C. — Bulgares
102. Ferdinand V de Saxe-Cobourg-Go- THA, roi de "Bulgarie (7 juillet 1887-19 17). Petit-fils de Louis-Philippe par sa mère, Clémentine d'Orléans. La prétention, la sottise, l'hypocrisie en personne, ce qui s'allie d'ailleurs en lui avec un très vif sentiment de haine et de cruauté. Entre la culture latine et ce qu'il devait aux Slaves, il a préféré suivre les haillons dégouttants de sang de la Kultur. Le sang, d'ailleurs, l'attire. On n'ignore pas qu'il avait donné carte blanche à son premier ministre StamboulofF, véritable massacreur politique, quoiqu'il ne prétendît « touer qué les ennemis de son patrie » . On sait aussi quelles atrocités commirent les troupes bulgares dans l'avant-dernière guerre des Balkans. Actuellement, ces horreurs sont dépassées par les mêmes bandits en Serbie, en Macédoine et dans la Dobroudja. Il admire sincèrement le bandit en chef de Berlin, avec le double zèle d'un renégat de la civilisation et d'un
néophyte kulturien. Ce jeu-là lui coûtera son trône.
103. Radoslavof, président du conseil des ministres, 191 5-19 17. Celui-ci mange à tous les râteliers de la servitude. Il a joué triple jeu à l'égard de la France, de l'Angleterre et de la Grèce; et l'ombre de Bismarck l'incite à tous les crimes politiques. Bas serviteur de Berlin et de Vienne, il a endormi l'Entente jusqu'au jour où Guillaume l'a mis en demeure de marcher. Et il a marché, au nom de la Kultur et de la éMineU Europa, La ruée de l'Autriche contre la Serbie, celle de l'Allemagne contre la Belgique et la France, ont affermi sa vocation de maquignon diplomatique. Les crimes allemands l'inquiètent en ce sens qu'ils dépassent ceux des troupes bulgares, ou tout au moins lui paraissent plus raffinés. Jekov^ et Bojadjeff ont rarement l'occasion de bombarder des cathédrales catholiques; ils ne perçoivent point, non plus, d'aussi copieuses (( contributions de guerre » que les 62^ millions volés d'un seul coup à Anvers, les ^00 millions volés à Bruxelles et les 50 millions mensuellement subtilisés à la pauvre Belgique. Radoslavof s'en console par ses platitudes envers l'Allemagne et l'Autriche. En décembre 1916, il était à Berlin; mais les journaux ont oublié de nous dire si Guillaume II l'a fait manger à l'office. L'imitation de l'Allemagne est flagrante chez Radoslavof . Le 23 avril 19 17, son journal C^arodni Trava annonçait la vente publique du butin volé en Serbie, où figuraient
« plusieurs lots de parfums, objets de toilette pour femmes, ustensiles en argent, sacs de dames en argent, or et platine; — le tout à des conditions exceptionnelles... ». Comme à Berlin ! Voilà les soldats et les hommes d'Etat que les Alliés ont à combattre : des voleurs !
Travaux forcés
Sont passibles des travaux forcés pour crimes prévus et punis : i'^ par l'article 3 de la convention de la Haye, 1907; 2° par les articles du Code pénal 302, 303, 434, 435, 381 à 388, 147 et 148; 3"" par les lois répressives de toutes les nations civilisées, soit comme ordonnateurs responsables, soit comme complices, les deux cent trente individus dont les noms ou la qualité suivent :
A. — Allemands.
I. Frédéric-Auguste de Saxe, roi de Saxe (1904-19 17). Il s'est rallié, dès son avènement, au parti de la guerre et au pangermanisme, qui triomphaient à Berlin. Grand admirateur de Guillaume, il a saisi toutes les occasions qui se présentaient d'applaudir à la guerre à outrance
sur terre et sur mer. Complice du kaiser, il est responsable des nombreux crimes commis par les troupes saxonnes.
2. Guillaume II Wurtemberg, roi de Wurtemherg (i 891-19 17). Il a accepté le joug prussien dans toute son horreur et n'a jamais été qu'un préfet couronné régnant à Stuttgart. Complice du pangermanisme, adepte de la Kultur, le seul fait qu'il a approuvé la violation de la Belgique et du Luxembourg lui mérite un châtiment. Ses troupes ont assassiné, pillé et incendié, en France et en Belgique, sans qu'il ait tenté d'arrêter leur zèle dans l'atrocité.
3. Frédéric II Zoeringen Hochberg, grand-duc de "Bade (1907-19 17). Ce Badois mériterait d'être né à Berlin ; c'est un pur stockpreusche, de l'espèce la plus vile. Valet du kaiser, admirateur de Bethmann-HoUweg, il pense comme l'imbécile Lasson que Guillaume II est un (( dieu », et que son chancelier, « le plus éminent des hommes actuellement vivants, ne connaît pas de plus hauts soucis que celui de la vérité, de la loyauté et du droit ». Le mensonge, chez les Teutons, est toujours kolossal.
4. Ernest-Louis de Brabant, grand-duc de Hesse (1892-1917). Frère de l'impératrice de Russie et beau-frère du prince Henri de Prusse. Ses ancêtres vendaient leurs soldats au plus o^Frant enchérisseur. Lui s'est vendu corps et âme, non à l'Allemagne, mais à la Prusse. Parti-
San du vol de territoires à l'est et à l'ouest, c'est-à-dire pangermaniste. En 1914, ce valet couronné a commis un vol de marchandises au préjudice de M. Gronier, quincaillier à Ham (Somme). (Huitième rapport de la commission française,)
5. Albrecht,Ji/c DE Wurtemberg, maréchal, commàndant d'armée en Belgique en 191 5. Ses troupes se sont conduites avec une remarquable cruauté. Elles ont continué, en Flandre française et en Picardie, pendant l'année 19 16, à piller, voler, maltraiter les populations; et leur général a pris une part active aux abominables déportations de civils. Commande, depuis avril 19 17, le groupe d'armées de la Lorraine à la frontière suisse.
6. Von Kuhl, général, chef d'état-major du groupe d'armées du prince Rupprecht de Bavière, en 1915 et 1916. Complice des incendies, pillages, assassinats et déportations commis en Flandre française et en Picardie. Même complicité, en mars 19 17, au moment de la retraite allemande.
7. Von Reichenau, général, publiciste pangermaniste. S'est déclaré, en mars 19 17, partisan d'annexions, d'indemnités, engageant l'Allemagne à supprimer la France et, dans le cas où la paix serait signée, à se considérer comme étant toujours en état de guerre avec les voisins de l'Ouest.
8. Von Boehn, général, commandant à Termonde, le 4 septembre 19 14. Menaces par voie d'affiches. Ces menaces ont toujours eu en vue : l'extorsion d'argent, l'incendie et le pillage, — ces deux derniers justifiés, aux yeux des Boches, par une soi-disant résistance armée des habitants. Un soldat décharge son fusil en l'air, puis s'écrie : éMan hat geschossen (On a tiré) ; il n'en faut pas plus pour voler et massacrer, et pour que des fourgons, bien garnis, partent pour l'Allemagne.
9 . X., général, qui vola, à Saint-Mihiel (Meuse), le Sépulcre de l'église Saint-Etienne, chef-d'œuvre de Ligier Richier, depuis exposé à Metz par les Allemands (19 14). Il faut noter que, dans des églises, des châteaux et des parcs, les Barbares ont détruit ou mutilé quantité de statues ^
10. X., général, commandant la 3^ division d'infanterie bavaroise. Fusillades de civils et incendie à Maixe (Meurthe-et-Moselle), en août 19 14. Les troupes bavaroises, déjà si immondes en 1870 et 1 871, se sont particulièrement distinguées, depuis le début de la guerre, dans le pillage, l'incendie et l'assassinat. Avis à ceux qui ont encore des illusions (( athéniennes » sur Munich.
11. Danner, général, commandant un corps bavarois. Pillage de la ville de Fraimbois (Meurthe-et-Moselle), en août 19 14. Vols de linge,
I. Beaucoup de ces objets ont été recueillis, sur les diverses parties du front, et avec un louable zèle, par M. Paul Ginisty, inspecteur général des monuments historiques, et exposés au palais des Beaux- Arts de la ville de Paris, en 19 16 et 19 17.
pendules, pianos, commis par des officiers sous l'œil complaisant de leur général.
12. Von Fuchs, général, commandant le 8^ corps d'armée. Il viola le territoire neutre du grand-duché du Luxembourg le 2 août 19 14, et imposa tout de suite ses volontés au gouvernement grand-ducal. (Violation du traité de Londres du 11 mai 1867, qui a fait du Luxembourg, à la demande de la Trusse elle-même^ un Etat perpétuellement neutre, sous la garantie de l'Europe.)
1 3 . X., général-major, commandant la 40^ brigade prussienne d'ersatz, 10^ division, corps d'armée d'ersatz. Pillage (( avec application » de Champenoux et Brin (Meurthe-et-Moselle), le 5 septembre 19 14. Pillage d'un château, à Loupmont (Meuse), le 5 octobre 19 14.
14. X., général, commandant la 19^ division d'ersatz (saxonne). Mise à mort d'un prêtre catholique, le 29 août 19 14. Les commissions d'enquête belge et française et les publications de divers neutres ^ nous ont donné un aperçu des atroces traitements infligés au clergé en pays envahi.
I. M. L.-H. Grondijs, ancien professeur à Dordrecht, dans les Allemands en Belgique; M. Léon Maccas, docteur en droit, dans les Cruautés allemandes, réquisitoire d'un neutre; M. Reiss, de Lausanne; et d'autres courageux et loyaux esprits.
ly. Seydewitz, général. Il assista, impassible, au pillage de Châlons-sur-Marne, organisé par un de ses officiers, et toléra un vol de yoo.ooo francs fait à cette ville (août 19 14). Il est hors de doute que, dans nombre de cas, les généraux et officiers supérieurs auteurs des vols faits à des moyennes ou petites communes s'en sont approprié le montant, en tout ou en partie. Certains voleurs ont même transigé.
16. X., général, commandant à Anvers, Le 9 octobre 19 14, vol à la ville d'Anvers de 625 millions de francs, sous l'étiquette de contribution de guerre. Ce vol (( kolossal », ainsi que celui fait à la ville de Bruxelles en août 1 9 1 4, ayant un caractère politique, le métal a dû prendre la route de Berlin.
17. Von Uuger, général-lieutenant, commandant d'étapes à Gand. Monstrueuse affiche du 1 2 octobre 1 9 1 y obligeant les ouvriers belges à travailler pour l'armée allemande.
18. X., général, commandant les troupes de passage à Melen-Labouxhe (Belgique), août 1 9 1 4. Une enfant, Marguerite W..., violentée, martyrisée par vingt soldats avant d'être fusillée aux côtés de son père et de sa mère. Aux environs, les Barbares pénètrent dans des couvents et des communautés et y violent des religieuses. (Voir le rapport de la commission belge et l'admirable et émouvante lettre du cardinal Mercier à Von Bissing, insérée dans la réponse au Livre
blanc allemand.) Ce crime s'est étendu par la suite, et certains béguinages des deux Flandres n'en ont pas été exempts.
19. Von h u eh ne, général, gouverneur militaire d'Anvers. En octobre 19 15, parlant au nom du gouvernement de Berlin, il fit dire, par l'intermédiaire des autorités hollandaises, aux milliers de Belges réfugiés en Hollande que, (( s'ils rentraient dans leur patrie, ils ne seraient jamais enrôlés dans l'armée allemande, ni déportés en Allemagne, ni contraints à travailler contre la Belgique ». On sait comment les Barbares ont tenu leur promesse : 300.000 Belges déportés en 1 9 1 6 !
20. Von Breittenbach, général, gouverneur de Dinant (Belgique) en 19 16. Complice des .déportations commises dans cette ville depuis les massacres de 19 14 et l'incendie. Viols de religieuses par des soldats, dans la province.
21. X., général, commandant les troupes entrées à Coulommiers (Seine-et-Marne) en septembre 19 14. Ses soldats ont violé une mère de famille et forcé son mari et ses deux enfants à assister au crime. (Enquête française.)
22. Von Emmich, général, commandant l'armée allemande dite armée de la Meuse. Il viola le territoire belge par Warsage, route d'Aix-la-Chapelle à Visé. Le 4 août 19 14, affiche mensongère, outrageante et menaçante, aux ha-
bitants de la Belgique. Pendant l'attaque des forts de Liège, il toléra deux tentatives d'assassinat organisées par des officiers de son armée contre l'héroïque général belge Léman, défenseur de la place. En 1 9 1 3 , ce même Von Emmich avait été envoyé à Liège par Guillaume II afin d'affirmer l'amitié du kaiser pour la Belgique et... espionner la forteresse.
23. Von Scheer, amiral, commandant la flotte allemande en 1916-1917. Coulage de navires neutres et guerre sous-marine à outrance.