VoL illustré, OUendorlT
LE DAÏMON
Les Daïmons, dignes fils de Promëthée, illuminent le présent de leur charité et laissent derrière eux des phares aux feux célestes, aux signaux divins : comme les Atlantes semaient leur route de ces prodigieux milliaires, les mêne-hirs.
Salut aux vigilants qui savent les arcanes et respectent les voies de l'idéalité ; ce sont les œlohites, les daïmons de lumière qui, pour l'œuvre de Dieu, militants et fidèles, se préfèrent stériles que fécondés du mal.
ISTAR. V« roman de l'Éthopée^ LA DÉCADENCE LATINE.
Je prends ma place au chœur séphîrotique.
La perpétuité se fera d'aujourd'hui.
LA QUESTE DU GRAAL, eumolpées extraites de la DÉCADENCE LATINE.
i^"" vol. illustré Ollendorff.
Le vrai nom de Liberté, c'est DEVOIR.
Le vrai nom à^ Egalité, c'est HIERARCHIE. Le vrai nom de Fraternité, c'est CHARITE. LE VICE SVPRÊME. \. Roman de VElhopée.
LE DAIMON
Sacrement : Baptême.
Vertu : Foi
Don : Crainte de Dieu,
Béatitude : Renoncement au temporel.
Œuvre : Instruire.
Ange : Mikaël.
A r cane : L'unité.
Planète : Samas-Goula.
Œuvre aristique : s'individualiser.
Génie d'Orient : Lucifer- Sa than.
Génie d'Occident : Prométhée.
Sage : Périandre.
L'Art a le même objet que la religion, faire sentir Dieu aux hommes.
Il y a trois degrés en esthétique comme en ascétique : la sensation de Dieu , le sentiment de Dieu, enfin l'idée de Dieu.
AMPHITHEATRE DES SCIEIVCES MORTES
Toute religion matérialise Dieu pour le bien du plus grand nombre ; dans l'Ancien Testament, léhovah intervient incessamment et les saints, ingénus et touchants, pratiquent une ardente familiarité avec leur Créateur.
La philosophie, au contraire, arrive aux appellations négatives de non-être, d'ineffable, d'indicible : Dieu dans la Kabbale ne se conçoit que par ses manifestations et reste l'Absolu.
Entre la dévotion et la magie, vient se placer une aperception médiane ; plus subtile que la sensation, moins éthérée que l'idée, c'est le sentiment et le goût du divin, que j'appelle Aristie.
Depuis trois ans que le Comment on devient Ariste est annoncé, on le typographie et on le cite, Comment on devient Artiste : ce qui réduirait cette ascèse aux sculpteurs et aux peintres' .
Beaucoup de bons esprits se figurent l'esthétique bornée aux musées et aux maîtres. La religion se réduirait analogiquement au
* Ils trouveront les canons qui les régissent dans VArt, Idéaliste et mystique, doctrine de la Rose f Croix, qui paraîtra Cil i8(j4. Lo Catéchisme intellectuel aussi les pourra 'servir.
clergé et au miracle, si l'esthétique ne traitait que de l'artiste et du chef-d'œuvre.
Le mage ou l'écrivain de métaphysique recherche la vérité abstraite et non pas la mise en œuvre ; il éthérise les notions au lieu de les concrétiser ; tandis que le prêtre et l'artiste envisagent surtout leur expansion animique .
Sur le plan oii je m'avance, il faudrait opérer un pénible délai : la bêtise occidentale a énormément piétiné. Ne dit-on pas que le théâtre est l'antichambre de l'enfer et q u'i ne faut point discuter des goûts.
Or, le théâtre pourrait devenir le pronaos de Téglise et du ciel, et le présent traité ne signifie rien, sinon de donner au goûtdes lois rigoureuses. J'apporte un dogmatisme de la sensibilité, une réforme de l'impression nerveuse ; j'instaure une orthodoxie dans le sentir ; et substituant le beau de Platon au bien catéchistique. j'énoncerai des vertus sublimes trop impratiquées et parallèlement des vices aussi énormes et funestes qu'inaperçus, de ceux mêmes qu'ils infectent.
Quand le stupide vieillard, qui tient la place d'archevêque de Paris, répondit à mon mandataire qu'il ignorait le nommé Vagnère(sic), ce
Vagnère qui a écrit la musique même de l'Evangile : quand Goossens le Simoniaque a refusé aux artistes pauvres de la Rose-Croix la vue gratuite des Memling et des Van Eyck, ils ont péché contre l'esthétique. Eh ! saventils que c'est peut-être là, un nom obscur du Saint-Esprit ! Ces cohènes obtus n'ont pas le sentiment de Dieu.
L'admiration épuise ses termes sur les missionnaires, apportantl'évangile aux peuples d'Orient : je ne toucherai pas à leurs palmes pourprées d'un sang généreux : mais je voudrais conquérir une égale vénération pour les souffrances d'un Wagner apportant Tannhauser, Lohengrin et Parsifal, aux brutes d'occident, aux idolâtres de la gaudriole et de l'opérette.
Je crois aux miracles de Lourdes et de Paray, j'y crois d'autant plus aisément que je les explique ; mais je crois aussi aux miracles de Bayreuth et ceux-là, je mourrai sans les déterminer.
A Lourdes, j'ai pu voir un paralytique marcher et un aveugle ouvrir les yeux, petite merveille en vérité ; à Bayreuth, j'ai vu le Saint-Esprit descendre sur le Graal ; à Bayreuth, j'ai entendu le chœur des Anges.
Le sinistre Richard, le sacristain Goossens, ces notaires de la Foi, n'eussent rien vu, ni entendu.
Or, je soutiens l'identité de la religion et de l'art, et je déclare mauvais le prêtre qui n'entend pas les chefs-d'œuvre, et je déclare inférieur Tartiste qui n'entend pas le divin.
Peut-être, lecteur, imbécile comme un musée national, as-tu levé ton regard vers tes ïeniers, tes Kondekoeter, tesPotter, tes Meissonnier : et tu t'es demandé quelle identité j'établissais entre la religion et un ivrogne, et un dindon, et une vache, et un figurant.
Demande-toi aussi ce que je pense de Diderot épris des mélodrames de Greuze, de Stendhal avec ses trois idoles : Carrache, Gimarosa et Ganova ; et du soudard Bonaparte, béant d'enthousiasme devant Paul et Virginie.
Les définitions de l'esthétique pédantisent : (( science du beau , philosophie des beauxarts. )) La véritable formule, plus simple et belle, la voici :
L'esthétique est l'art de sentir Dieu dans les choses : et celui qui a ce sentiment je l'appelle Ariste, ce qui signifie l'excellent, le meilleur.
Ainsi la matière s'élève , ainsi l'esthétique devient la théologie du cœur et des vibra-
lO AMPHITHEATRE DES SCIENCES MORTES
tions; ainsi je rends à sa sublime hauteur cette matière laïcisée et profanée.
Une objection jaillit immédiate : dans l'anarchie intellectuelle de ce temps, nul n'admettra une doctrine de la sensibilité. Il est permis de régler les idées, mais non les impressions ; d'imposer une formule à l'entendement, non pas aux nerfs, et si je déclare que Wagner ou Dante, ou Eschyle n'est pas mon semblable, on rira. La volonté d'un seul qui ne se laisse pas vaincrait l'univers en gaieté : et je n'ai que quelques centaines d'aboyeurs, bien placés, il est vrai, pour couvrir ma voix.
A. 1. — Il y a des dogmes pour l'admiration : et celui qui les repousse se retranche de la communion des Génies.
A. II. — l^ y (^ ^'^^ Jnérarchie dans les œuvres humaines : et qui y disconvient est schismatique.
A. III. — Il y a, en esthétique, des propositions aussi irréductibles que celles de la géométrie,
A. IV. — Il y a des jugements qui sont r expression crisiaque d'une maladie spirituelle :
il faut considérer l'esthétique comme une hygiène et une prophylaxie de la sensibilité.
Quand M. Sarcey ou M. Sardou, ce Boiieau méritait ce Racine, parlent de Shakespeare, ils sont identiques au monomane qui repousse les aliments rationnels et dévore le crépi des vieux murs.
A. V, — // y a une nécessité d'autant plus impérieuse à enseigner l'esthétique que les êtres dont la sensibilité est malade ignorent leur état, énoncent leurs idées et ainsi contagionnent les sentiments sains : de là naissent les épidémies du goût : réalisme, Japonlsme, impressionisme.
On accordera peut-être le côté thérapeutique, mais, considérant la sentimentalité de chacun comme un second tempérament plus élevé et aussi natif et fatal que celui du corps, on conclura a des catégories ou mieux à des castes.
La phjsiognomie reconnaît des chiens, des chats, des tigres, des chevaux, des aigles et des perroquets, en regardant le visage de l'homme ; et toujours le caractère de l'individu se rapporte à Finstinctivité animale imprimée sur ses traits. Or, il ne faut pas demander de subtilité aux chiens, de servilité aux chats,
exaspérer les tigres et les aigles, tandis qu'on peut abuser du cheval. L'œil et la bouche seuls nous avertissent du degré et du caractère sentimental ; et ici l'indication n'est pis formulable.
Toutefois, que l'homme ait telle ou telle instinctivité, elle se peut appliquer au beau ou au médiocre. Massillon, dans son homélie sur la Madeleine, développe merveilleusement ce thème que le pécheur endurci, une fois converti, retrouvera sa même et cette fois heureuse ténacité ; tandis que le prévaricateur plein de mollesse n'étant pas fortement lié au péché, le quittera aisément. Toute chose créée est susceptible de perfection et surtout en animisme. Aucune tendance humaine ne contredit au bien et dès qu'on l'oriente elle s'illumine. Quel foudre de péché que Tannhauser, l'hôte du Venusberg, l'amant de Kypris ellemême ; mais quel foudre de repentir que ce même Tannhauser !
Aujourd'hui je cède à la vérité, après de longues hésitations ; la doctrine que je vais formuler ici, quoique déjà indiquée dans mon
* Istar. 2" roman.
' Comment on devient fée. 2'^ traité magique.
m. COMMETST ON DEVIENT ARISTE l3
éthopée, présente un tel dérangement de la routine religieuse, qu'il me faut l'assentiment des conseillers Rose -|- Croix, pour l'oser.
Comme j'ai trouvé dans la Genèse de Moselle les arcanes de la création de la femme et du péché origineP, je vais emprunter au même livre sublime une théorie de la hiérarchie des êtres et les origines de l'art et du chef-d'œuvre : non pas à cette Vulgate de S. Jérôme, ni k ces Bibles de Cahen et de Second qui traduisent les mots, mais à la version anagogique. la vraie.
SEPHER BÉRESCHIT, VL
I. — Or la conséquence de l' individualisation du principe passif d'Adam Jut que, pour se reconstituer (s'unifier) momentanément , il engendra d'une façon organique tantôt au sens positij, c'est-àdire des mâles, tantôt au sens passif , c est-à-dire des filles,
II. — Et les Œlohim jugèrent les passivités d'Adam, ou ses filles, propres à leur dessein ; et s' étant terrestrisés , ils s'unirent à ces passivités ou filles suivant la norme hominale et ses conséquences,
l!x AMPHITHEATRE DES SCIENCES MORTES
III. — Cependant Ihoah avait verbijié ; la vie spirituelle ne vivifiera plus Adam, hors des conséquences de sa faute et selon l'économie universelle de la création. Il restera subordonné à son organisme et à r ambiance phénoménale , jusqu à son retour à sa propre unité, qui comprend deux mutations totales dans sa principiation élémentaire.
IV. — Alors parurent les Néphilim, qui étaient nés du verbe élohite s' incarnant au giron des jemmes mortelles', les Guiborim, ainsi s'appelèrent après ces mêmes Néphilims, les fils de l'audelà.
V. — Ihoah considéra que cette intrusion d'éléments supérieurs pervertissait l'harmonie adamique et dénaturait la parabole harmonique de sa création.
YI. — Il renonça à conserver cette pseudoadamité sur la terre et, réprimant en elle sa première création (de la série spirituelle), il la condamna :
VII . — Disant : je submergerai par un phénomène terrestre ces êtres trop objectijs pour l'Adamité ; j' effacerai donc de l' hominalité actuelle tout être organique qui réunira anormalement le caractère de la série spirituelle à celui de la série terrestre.
m. GOMMENT ON DEVIENT ARISTE l5
VIII. — Nouah, c est-à-dire la série conjorme à la primitive harmonie, trouva grâce devant le verbe de Ihoah.
IX. — Or Nouah était cette série d'êtres intellectuels évoluant selon leur norme propre et suivant les intentions des œlohites créateurs.
X. — Et la série Nouah comportait trois modalisations d' activité : Sem, activité physique : Cham, activité animique; Japhet, activité intellectuelle; cestà-dire Sem la volonté, Cham la passivité, Japhet l expansion.
XI. — U harmonie terrestre se désaccordait malgré les Œlohites, et un vertige indicible décoor» donnait les relativités et les rapports.
XII. — Les Œlohites considérant que le salut de la terre consistait dans son ipseité, et quelle se décomposait sous l'action d'un principe supérieur inassimilable à sa nécessité propre.
XIII . — Les Œlohites dirent à Nouah [la série normale) : la limite de l' incarnation spirituelle dans le monde organique a été dépassée ; la terre est en proie au vertige indicible de la spiritualité perverse, il Jaut la sauver de la ruine en la rendant aux terrestres.
AMPHITHEATRE DES SGIE^îCES MORTES
XIV. — Edifie un f^ejage en un lieu dont la configuration leur sera une défense ; tu diviseras ce lieu suivant sa destination et tu l'isoleras d'abord par l'endroit même ou tu l'auras placé, ensuite en le privant de toute communication.
XV. — Ainsi tu rendras l'humanité à ellemême. Les trois séries d'activité s'uniront dans cet asile jusqu à leur réalisation, selon le quinaire, et cet asile se solidifiera par les trois passivités sérielles, devenues Jécondes .
XVI. — Dosant la spiritualité dans cet asile, tu la proportionneras à la réceptivité de chacune des trois séries, ne leur permettant la dilatation de leur libre arbitre que dans le sens de leur norme originelle, et tu mèneras tout être à se doubler (la femme) et à se tripler (t enfant , lajamille).
XVII. — Et moi, produisant l'intumescence des eaux pour déprimer tous les êtres substantiels contenant lesoujfle de la vie supérieure ; tout Ce qui du ciel existe sur la terre, va périr.
X VIII . — Mais ma Jorce créatrice reste avec toi et ta série et tes conceptions, autant celles de ton esprit que de ta chair, dans l'asile construit.