‹ Comment moururent les rois de FranceChapitre 6 sur 40 · Camp · texte numérisé non relu

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PHILIPPE III le Hardi f 1285

Ce souverain, fils d'un père capucin, confit dans le vinaigre de la dévotion ', passe pour un fieffé crétin. Il a de qui tenir, si l'on s'en rapporte à la sagesse des nations : Tel père, lel fils, adage d'ailleurs faux du point de vue biologique de l'hérédité croisée; il faut dire: Tel père, telle fille (aînée) et Telle mère tel fils (aîné). Mais il n'était pas le fils aîné et a pu échapper à cette loi héréditaire. Aussi bien, n'a-t-il pas hérité de la roublardise de sa mère Marguerite. Celle-ci, avec l'esprit dominateur

1. Ce grand saint Louis passait toutes ses journées avec les prêtres et ses chapelains. Si l'on en croit Joinville, il entendait ses heures, puis une messe de Hequiem, ensuite la messe du saint jour ;« après raangier,il se reposoit en son lit et qaand il avoit dormi si disoit en sa chambre des mors, entre li et un de ses chapelains, avant que il oit ses vcspres.Le soir il oit ses complies... » Ce ne sont pas occupations d'intellectuel mais de cucuUé. Ce qui n'empêche les historiens cnguirlandeurs de lui attribuer le mérite des institutions et réformes que lui suggérait son conseiller Villebéon ; de même qu'ils prêtent à Louis XIII et à Louis XIV — qualifié de cuistre considérable par V. Hugo — les conceptions de Richelieu et de Colberl ; « Saint Louis, dit Napoléon k Sainte-Hélène, est un imbécile. » 11 oubliait que les rédacteurs du premier projet du Code dit Napoléon furent Tronchet et de Portails : l'éternelle histoire de la poutre et de la paille.

A pi-opos des flagorneries officielles, rappelons la bévue commise par Dumas fils, dans son discours de réception à l'Académie. L'auteur de la Dame aux Camélias, comme une corneille qui abat des noix, attribue à Boileau cet alexandrin :

Un regard de Louis enfantait des Corneilles

qui appartient à l'abbé Delille et se lit sous une autre forme dithyrambique :

Un coup d'oeil de Louis enfantait des Corneilles.

De même Scribe, dans son discours de réception académique, reproche à Molière, mort en 1673, de n'avoir pas censuré, parmi les ridicules de son temps, la révocation de l'Edit de Nantes (1683).

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