‹ Comment je suis communisteChapitre 8 sur 27 · RÉPONSE A L'ARTICLE DU NATIONAL BU 10 AVRIL · texte numérisé non relu

RÉPONSE A L'ARTICLE DU NATIONAL BU 10 AVRIL

Je ne relève pas ce petit mensonge : « M. Cabet tient de publier une troisième brochure » pour faire croire qu'elle n'a été publiée que tout récemment, depuis le vote de la loi, et qu'on n'a pas pu la réfuter plutôt, tandis qu'elle a été publiée six jours avant la loi et dix-sept jours avant la réfutation.

Je ne m'arrête pas non plus sur ce reproche « que ma troisième brochure est dirigée contre le National à propos des fortifications. » il est trop évident que toute» mes brochures sont dirigées principalement et même uniquement contre les bastilles et contre M. Thiers, et que, si j'ai attaqué le National, comme M. O.-lkrrot, c'est qu'il était impossible d'attaquer les bastilles san* attaquer leurs principaux défenseurs.

« £n parlant de la première brochure, nous avons dit ( page 5 J qu'elle ne contenait rien qui n'eût été déjà répété sous mille formes par le Commerce, la Presse, les feuilles légitimistes, et les Députés qui font voile de conserve avec MM. les Pairs Molé, Pasquier, Decazes et Mounier. >:

J'ai déjà répondu plus haut (page -18). — J'ajoute : Pourquoi cette affectation de ne citer que ces journaux et iie passer sous silence le Journal du Peuple, la Revue du Progrès, Fe Charivari, la Sentinelle de l'Armée, qui

ont toujours attaqué les bastilles comme moi et comme les journaux précités...? Pourquoi ne parler que des Députés (les Conservateurs sans cloute) qui ont lait voile de conserve avec les Pairs Molé, etc., et ne pas parler de l'Extrême-Gauche, de Dupont de l'Eure, Arago, Laffitte, etc., des Députés qui ont toujours fait voile de conserve avec la Nation, et qui ont parlé comme j'ai écrit contre les bastilles? Cette ruse, celte argutie, pour déprécier mes arguments en les présentant comme n'étant que ia copie de ceux des seuls légitimistes, ne sont-elles pas indignes d'écrivains qui veulent se respecter et discuter loyalement?

« Nous avons donc dû négliger de répondre, quant au fond, à M. Cabct, nous bornant à repousser, avec modération, les attaques personnelles dont il nous rendait l'objet. »

Ainsi, c'est avoué, vous n'avez rien répondu à mes brochures, prétendant dédaigneusement que ces brochures ne sont rte», zéro.,. Et moi, je vous répète que vous n'y avez pas répondu parce que vous ne le pouviez pas, et que vous n'y répondrez jamais. Je soutiens, moi, que votre journal n'est qu'un tissu de sophismes, d'arguties, d'erreurs et souvent d'absurdités ; je soutiens que vous ne vous laverez jamais ni de la honte d'avoir toléré la violation de la Charte par la criminelle ordonnance du 40 septembre, ni de la honte d'avoir sophistiqué et argutié pour prouver qu'il y avait urgence et que cette urgence dispensait de convoquer les Chambres !

Je ne vous ai soupçonnés et attaqués que parce que vos erreurs étaient monstrueuses, inouies , inexplicables, capables de jeter l'esprit le moins soupçonneux dans toutes les suppositions. La meilleure et même la seule défense pour vous c'était de discuter, de bien raisonner, depersuader,deconvaincre. Je suis un patriote assez connu par son courage, sa sincérité, sou dévouement, pour que vous ayez pu, sans vous déshonorer, vous abaisser jusqu'à me réfuter.... 11 fallait le faire, Messieurs ! C'était un devoir pour vous! Vous ne pouviez pas, sans* vous flétrir, refuser la discussion orale et contradictoire que vous proposait ma courageuse loyauté I

En m'altuquant, \eAO avril, vous n'avez donc agi que dans votre intérêt privé, en sacrifiant l'intérêt public ! Quant à la modération dont vous vous vantez , elle est belle, vraiment!

«Nous aurions voulu ue pas nous occuper davantage des brochures de M. Cabet. Le silence que nous avons gardé sur la deuxième, malgré ses insinuations plus que malveillantes, témoigne assez de notre désir patient de conserver la paix. »

Delà malveillance ! Non : j'étais plutôt rempli de bienveillance pour quelques-uns de vous : mais, je l'avoue, je sais faire taire mes sentiments affectueux quand l'intérêt du pays me semble l'exiger. Convaincu que vous compromettiez tout, j'ai fait comme Arago, j'ai jeté un cri d'alarme , mais contre le National, comme s'il avait été rédigé par des écrivains complètement inconnus. Pour cela, vous perdez patience, vous rompez la paix , vous me déclarez \a guerre, vous m 1 attaquez.... Hé bien, soit! je ferai comme fit Arago, je me défendrai...!

« M. Cabet est d'ailleurs unjort honnête homme, incapable de

faire sciemment le mal. »

Ceci n'est point une ironie; vous me paraissez parler sérieusement.... J'en prends acte.. . Mais alors, que vous êtes inconséquents, aveugles, égarés, quand vous attaquez ce fort honnête homme comme vous m'attaquez dans la suite de votre article !

« Mais, arrêté dans sa carrière par divers DÉSAGRÉMENTS, M. Cabet est devenu morose , chagrin, soupçonneux jusqu'à la

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