TROISIÈME PARTIE
DE XIENG-SEN A l.l ANG-PRABANG
J'arrivai donc à Xieng-Sen, en pays français, au commencement de février 1897, et l'on comprendra aisément la grande satisfaction que j'ai ressentie, après quelques mois passés en pays étranger, à retrouver un compatriote en la personne d'un aimable officier de marine, isolé depuis un an sur le haut Mékong, et dont j'ignorais la présence en ce lieu. Nul n'était venu, d'ail-
leurs, depuis ce temps, le visiter ni le troubler dans les travaux qui avaient pour but de mener le La Grandùrc à la hauteur de Muong-Sing.
Nous passons ensemble toute une journée en promenades et en fêtes, et dès le matin nous partons avec des coolies armés de coupe-coupe, sabres laotiens, pour débroussailler la route qui mène au grand Tât (i). Du haut de son mamelon, la vieille pagode domine tout le pays de Xieng-Sen. Peu de villes comptent autant de ruines perdues dans la grande brousse : soixantequinze pagodes dans l'enceinte de la ville et soixantecinq dans le voisinage. On aperçoit de-ci de-là des vestiges dorés et sculptés, de nombreuses statues de Bouddha entassées, abandonnées sous la végétation envahissante. Ce sont des Bouddhas aux longues oreilles, de l'époque Youn. Les plus beaux sont si lourds qu'il est impossible au collectionneur de céder à la tentation.
Le soir, il y a grand boun, concert laotien, auquel se presse toute la population, très curieuse de contempler la «madame française» qui a traversé les pays hantés, les grandes forêts infestées de fauves et la plaine des pirates, toute la région où ce doux peuple n'oserait se rendre qu'en troupe. Aussi, le soir, sur les kenh, les orgues laotiennes, à tuyaux de bambou de cinquante centimètres à trois mètres de longueur, ou sur les flûtes en bambou des Khas-Mouçeu, pirates descendus du nord-ouest, improvise-t-on des strophes en mon honneur, tandis que nous devisons du Laos, du Mékong et des rapides qui m'attendent. La musique lao-
(i) Pagode.
tienne, douce et un peu monotone, est beaucoup plus harmonieuse que la musique annamite, toujours criarde. Chanteurs-improvisateurs et musiciens viennent faire boun (fête) à la voyageuse comme ils le feraient à tout autre personnage qu'ils voudraient honorer. Celui-ci d'ailleurs, pas plus que les assistants, n'est obligé de les écouter; on cause, on rit, on s'amuse; c'est boun enfin, et c'est tout ce qu'il faut. La partie la plus originale de ce que nous appelons pompeusement le concert, c'est le duo, improvisé comme tous les chants laotiens, entre un jeune homme et une jeune fille. Ils sont assis à terre, comme tout l'auditoire. Ils s'approchent dans des mouvements de balancement, avec des gestes accompagnés de chants, tournent à demi l'un autour de l'autre, agitant dans leurs mains de minuscules petites bougies, qui éveillent une ressouvenance de feux follets, et donnent à ce jeu une grâce, une originalité qui n'est pas sans charme.
Le lendemain, je quittais la large plaine de Xieng- Sen, où le Mékong se répand superbement et baigne l'île Isabelle, gracieusement baptisée de mon nom par M. le lieutenant Simon, le chef savant et distingué de la mission hydrographique du haut Mékong. Il est d'usage sur le haut Mékong que toute pirogue qui porte un Français arbore notre drapeau ; et c'était pour moi une joie enfantine et une petite fierté de songer que nos trois couleurs flottaient une fois de plus dans ces hautes régions ! Je me souvenais d'une émotion analogue éprouvée au Liban : chaque Européen a coutume d'y abriter sa tente sous son drapeau national; et lorsque, au premier jour, en arrivant à l'étape, j'ai aperçu nos trois couleurs battant au vent pour une
humble femme, je crois vraiment que les larmes me sont venues aux yeux. Ce sont là joies de voyageur, et d'autant plus intenses qu'on est plus loin et plus seul.
Au sortir de la plaine de Xieng-Sen, les rapides, les kengs, comme on les nomme, commencent et se succèdent. Le Keng-Pakantoun, qui m'a été signalé comme le plus grand des rapides de cette première journée, me serait difficile à reconnaître parmi les autres, si un petit monument commémoratif ne le distinguait. Un fils de roi de Vien-Tian est mort en ce lieu, dans un combat contre les Hos; et sur une grosse pierre, à peu près à l'état de nature, dressée à côté de pierres semblables, est représenté un personnage debout, en haut relief grossièrement sculpté.
Le soir même j'arrivais à Xieng-Kong. Sur la rive française, le village de Ban-Houé-Saï (i), en face de Xieng-Kong, est pittoresquement perché sur une éminence. De très loin, on croirait voir une ville fortifiée importante, dressée sur sa falaise, en un coude du fleuve; et, à mesure qu'on approche, on ne distingue plus que quelques maisons, dont l'une porte le pa-' vil Ion français. C'est celle du commissaire du gouvernement, dont le commissariat est maintenant transféré à Vien-Poukha (2), à dix journées dans l'intérieur. Notre drapeau flottait également au-dessus de Xieng- Kong, sur la rive droite. Une douzaine de femmes khas, tout habillées de bleu foncé, le coupe-coupe ou le bâton à la main, couraient à la queue leu leu, montant et descendant allègrement la haute berge. Je les prenais pour de gentils miliciens.
(1) Ban veut dire village.
(2) Vien signifie fort.
Le commissaire, M. Marolles, m'attendait, tout fier d'une récente ( capture faite la veille au soir, et qu'il avait bien voulu me réserver. C'était, au fond d'un large puits de six mètres de profondeur, un magnifique tigre de la plus grande taille, qui, chose extraordinaire sur le haut Mékong, avait, la semaine précédente, enlevé un jeune milicien de garde au petit poste de la résidence. Effaré de son exploit, il avait traversé le feu avec sa proie, et, s'étant brûlé, il l'avait lâchée. Sans grandes blessures apparentes, l'infortuné milicien n'en était pas moins mort dans les trois jours. Un petit cochonnet avait été placé comme appât dans cette fosse recouverte de branchages. Le tigre, pris au piège, s'était trouvé si penaud de sa chute, qu'après quelques bonds verticaux effrayants, il n'avait pas même pensé à manger le cochonnet. Il l'avait pris pour oreiller; et le lendemain, le pauvre petit animal était retiré intact. Aux cris que poussait à notre approche, le lendemain soir, le grand fauve, je pensai qu'il regrettait son cochonnet.
Les tigres du haut Laos ne sont pas toujours aussi hardis, si j'en crois les piroguiers du Mékong. Chaque soir, un méchant bambou piqué dans le sable retenait ma pirogue balancée au bruit du rapide d'amont ou d'aval. Tous mes hommes et mon cuisinier s'installaient sur le sable à cinq ou six mètres de la forêt, abrités seulement par quelques roufs, toits de pirogue, et par des feuilles de bananier. Ils ne font de feu que pour cuire le riz, et n'entretiennent aucun foyer pendant la nuit; ils laissent entre eux et l'eau, dit-on, la place du tigre; et, le matin, quelquefois on peut voir les traces du fauve sur le sable, ce qui n'émeut pas
les Laotiens. Il n'y a pas d'exemple qu'un piroguier ait été mangé.
A Pak-Ta, à l'embouchure du Ta, comme son nom l'indique, je devais échanger mes deux pirogues pour un radeau : une jolie maison flottante, toute en bambou, composée de deux ou trois pièces. Mais le fleuve était si mauvais, quelques passes si resserrées aux basses eaux, que le passage ne pouvait être tenté qu'avec les étroites et longues pirogues, si bien ceinturées de bambous pour amortir les chocs. Les pirogues du Mékong sont creusées, à la petite hache laotienne, dans un tronc d'arbre mal dégrossi. On les chauffe pour les distendre, et on maintient l'écartement à l'aide de solides traverses en bois encastrées dans les bordages.
Dès que le soleil cesse de darder ses rayons, je m'empresse de gravir la haute berge de sable, au-dessus de laquelle Pak-Ta allonge son unique rue, parallèle au fleuve. Aux deux extrémités, se trouvent deux médiocres pagodes et leurs bonzeries. Les maisons sont assez gentilles, toutes en bambou et lattes de bambou, élevées généralement sur pilotis. Cependant le sala, — abri des voyageurs, — qui existe dans chaque village, n'est ici qu'une simple hutte au ras du sol. Une femme Lu s'y repose avec ses enfants avant de regagner sa montagne. Les Lus vivent dans les montagnes et descendent dans les villages pour leurs affaires. J'aperçois au loin quelques-unes de leurs maisons disséminées dans la brousse, sur les pentes. Ils sont nombreux dans la vallée du Nam-Ta, et forment un important village à Ban-Hatsa, sur le Mékong.
On fabrique à Pak-Ta des pirogues, des paniers et des nattes. Le marché vient de finir; et ils sont encore là, autour de "moi, une vingtaine de Lus, prêts à remonter dans leurs forêts, partagés entre la peur et la curiosité. Tous, hommes et femmes, sont habillés de bleu foncé. Le costume des hommes est plutôt succinct : un pagne bleu perdu en ficelle par derrière et retombant en un pan droit par devant. Au-dessus, une veste sans manches est embellie d'une garniture brillante à l'ouverture. Ils portent les cheveux longs, maintenus par une épingle à cheveux en argent d'un alliage très médiocre, et longue de plus de vingt centimètres. Les tatouages cessent au haut des cuisses, et, de ce fait, les montagnards des bords du Mékong sont appelés les Ventres blancs, par opposition aux Ventres noirs, que j'avais rencontrés si nombreux avant d'arriver à Xieng-Sen. Ce ne sont plus les fins dessins du pays shan; c'est ce que, en termes de tapisserie, on nomme teintes plates.
Hommes et femmes ont les bras chargés de bracelets faits d'un gros fil de cuivre plusieurs fois enroulé. Les femmes portent autour du cou un de ces mêmes cercles, tourné plus d'une douzaine de fois et s'élargissant sur l'encolure. Sur leur tête est nouée une étoffe sombre, bleuâtre comme le reste, très haut montée en bonnet phrygien, et dont un bout carré, brodé et orné de paillettes, retombe sur le sommet du front. Une draperie étroite forme une jupe très courte, serrée plus ou moins haut sur la poitrine. Leurs bras sont tatoués en gants longs, et des dessins plus ou moins rituels, objets ou caractères, se voient sur la pointe de leurs épaules. Malgré la fraîcheur du soir, très sensible sur
le haut Mékong, les Laotiennes riveraines portent presque toutes l'écharpe entièrement basse, laissant la poitrine et même le ventre à découvert. Les Laotiens ont les cheveux coupés court, comme les Siamois, et hérissés en broussaille comme les Cambodgiens.
Des femmes et des enfants viennent au fleuve chercher l'eau dans les tubes de bambou. Ils ont grand soin de les rincer avant de les emplir, et, pour les emplir, de les soulever afin de laisser échapper l'air. J'ai vu de pauvres fillettes et des femmes, grandes comme nos enfants de onze et douze ans, porter sur leur dos sept de ces tuyaux de bambou, mesurant dix centimètres de diamètre sur soixante-dix de profondeur. Elles les prennent adroitement dans un lien que resserrera le poids des tubes, et elles les maintiennent sur leur front protégé par une lanière.
Un grand feu a été commandé sur la rive, auprès de ma pirogue, avec une garde de nuit. Ce peuple, le plus bavard et le plus noctambule qui soit, jaserait et rirait jusqu'à l'aube, si je n'y mettais bon ordre pour pouvoir reposer en paix sur mes nattes et dans mes couvertures, à la fraîcheur de la nuit.
De grands rochers brisés, déchirés, de couleur gris pâle comme le sable qui les avoisine, bordent le plus souvent le Mékong; et au-dessus, et partout, toujours, la grande forêt qui ne finit pas, éclairée sur l'une des berges par ses arbres en fleurs. Je retrouve les belles fleurs roses du pays shan, retombant souvent en grand voile du sommet des plus hauts arbres jusque dans l'eau du fleuve. On entend sans cesse les grondements des eaux, battant contre les troncs d'arbres accrochés
dans le courant ou contre les îlots de rochers. On croirait à une chute d'eau terrible; mais, quand on arrive, les piroguiers contournent si habilement 1'écueil qu'on sent à peine la difficulté. Ailleurs, c'est un véritable entonnoir dans lequel on se lance; et, une fois qu'on est pris par le courant, il faut aller jusqu'au bout, rencontrer plus ou moins le courant contraire, traverser ou tourner comme on peut les plus gros tourbillons, qui se poursuivent en clapotis pendant des kilomètres. De grandes cascades descendent des berges dans un fracas de tonnerre. On ne sort d'un rapide que pour en retrouver un autre; souvent un bruit de tourbillon s'élève à l'improviste au-dessus d'obstacles invisibles. Et ces piroguiers, qui, chaque soir, ont fumé l'opium avant de s'endormir, retrouvent devant l'obstacle une précision, une rapidité de coup d'œil absolument admirables et presque rassurantes, même pour une femme qui se sent peu d'héroïsme en face des périls nautiques. Il faut les voir, ces grands enfants, se jouant et luttant avec le fleuve terrible, et, dès qu'ils ont vaincu, riant comme le gamin heureux du succès de son jeu. On prend confiance avec eux; on s'électrise un peu soimême dans la lutte.
Les nuits, cependant, m'étaient devenues assez pénibles, depuis qu'à ces bruits énervants de cataracte, je m'étais, un soir, remémoré toutes les histoires de pirogues parties au fil de l'eau. Je m'avisai alors, à l'étonnement et à la gaieté de mes gens, de faire enrouler l'extrémité de la corde d'attache de ma pirogue autour du corps d'un de mes dormeurs couchés sur le sable.
Nous n'en avions pas moins franchi déjà le Keng- Lé, le plus étroit et le plus difficile de tous ces rapides,
2io COMMENT J'AI PARCOURU L INDO-CHINE
dans Sa plus mauvaise saison, sans que j'eusse eu seulement le temps de m'en apercevoir. A Ban-Beng, sur la rive gauche, j étais à moitié route de Luang-Prabang, C'est un important village de cases toutes neuves. Un certain nombre de pirogues y sont en construction; on est en train de les couvrir et de les ceinturer de bambous. Il y a là un campement de chercheurs d'or indigènes qui lavent les sables et recueillent les pépites du Nam-Beng (i). Un peu plus loin, au village de Ban- Pak-Ngoun, sur la rive droite, se trouve l'embouchure du Nam-Ngoun, rivière qui descend d'une légère chaîne de montagnes. L'autre versant de la chaîne donne naissance à la branche la plus orientale du Ménam, la rivière siamoise. On prétend qu'à l'époque des hautes eaux, il suffirait de traîner une barque pendant trois ou quatre kilomètres au-dessus d'un petit dos-d'âne pour passer d'un bassin dans l'autre.
A Kassouane, nous atterrissons au-dessus de grands rochers très sauvages qui barrent le fleuve. Deux baraques et une douzaine de Laotiens y sont installés, me dit- on, pour le commerce du riz. Ils attendent que les Khas leur apportent la moisson, et ils se livrent à la pêche, Ils ont des bœufs, des porcs, des poules; je vais pouvoir, tout au moins, me réapprovisionner de volailles. On comprend d'ailleurs que je ne puis pas acheter un porc ou un bœuf pour en tirer un filet; c'est pourtant ce qu'il faudrait faire si j'en voulais avoir le moindre morceau. Les poulets coûtent six sous la paire, c'est moins cher qu'à Paris, mais ils sont moins gros et moins bons.
(i) Nam signifie rivière.
Le lendemain, nous allions à la dérive, dans un rapide, suivant le courant d'une rive à l'autre, lorsque tout à coup* un courant contraire nous saisit; nous sommes pris dans un remous, si nous n'avons pas touché sur une roche, et la pirogue se retourne bout pour bout. Les hommes surpris se regardent alarmés et laissent tomber les avirons; d'un seul geste, je les remets à l'œuvre, nous filons l'arrière à l'avant pendant quelques minutes; les hommes font bientôt force de bras pour virer, et le rapide est franchi.
Un peu au delà, sur la rive siamoise, dans un espace très herbu, paissent des troupeaux de buffles, que je suis fort étonnée de voir dans cette solitude. Ils regardent placidement couler le grand fleuve, sans souci des périls de son cours, assurés peut-être qu'il ne les portera jamais. Plus loin, sur la rive droite encore, près du village de Ban-LIouk-Kah, la montagne s'écarte du fleuve, et l'on voit dans un espace découvert défiler sur le sentier une longue caravane de deux cents bœufs chargés. Le village situé le plus au nord dans la grande boucle du Mékong avant Luang-Prabang est Ban-La- Han; il est riant et coquet, en plein soleil, au milieu d'arbres fleuris, fleurs blanches, fleurs jaunes dégringolant en rideaux, beaux arbres roses qui ressemblent à l'arbre de Judée, grands cotonniers aux bouquets d'un pourpre éclatant.
Mais en vain le sixième jour de cette navigation était-il plus paisible, j'avoue que je commençais néanmoins à m'énerver de cette inaction forcée, et de l'obligation de vivre assise ou couchée. Mon boy avait coutume de venir de l'arrière à l'avant de la pirogue pour m'apporter le petit panier de mon frugal déjeuner. Il
2i2 COMMENT J'AI PARCOURU L'iNDO-CHINE
marchait sur la ceinture de bambous de l'embarcation et s'accrochait d'une seule main au rouf, toiture mobile de la pirogue. Je ne m'étais pas rendu compte de la difficulté du passage et je n'avais pas vu que le rouf fléchissait sous ses efforts. Le dernier jour, comme il venait les mains vides, je crus comprendre, à quelques grattements, qu'il éprouvait, à passer, plus de peinequ'à l'ordinaire. Aussitôt, je m'empresse de saisir la main qu'il avançait dans le vide; mais il me fait signe de le lâcher pour lui laisser atteindre un bambou sur l'avant. Au même moment, le rouf tout entier dégringole : mon boy plonge, et il allait disparaître dans le Mékong, si je ne l'avais repris vigoureusement par le bras. Les piroguiers m'expliquent que l'eau est en cet endroit très profonde. Je demande à l'indolent petit Malabar s'il sait nager : «Non,» me répondit-il avec cette impassibilité orientale, qui, pour nous, touche à l'engourdissement. «Madame pas tenu, moi noyé!» Et il n'y pensait déjà plus.
J'avoue que c'est avec un bonheur extrême que j'ai salué la grande paroi blanche et perpendiculaire du rocher de Nam-Hou, en face de la rivière du même nom, à quelques heures de Luang-Prabang. A belle hauteur, sous des rochers déchirés qui semblent lui faire un baldaquin, s'enfonce une grotte bouddhique très vénérée. Un escalier escarpé, coupé de pentes périlleuses, mène au célèbre sanctuaire de Pak-Hou (i), décrit jadis par Francis Garnier. Il est composé d'une seule salle, peu profonde, encombrée de bouddhas et précédée d'une sorte de balustrade creusée dans la
(i) Pak veut dire embouchure.