Seeberg, pasteur, professeur de
théologie protestante à Berlin, l'un des signataires de l'impudent manifeste dit des imeU
lectuels allemands (19 14). Le bandit de l'arrière dans ce qu'il a de plus odieux. — « Nous faisons, a-t-il dit, une œuvre d'amour en tuant, en faisant souffrir, en brûlant des maisons, en envahissant des territoires... » (Sermon prononcé à "Berlin Ces infamies, parfaitement conscientes, donnent une faible idée de ce qu'est devenu le clergé allemand de par la Kultur.
80. CuRTius, capitaine de la 3"" compagnie du 112^ régiment d'infanterie (brigade Stenger). Il donna l'ordre à ses soldats de ne plus faire de prisonniers. (Thiaville, 26 août 19 14.)
81. Theodor Wolff, chef de la fameuse officine de propagande et de mensonges, destinés à tromper le peuple allemand et les neutres, depuis juillet 19 14. Dans le "Berliner Tageblarr, excitations répétées au vol de territoires français, russes et belges (19 16-19 17).
82. cAdolfLASsoN^ conseiller privé du kaiser, professeur à l'université de Berlin. (( Dieu est avec nous! » s'écriait ce Boche délirant, en août 19 14. Il a qualifié (sans rire!) Guillaume II de délices du genre humain (deliciœ generis humant), affirmant que ledit kaiser a toujours protégé la paix, le droit et l'honneur. (Que serait-ce, mon Dieu, s'il ne les protégeait pas!) — (( Nous sommes moralement et intellectuelle-
I . Ces incroyables paroles d'un ministre du culte ont été citées par le Standard du 4 septembre 191 5 et reproduites par le Temps.
ment supérieurs à tous, hors de pair... Notre armée est pour ainsi dire une image réduite de l'intelligence et de la moralité du peuple allemand... Nous n'avons à nous excuser de rien... Nous faisons du bien à tous. Louvain n'a pas été détruit. On y a brûlé seulement les maisons des meurtriers \ »
83. Gaebel, major, commandant d'étapes de la région de Chauny (Aisne). Vol de 50.000 francs à la commune de Tergnier, le 22 octobre 19 14, sous prétexte d'amende. Vol de 100.000 francs à un habitant de Chauny, le 1 1 décembre 19 14, même motif. (La preuve de ces deux vols a été faire par des affiches allemandes retrouvées après V évacuation,)
84. Von Zwehl, intendant général, gouverneur d'Anvers en 19 17. Menaces contre la population. Déportations d'habitants. Complicité dans les extorsions de fonds qualifiées amendes.
85. X , officiersupérieur, commandant les premières troupes d'occupation de Roye (Somme). Assassinat de deux habitants par ses soldats le 7 septembre 19 14.
I. On croit rêver en lisant cet assemblage d'infamies et d'absurdités. Pour l'honneur de l'humanité, on voudrait douter de leur authenticité. Mais la réalité est là. Voir surtout la monumentale lettre du sieur Lasson, datée de Berlin, 29 septembre 19 14, — lettre méritant à la fois les honneurs du bagne et du cabanon.
86. X., officier prussien, chef du premier détachement entré à Noyon le 30 août 19 14. Assassinat de deux habitants par ses soldats. En septembre, un homme et une femme tués. (8^ rapport français,)
87. X., officier prussien, chef du détachement entré à Verpillières, en octobre 1 9 1 4. Deux habitants de la commune fusillés. (8^ rapport français, Journal Officiel du 18 avril 19 17.)
88. X., général prussien, commandant à Pillon (Meuse). Le 10 août 19 14, il condamna à mort l'abbé Elie Baudoin, curé de Pillon, qui lui répondit: (( Vous n'êtes que des brutes... Vous êtes les plus forts ; vous pouvez me fusiller... ce ne sera pas un fait de guerre, ce sera un assassinat. » Le village fut incendié sous les yeux du courageux prêtre. Il échappa par miracle aux balles, ayant fait le mort, et rejoignit le soir les lignes françaises. (L'abbé Baudoin est décédé à Toulouse en mars 19 17.)
B. — Austro-Hongrois.
89. AuFFENBERG, général d'infanterie, commandant une armée en Pologne russe. Massacres d'habitants, profanation des églises orthodoxes et catholiques dans douze villes de Pologne russe, vols, pillage, exactions (août 1915). Raffinements de cruauté commis par les officiers allemands et autrichiens. (Voir le rapport de la commission £ enquête russe, publié en février içij*)
90. Arzt von Strassburger, général, commandant une armée autrichienne opérant en Serbie, puis dans le Monténégro. Pillage, fusillades d'habitants, viols de femmes et de jeunes filles, exécutions de patriotes et de prisonniers, ruine systématique du pays, (décembre 191 5, janvier 19 16). Chef d'état-major de l'armée austro-hongroise en 1917.
91. Conrad von Hoentzendorf, maréchal, inspecteur en chef de l'armée autrichienne, puis commandant d'armée. Exécution en masse de soldats tchèques en 1914-1915, renouvelées en décembre 19 16.
92. oArchiiuc Joseph-Ferdinand, colonel général, commandant d'armée. En Pologne, incendie, pillage et massacres commis par ses troupes. En Serbie, complice ou auteur des atrocités infligées aux populations : vols, viols, massacres, adultes de treize ans et au-dessus envoyés en Allemagne, jeunes filles et femmes serbes de trente à quarante ans envoyées en Autriche. En Roumanie, en Moldavie et sur le Danube, pillage, incendies, massacres (novembre-décembre 1916).
93. cArchiduc Frédéric, généralissime des armées austro-hongroises de 1916 au 11 février 1 9 1 7. Il a ordonné la déportation en Hongrie et en Autriche de 100.000 Serbes, dont 10.000 enfants déportés à Budapest. Il a ordonné ou toléré les innombrables viols, pillages
et massacres exécutés en Serbie, y compris les mutilations de cadavres. Sur le Danube et dans la Roumanie méridionale, mêmes crimes, même responsabilité
94. Dankl, général, commandant un corps d'armée en Pologne russe, en 191 5. Massacres d'habitants, viols de femmes et de jeunes filles. Pillage, incendie et destruction de nombreux villages polonais. Rigueur excessive dans la perception des contributions de guerre, toujours exagérées et souvent suivies de fusillades. Affamement systématique des populations.
95, 96. X. etX., majors des 4^ et ii"" détachements d'infanterie autrichienne opérant en Serbie (6^ corps d'armée, Horchstein), invasion du mois d'août 19 14. Ils recommandèrent à leurs soldats d'anéantir tout ce qui est serbe : hommes, femmes, enfants, propriétés, industrie, etc. Vol de bétail, pillage, jeunes filles livrées aux officiers et aux soldats. Cadavres mutilés après le crime. Exécution à Lechnitza de 109 otages, âgés de huit à quatre-vingt-deux ans, et dont plusieurs furent jetés dans la fosse encore vivants. (Déposition de éM. T{eiss.)
97. X., officier commandant le sous-marin autrichien qui torpilla et coula sans avertissement le paquebot cAncona, en Méditerranée, en
î. Uarchiduc Frédéric a été « relevé de son commandement » par rescrit du 11 février 1917. Le présent n'absout point le passé.
décembre 191 5. Crime d'une cruauté particulière, car il alla jusqu'à canonner les canots de sauvetage.
98. X., officier commandant le sous-marin autrichien qui torpilla et coula sans avertissement le paquebot la Tersia^ en Méditerranée, en janvier 19 16. Canonnage des embarcations où s'étaient réfugiés les passagers \
99. X., officier autrichien (armée Auffenberg), qui fit mutiler deux femmes à Khabbeck (Pologne), sous prétexte que les habitants secondaient les troupes russes (19 14).
100. X., officier autrichien (6^ corps d'armée, Horchstein), qui fit mutiler (entendez ici tout ce que le crime a de plus répugnant et bestial) deux vieilles femmes et une fillette de dix ans, à Jabouka (Serbie), en 19 14. (Témoignage du professeur T^isSj de runiversité de Lausanne,)
101. X., officier autrichien (6'' corps d'armée, Horchstein), qui fit mutiler à Bastave (Serbie), en septembre 19 14, deux infirmes, les soeurs Soldatovitch, âgées de soixante-douze et de soixante-dix-huit ans. (Témoignage du professeur
I. A k suite de ces deux crimes, qui coûtèrent la vie à une trentaine d'Américains, l'Autriche-Hongrie fit des excuses aux Etats-Unis et déclara qu'elle reconnaissait que les navires marchands ne pouvaient pas être détruits avant le sauvetage des équipages et des passagers. Ce qui n'a pas em- 4)êché l'Autriche de s'associer à la note allemande du 31 janvier 1917 proclamant la guerre sous-marine à outrance.
1{eiss, reproduit par le Temps du 22 novembre 19 14 : (( Lorsque les paysans reviennent, ils trouvent les deux pauvres vieilles violées, lardées de coups de baïonnette, le nez, les oreilles et les seins coupés. D'ailleurs, la mutilation était une pratique assez courante des massacreurs de l'armée austro-hongroise. ») Ce sont ces monstres que le kaiser de Berlin, excellent connaisseur, appelle ses « brillants seconds ».