‹ Comment on devient artisteChapitre 14 sur 70 · XIX . — De toutes végétâmes , de toutes corporeités · texte numérisé non relu

XIX . — De toutes végétâmes , de toutes corporeités

tu amèneras vers l'asile, afin qa il continue à exister avec toi, le double germe, la double semence.

XX. — Du règne aérien, du règne mammi- Jère et selon leur espèce de toute animalité même septiforme, tu en prendras le double élément de reproduction.

XXI. — Et toi . assimile tout ce que tu peux t' agréger ; car tout ce que tu t'agrégeras maintenant deviendra vraiment tien

XXII. — Et Nouah obéit de point en point aux sages prescriptions des OElohim.

Les anges, ou les esprits de la série invisible, apparaissent au second mot du Bereschit : ce sont eux qui ont modelé la corporéité de l'homme, d'après leur ombre portée ; l'ombre ici a le sens de matière. L'ange donna à l'homme la forme correspondante à l'angélisme, autant qu'une forme peut corrrespondre à un esprit pur.

Il n'est pas douteux que ces sublimes artistes n'aient contemplé l'humanité, leur œuvre, avec une sollicitude passionnée, et qu'oubliant progressivement qu'ils n'avaient été que les délégués du Verbe, les instruments

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de Dieu, ils se soient pris d'amour pourTouvrage de Dieu, ils ils aient été pris de paternité pour l'œuvre de leurs nnains. La femme créée en dernier lieu, espèce de chef-d'œuvre matériel les fascina, non pas dans le sens corporel, mais spirituellement ; et dans un vertige singulier, ils conçurent le dessein de parachever leur œuvre. Eschyle nous a raconté^ cette sublime histoire ; soit orgueil de leur ouvrage, soit invincible pitié pour ces éphémères qui évoluaient si douloureusement, les Œlohim, ou anges de la création, se sentirent des entrailles d'artiste et de père pour les éphémères, et ils voulurent rejoindre leurs vivants chefs-d'œuvre et les aimer et les aider.

Un des 87 arcanes de Pistorius dit que l'esprit ne peut descendre sans se revêtir, c'est-k-dire se matérialiser.

Un autre arcane occulte enseigne que nul être spirituel ne peut franchir sa sphère, descendre et se manifester, sans être appelé ou désiré.

« Le Sar Peladan a restitué selon les mystères d'Eleusis le Prométhée porteur de feu et le Délivré. Le premier n'est pas autre chose que l'artiste délégué par Zeus à la formation de Fhomme et qu'on voit sur les camées modelant la forme humaine ; et qui, son œuvre vivante çt sa tâche finie, ne peut résister au téméraire désir de parachever son ouvrage, de présider à son évolution.

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Or, la rêverie de la femme, son aspiration vague et désordonnée de l'au-delà, était le seul courant animique dont les OElohim pussent profiter.

Dans redluve d'amour innomé qui s'exhalait des fdles d'Adam, ils trouvèrent le point d'appui terrestre ; sitôt ils prirent corps, et comme ils étaient conscients de leur témérité et des représailles divines, ils se hâtèrent d'engendrer dans le sein des mortels. Or d'une mortelle et d'un ani>e terrestrisé. il ne pouvait sortir ni un être complètement mortel, ni un être tout à fait angélique : le premier produit de cet étrange copulation fut le daïmon, l'être intermédiaire entre l'esprit et l'homme, un métis humain. Le lihre arbitre des anges s'attaquait ainsi à l'économie créatrice : les Néphilim et les Guiborim paraissent ; on les nomme géants, quand on est le naïf dom Galmet, mais cela doit s'entendre au figuré et au moral, Leur àme était démesurée, non pas leur taille : comment ces prodigieux artistes de la création auraient-ils produits des monstres dans la proportion même.

L'événement ne répondit pas à l'attente des anges humanisés ; leur présence et leur progéniture engendrèrent le désordre.

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Vainement, ils s'exilent d'Ereck, lieu de leur descente et marchent vers F Atlantique, semant leur passage de ces milliaires prodigieux, les mène-hirs et les dolmens.

Le continent qui les reçut se désagrégea et disparut, tandis que montait de l'abîme le fond de mer, aujourd hui désert africain. Ce cataclysme nommé déluge visait et atteignit la race daïmonique. Quant à la série Noé et à ses trois catégories, les OElohites les firent s'isoler de tout Nephil ou Guibor, condamnés à périr « parce que la limite de l'incarnation spirituelle, dans le monde organique, était dépassée. ;)

Le livre d'Hahnock, cité par saint Jude dans son épître, et aussi par George le Syncelle et Gédrenus, fut rapporté d'Abyssinie par Bruce, à la fin du XVII L siècle. Dillmann de Tubingue, et Laurence d'Oxford attribuent la rédaction au second siècle de l'ère chrétienne. La version primitive était araméenne.

Origène avoue que pour beaucoup, c'était un livre canonique : TertuUien en affirme l'inspiration divine : Hénoch lui-même l'écrivit, Noé le copia (?).

Le Zohar dit (.( quand Dieu, — béni soit-il — enleva de ce monde Enoch pour le servir...

Dès lors fut livre le volume qui est appelé livre d'TIenoch » et à un autre passage : « Nous trouvons clans le livre d'IIénoch qu'après que le Saint — bcni soit-il — lui eut révèle toutes les choses secrètes d'en-haut et d'en-bas, il lui montra l'arbre de vie et l'arbre au sujet duquel Adam avait reçu un commandement ; il lui fît voir aussi le lieu d'Adam dans le jardin d'Eden. »

Eu 1887, j'ai donné une interprétation du livre d'Enoch, au cinquième roman de mon éthopée, mais, je l'avoue avec l'orgueil d'un esprit qui n'estime pas ses contemporains, je me suis trompé en écrivant ceci. « Timidement, peut-on hasarder comme mobile^ un criminel essai de messiation. Satan se dut enivrer, de l'idée noble en elle-même, qu'il changerait la face de la terre et que Jéhovah pardonnerait la transgression en faveur de Taboutissement. D'après la tradition, il ne pouvait monter plus haut qu'il n'était en hiérarchie : une seule voie s'ouvrait encore devant son orgueil, se dévouer aux hommes. » J'ai cru autrefois que Satan, confident d'une part des mystères, dans leur rapport avec l'humanité, s'était ému d'une ambition insensée : intervenir dans l'évolution des mortels et ainsi

éviter a la seconde personne divine, Teffort indicible de la messiation.

Que Sathan me pardonne de lui avoir attribué un dessein aussi blasphématoire des Normes, aussi indigne de son esprit sublime.

Jamais ce prince de l'intelligence ne fut obscure à ce point : je suis contrit et confus de ma sotte explication; je m'accuse, mais j'accuse aussi la barbarie française où, n'ayant aucun privilège, aucune facilité, je suis condamné à penser et à œuvrer aussi vite qu'un mécréant de journal. Que toutes les hâtes et les erreurs de mon œuvre retombent sur ce pays athée, iconoclaste etincultivéet qui ne s'est jamais présenté à moi que par ses bourreaux, ses douaniers, ses gendarmes, ses effrayants magistrats, ses déplaisants fonctionnaires et ses tyranneaux d'administration.

Non, Sathan et ses anges ont été précipités par le mirage de leur œuvre ; ces artistes d^ la création ont été séduits par le travail do leur mains : Eschyle avait révélé leur sublime coulpe et leur dam.

Voici des extraits réduits à l'essentiel qui achèveront d'éclaircir le sixième chapitre du Bereschit.

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