‹ Comment moururent les rois de FranceChapitre 24 sur 40 · PHILIPPE III · texte numérisé non relu

PHILIPPE III

Ce fils de saint fut dénoncé au légat comme s'adonnant à des pratiques contre nature.

Il mourut de la maladie de son père, qu'il avait évitée à Tunis, pendant la retraite d'Avignon ; le paludisme enlève la moitié de son armée, avec le roi.

PHILIPPE IV le Bel

Sa dernière maladie commença à Poissy et se termina à Fontainebleau, d'après la Chronique rimée de Geoffroi de Paris :

Au roy, qui à Poissy malade

Estoit, furent viandes fades,

Et moult greva (s'aggrava) sa maladie.

Si (11) se vesti en un bliaut,

Si volt à Fonteinnebliaut

Aler. Ses gens en la litière

Le misrent, sans aler arrière...

La vint et si li (y) agreva

Le mal qu'onques plus n'en leva.

Rétablissons les responsabilités au sujet de la confusion des borborygmes » avec le « gargouillement » de la fièvre ty- I phoïde. C'est Brachet qui commet l'erreur d'attribuer à Gordon,

dans son Lilium medicinw, le signe de la fièvre putride ou fièvre typhoïde d'alors, le « gargouillement » iliaque, et dont le moine tire un pronostic fâcheux /iit in ventre audiatar sonus, sical lonitruam, morlem significal. Gordon ne parle pas du « gargouillement », que l'on constate à la palpation, mais de « sons comme le tonnerre » perceptibles par l'ouïe — audialur — autrement dit les vulgaires et anodins borborygmes intestinaux gazeux, qui indiquent le vide de l'intestin et non pas la mort. Le D' Cabanes a reproduit l'erreur de Brachet sans la relever, en oubliant la référence.

Cet aliéniste élimine la fièvre typhoïde, parce qu'il ignore aussi le typhus ainbulatorius.ll admet la version d'une attaque qui fit perdre l'usage de la parole au roi, tandis qu'il chassait en forêt, près de Pont-Saint-Maxence. Mais il ne signale pas d'autres troubles moteurs, ni de chute de cheval. Il pense qu'une seconde attaque d'apoplexie enleva le malade, le '28 novembre. Or, déjà la veille, le roi devait avoir conscience de la gravité de son état, cat il dicte son testament et donne ses instructions à son fils.

A l'aufopsie, on constate que Philippe le Bel avait un petit cœur d'oisEAu », mentionne le procès-verbal, La chanson populaire, Ah /le drl oiseau, maman! peut servir de moyen mnémonique pour retenir cette particularité anatomique.

A la réflexion, bien que sur la cause de la mort de Philippe le Bel nous concluïons pour l'hypothèse typhus amhalatorias, il n'est pas impossible, vu le dossier sanitaire de sa progéniture, que la « longue maladie », au dire du continuateur de Nangis, fut la phtisie pulmonaire, dont on ne signale aucun symptôme objectif caractéristique, sauf l'anorexie qui accompagne toutes les maladies graves et, sa conséquence, l'amaigrissement, alors que ce prince était d'une robuste constitution et n'eut aucune autre maladie avant celle à laquelle il succomba à Fontaine- BELLE-eau (rappelant son surnom le bel), où il naquit.

Ses trois fils semblent avoir été victimes de la bacillose. Louis X, le Hutin on le Q-vsR-elleur, étrangl-Eua de MAR-guerite de Bourgogne et d'Eng-uERB-and (noms contenant uer) de MAR-igny (nom commençant par Mar, ainsi que le prénom de sa bru), a vraisemblablement succombé, comme plus tard le dauphin François, et par une cause analogue : un refroidissement après jeu de paume. La « fièvre quarte et la dysenterie, de six mois », dont Brachet fait mourir Philippe-le Long, pouvait être une entérite tuberculeuse et fébrile. Enfin, Charle.sle Bel, mort jeune à 33 ans, apparemment aussi de la tubercu-

lose, car les deux enfants qu'il eût de Blanche, sa première femme, meurent en bas âge et ceux qu'il eut de Jeanne, sa troisième femme, ne vécurent, l'un qu'une année ; le segond, vingt ans et le troisième, né posthume, quatorze ans. Ces princes, il est vrai, en raison de la loi croisée d'hérédité, pouvaient aussi bien tenir de leur mère. Jeanne de Navarre, qui s'éteignit à la fleur de la jeunesse, à 23 ans, vraisemblablement de tuberculose.

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