‹ Comment moururent les rois de FranceChapitre 18 sur 40 · LOUIS VIII · texte numérisé non relu

LOUIS VIII

Giraud de Barri, cité par Brachet, rapporte à Louis VII le même traitement, où l'élément féminin joue le rôle de drogue, proposé sans plus de succès à Louis VIII.

« Après deux mois d'expédition en Bourgogne, le roi, de retour à Orléans, y est atteint d'une maladie grave et presque désespérée. Les médecins, tant les siens propres que ceux qui mandés accoururent en toute hâte de tous côtés, discutent subtilement (subtilias) sur les causes de cette maladie. Ils arrivent enfin à se mettre d'accord pour déclarer que cet accident est dû à la trop longue continence du roi. Et ils lui proposent alors un remède que Louis VII rejette en disant que s'il n'y a que ce moyen de lui rendre la santé, il préfère mourir chaste plutôt que de vivre en commettant an adultère, n

Guillaume de Puylaurens, d'après Berthaud, décrit aussi le même moyen thérapeutique, auquel les médecins de Louis VIII voulurent avoir recours pour éteindre son délire.

« Le délire aigu se présentant rarement dans la dysenterie pure, les médecins, comme jadis ceux de Louis VII, rapprochèrent ce trouble cérébral de l'excessive continence du roi. L'in-

dication thérapeutique contraria contrariis ' ressortait ici du diagnostic. Le spécifique prescrit à Louis VIII fut une jeune vierge belle et attrayante. Mais le prince, comme son aïeul, ne voulut pas pécher contre sa conscience ; il respecta la jeune filUe et la renvoya en lui donnant une dot pour la marier convenablement. «

Ce haut fait, in extremis, de thérapeutique féminine a été commémoré sur la toile par le pinceau d'Herbe, à l'Exposition de 18i0, et précédemment gravé par Boucher. Voir la gravure du frontispice,

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