Moniteur Médical, nov
Landru, elle avoue toujours. En voilà une preuve nouvelle. Mais je persiste à croire que nos anciens, observateurs soigneux et qui n'étaient pas plus bêtes que nous, selon la juste remarque de M. Holme, dans le Temps, avaient vu clair sur l'hérédité du cancer, avec ou sans l'aide des chiffres plus ou moins tripatouillés.
M. Helme croit devoir rappeler d'anciennes observations (?) d'un autre « as i> du journalisme médical, M. le D' Fiessinger, sur l'étiologie du cancer : « l'humidité, le voisinage des grands bois, et l'assimilation du carcinome humain aux tumeurs des grands arbres Quelles puérilités !
Là où M. Helme me paraît absolument dans la vérité, c'est quand il affirme qu'à la racine de tout cancer, il y a une grande peine morale. Qui ne se rappelle la condamnation inique d'un de nos confrères, il y a plus de vingt ans, victime d'une erreur de diagnostic et poursuivi pour avorteraent criminel ? Sa pauvre femme, dévorée de honte et de chagrin, ne tarda pas à faire un cancer du sein, qui resta longtemps Indolore, et, malgré l'ablation réalisée dans les meilleures conditions, elle succomba à la récidive.
Nous ne voyons là qu'une coïncidence fortuite et ne pouvons admettre qu'une affection morale détermine une a/fection organique. Certes, une vive impression psychique peut troubler, par l'intermédiaire du système nerveux local, diverses fonctions d'un organe — la joie provoque l'appétit que la tristesse enlève — mais elle n'a aucune influence sur la constitution histologique de ses tissus. Fermons la parenthèse.
Voici maintenant le point neuf expérimental : les souris blanches cancéreuses de l'Institut Pasteur, dont l'élevage remonte à plusieurs années, n'ont jamais donné, à trois portées par souris, aucune seule fille cancéreuse.
Cette expérience de laboratoire, qui n'a aucun rapport de similitude avec l'évolution organique, tardive, du cancer, héréditaire dans l'espèce humaine, prouve que cette affection est inoculable localement à tout animal, même non prédisposé, et qu'elle n'est ni contagieuse, ni transmissible à la descendance, chez des sujets exempts d'hérédité.
Pour l'hérédité de cette tare dans l'espèce humaine, deux conditions sont nécessaires : 1° Il faut que la substance cancéreuse passe dans l'organisme de la progéniture et 2° qu'elle trouve un terrain propice à son développement. La maladie est fonction du terrain, décelé par l'anamnèse atavique, plus encore que du germe de la cause occasionnelle.
« L'hérédité expérimentale des zootechniciens, dit Brachet, diffère autant de la nôtre que la maladie de laboratoire, de la maladie de l'hôpital. » L'hérédité humaine est la seule base de l'hérédité pathologique.
Le D' Apert a raison : « l'hérédité gouverne le monde » dans tous les domaines : physique, moral, psychique et pathologique. Ajoutons à cette cause primordiale des maladies, les accidents et le contage, compris l'esprit d'imitation simiesque, auquel ressortissant le nicotisme, l'alcoolisme, les sottises de la mode, ainsi que le fanatisme politique et religieux.