine.

VI PBâFACa

J^ai établi cet ouvrage^ de façon a rendre possible à l'opinion publique alliée cet exain«i el cette diwumentatian .

Les jours qui paasent décideroAl àe notre sort à tou& pour bien longtemps.

Si la lecture de ce livre roa» convainc, ami lecteur, devenez immédiatement propagandiste, Préconisea autour de vous le projet dont les. grandes lignes sont exposées dans cet ouvrage. En contribuant par votre force d'c^inion à le faire adopter dans l'intéréi eomman des Alliés, vous emploierez le plus sûr moyen de vous éviter personnellement les impôts mortels.

Paris, le 15 avril 1919.

les impôts mortels.

Dans quel état l'agression allemande

a mis la France.

Avant la guerre, la France avait 32 milliards de dettes, soit sur la base de la population d'alors 832 francs par tête de citoyen- L'agression allemande a contraint la France à une dépense de 182 milliards de francs. Sur ce chiffre, 18 milliards ayant été fournis par les impôts, la dette réelle de la France résultant de la guerre est de 164 milliards de francs. Sur ces milliards, 30 environ sont allés à l'étranger

des produits nécessaires à la guerre,

qui se détruisent par l'usage qu'on

it; de ce chef, la France a éprouvé

lerte à peu près égale à 30 milliards

n devenant durablement débitrice de

Qger pour le montant de ce dernier

dette résultant de la guerre, s'ajou-

L la dette d'avant-guerre, la France a

enanl une dette totale de 196 milliards

ncs.

n'est pas tout. Les dommages maté-

iirects causés par les Boches dans les

tements envahis les plus riches de la

;e, représentant le sixième de son ter-

B, s'élè-vent d'après les dernières esli-

<Ds à 96 milliards de francs.

; Français ont perdu environ 20 mil-

! de francs des valeurs russes ou bai-

On arrive donc au tableau suivant :

Dette publique .... 196 milliards.

Pertes en Russie. ... 20 — t)éTaatations 96 —

312 milliards.

Or, avant la guerre, la fortune totale de la France était évaluée à 300 milliards au maximum.

Quant au budget de la France de 5 milliards avant la guerre, il doit être porté maintenant à 1& milliards, au moins peur faire face aux charges résultant delà guerre^ dont deux surtout sont aussi formidables qu'inévitables :

1° Le service des intérêts des emprunts c entractes pendant la guerre ;

2° Le service des pensions dues aux i nnondbrables victimes de la guerre : blessés, mutilés, veuves, etc.

Par suite de l'agression allemande, le budget français doit donc subir une formidable augmentation de 13 milliards. Si les réparations dues par les Boches n'étaient pas faites, il faudrait trouver ces 13 milliards sous forme d'impôts. Or ces impôts devraient être payés par une population française beaucoup moins nombreuse qu'avant la guerre.

En effet la France, défalcation faite des étrangers, n'avait pas plus de 39 millions d'habitants en 1914. L'agression allemande a fait subir à ce chîfire deux réductions, Tune résultant directement de la guerre, l'autre en étant la conséquence indirecte.

La France a eu 1.400.000 soldats morts à la guerre. Quant à la population civile, les calculs qu'on a pu faire dans 77 départements non envahis ont établi que de 1913 à fin 1917, d'une part la natalité est

tombée de moitié, d'autre parties morts de la population civile ont augmenté dans une proportion telle que, poui^ cette période de la guerre, les morts de la population civile

remportent sur les naissances de 883.000.

Si l'on calcule sur la même base les pertes de la population civile pendant 1918, et si l'on suppose que les pertes des départements envahis sont identiques à celles des départements non envahis, alors qu'en réalité les pertes (Jes régions envahies sont cependant certainement supérieures, on constate que les pertes de la population civile de la France, résultant indirectement de la guerre, s'élèvent à au moins 1.500.000 habitants. Donc en ajoutant ce chiffre à celui des morts résultant directement de la guerre on constate que la diminution de la population totale de la

France est, en chiffres ronds, au moins de

COMMENT ÉVITOR LES IIH-OTS MORTELS

^000 d'habitants. La France n'a plus que 36.000.000 de citoyens, \. désormais à supporter un budget t milliards au lieu de 5 milliards et lette nationale de 196 milliards au le 32 milliards.

dette nationale d'un citoyen français onc désormais de 5.444 francs au le 832 francs avant ta guerre.

; charges sont pour les 36 millions de tais d'autant plus écrasantes que, sur nier chiffre, 700.000 sont pensionnés Dpmés par suite de leur mutilation ou ur usure physique résultant de la e et que plus d'un million de Français revenus de la guerre sans être pênes mais ayant leur santé sérieusement ite par les fatigues de la campagne, donc avec une population aussi iement décimée que la France devrait

trouver normalement 13 milliards de frâiics

de plus qu'avant la guerre pour équilihrer son budget. Ce problème ne peut évidemment être résolu que par l'effet des réparations dues par le peuple allemand.

Le peuple allemand est respcmsable

Le peuple allemand est responsable des dommages matériels inouïs qu'il a causés à toutes les victimes de son agression, non seulement parce qu'il a déchaîné la guerre, dans un but avéré de conquête, mais encore parce que cette guerre a été conduite d'une façon scientifiquement étudiée afin de détruire pour une longue période après La lutte la puissance économique des adversaires des Allemands.

Cette vérité résulte à la fois de faits

incontestables et innombrables et des docu-

ments allemands récemment trouvés prouvant que ces destructions ont été très minutieusement préméditées.

La responsabilité du peuple allemand est tellement certaine que s'il est nécessaire de la rappeler, elle n'a plus besoin d'être démontrée.

L'urgence et la nécessité des réparations.

En raison de sa longue et criminelle préméditation et de ses vols siir toute la surface de l'Europe, les dépenses de guerre de l'Allemagne ont été très inférieures proportionnellement à la population aux dépenses de guerre des différents grands pays alliés et notamment de la France (v. p. 24). En outre, la France a ses départements les plus riches dévastés, mis

pour longtemps dans rimpossibililé de produire.

Il résulte de cette circonstance que malgré les conditions d'armistice qu'elle a dû accepter, l'Allemagne, quand on va au fond des choses, se trouve dans une situation économique générale considérablement moins difficile pour l'avenir que la France.

Celle-ci, en effet, surprise par l'agression allemande, a dû improviser à coups de milliards un immense matériel de guerre acheté en grande partie à l'étranger, ce qui lui a créé une lourde dette extérieure.

Il résulte de ces différences économiques que la victoire ne sera durablement assi^i'ée à la France que quand le peuple allemand aura effectivement restitué les biens mobiliers qu'il a volés et quand les réparations effectives auront détruit la supériorité de situation économique qui existe réellement

aa profit de rÂllemagoe par rapport à la Assurément, cet état de choses est iséqueoce laïque des crimes de igne, mats il n'en existe pas moins Llement et porte ses conséqueoees iques.

stice la plus élémentaire exige att e ces réparations. On ne peut éviit pas appeler victoire ou paix juste de choses qui laisse les maison»

des pleines des objets de toute 'olés en Belgique et en France, alors Belges et les Français des régions s n'ont encore à considérer que les inistres de leurs maisons, systémaint détruites par les envahisseurs-

ï économique ne pourra commenprendre réellement que quand les dévastées, qui sont les régions les

plus riches et les plus industrielles du pays, auront été remises en activité, donc restaurées.

Le vol d'une quantité énorme d'objets mobiliers par les Allemands a fortement contribué à faire monter dans toute la France, dans des proportions considérables, le prix de la vie. Par exemple, les centaines de mille de matelas volés par les Allemands dans nos départements envahis ont fait monter le prix des matelas dans la FraSice entière^ parce qu'il y a eu raréfaction considérable des matelas. Maintenant qu'il s'agit de rééquiper les départements envahis, le prix des matelas déjà très élevé a monté encore depuis Tarmistice d'une cinquantaine de francs. Cette élévation de prix qui atteint la plupart des objets mobiliers est donc une conséquence directe de l'agression allemande. 11 y a là, en somme,

plîcation de l'inévitable loi de t de la demande qui produit ses our les objets mobiliers comme reste. Par conséquent, la resdes objets mobiliers volés par mands contribuera à diminuer des choses dans toute la France, qu'il faut atteindre au plus

lite des conséquences directes ou ;s de l'invasion la vie est actuelleus chère en France qu'en Aliemant que celte diflérence subsistera, ie française ne saurait travailler I conditions lui permettant de souconcurrence des produits boches, i réalité, les ouvriers français, bien m doutent fort peu, ont leur aveiment moins assuré que celui des allemands.

Très vite les conséquences désastreuses de cet état de choses se feraient sentir si les précautions nécessaires n'étaient pas prises. L'Allemagne n'ayant pas été envahie, ayant toutes ses usines intactes peut, presque sans délai, reprendre une activité économique intense. Par contre, la France a le tiers de ses usines détruites, le sixième de son territoire dévasté et devra travailler pendant des dizaines d'années seulement pour remettre les choses dans l'état où elles étaient avant la guerre. De ce chef, la France est économiquement handicapée de la façon la plus funeste.

Seules les réparations méthodiquement imposées peuvent transformer peu à peu cette situation infiniment dangereuse, résultat inique de l'agression allemande.

:essité d'une, doctrine de réparation commune à tous les Alliés.

a question des réparations est vitale non eraent pour les Français, mais pour ; les États alliés également victimes de uerre. En effet, pour eux comme pour "rance, la victoire n'existerait pas sans solution satisfaisante du problème des irations, en raison des gigantesques jrences économiquescréées parlaguerre )rofond détriment de tous les alliés eu- Sens.

r, pour résoudre réellement le pjvèlème réparations, il fautgue le droitmix répaons de tous les Etats alliés, sans excep- , soit sauvegardé équitablement. S'il en ! autrement, les États sacrifÎÉs protestent aussitôt ajuste titre, et Userait impos-

INTBODUCTION 15

sible iTabotitir, Il est donc indispensable que les Alliés aient une doctrine commune afin qu'au sujet des réparations, comme au sujet des autres questions essentielles, leur union, condition indispensable du succès final, soit assurée pendant tout le temps nécessaire.

Pour obtenir ce résultat, il faut :

1*" Partir d'un principe juridique qui soit juste avec évidence pour tous les Alliés, cette évidence étant démontrée par le fait que ce principe de droit existe dans la législation de tous les pays de TEntente;

2^ Trouver une formule qui permette l'application pratique de ce principe dans des conditions d'équité générale envers les Alliés tout en tenant compte des différences d'efforts et de sacrifices de chacun de ceux-

ci;

3** Dégager des combinaisons financières

qui soient susceptibles d'éviter à tous les peuples alliés d'Europe, pendant une longue période, le poids des impôts mortels conséquence directe de l'agression allemande, impôts qui par leur énormité suffiraient à déterminer l'explosion économique dé ces peuples et par conséquent leur défaîte, d'où résulterait par effet réflexe, la victoire allemande.

Le plan d'ensemble que je soumets à l'opinion publique est harmonisé de façon à atteindre ces trois objectifs.

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