HUDSON LOWE EMBÊTÉ PAR NAPOLÉON
Rappelons qu'à partir du départ de Napoléon pour Sainte- Hélène, les caricaturistes anglais cessèrent leurs satires figurées. Nous donnons figure 38, une des dernières qui parurent, après qu'il eût mis le pied sur le Bellérophon, puis sur le Norlhumherland ; elle porte pour légende : « Napoléon met enfin à exécution son projet de descente en Angleterre >>, avec les chaînes rivées aux poignets. G. Veyrat a reproduit cette flèche barbelée du Parthe dans La Caricature à travers les siècles.
Une des dernières charges, sinon la dernière, indiquée par John Grand Carteret à l'iconographie des caricatures anglaises, dans son précieux recueil critique et documentaire, Napoléon en images, est de septembre 1815. Elle porte pour légende : « Boney (Bonaparte), traversant la Ligne (ou le baptême de l'équateur) subit les divertissements grossiers du bord » et émane du crayon mordant de Lewis Marks.
Terminons cette courte revue des livres qui ont trait à la vie de l'Empereur à Sainte-Hélène, en revenant sur un ouvrage du même genre, resté à l'état de projet jusqu'à ce jour. En 1901, le D'^ Cabanes, dans un périodique médical y fait incidemment allusion, sans doute pour établir la priorité de son titre sur un sujet qui appartient à tout le monde. « Voilà bien sept ans (1894), rapporte-t-il, que j'ai entrepris d'écrire un livre sur Napoléon, sa santé, ses maladies et sa mort. » Il « réserve son diagnostic, appuyé du D"' Lancereaux (disparu depuis) que son livre à venir révélera » et qu'il « espère produire dans les premiers mois de 1902 ». Nous sommes en 1920 et sœur Anne ne voit toujours rien venir...
Au sujet de l'étiologie du cancer, qui trancha la destinée de Napoléon, transcrivons les judicieuses réflexions ' de notre fidèle ami Ë. Callamand, partisan, comme nous de l'hérédité de cette grave afl'ection.
... S'il y a parmi les praticiens une notion bien établie, c'est la croyance à l'hérédité cancéreuse. Eh bien 1 statistiques en mains, le professeur Delbet, M. Snow et d'autres calculateurs britanniques ont démontré que, loin d'être transmis par les ascendants, le cancer des parents confère à la descendance une immunité relative 1!!
Autrement dit, sur 100 cancéreux, on ne trouverait l'hérédité que dans 10 à 15 cas. Tandis que si vous prenez 100 sujets bien portants, indemnes de toute tumeur, vous leur trouvez 17 à 19 fois une ascendance cancéreuse...
On savait depuis longtemps que la statistique est une bonne fille inconsciente qui se prête à toutes les manipulations et qu'à l'opposé de