XIV. — Mais pour imiter la pureté et la justice des anges
XVI. —Jls ne périssent que par le poids de leur trop grande science.
Remarquez le rôle Prométliéen et sublimement pédagogique des OElohites , ils enseignent d'abord la magie, la médecine, la trempe du fer, le tain des miroirs, Fart du maquillage, la teinte des étoffes, c'est-à-dire les arts de civilisation. Ils accélérèrent singulièrement révolution humaine.
En un fragment de réquisitoire, au CL VII, Tenem (pour ïammuz) est convaincu d'avoir révélé l'écriture, l'encre et le papier, car les hommes n'ont point été créés pour consigner leurs idées sur du papier, au moyen de l'encre : cette réflexion n'indique-t-elle pas le procès
ni. COMMENT OiN DEVIENT AUISTE 35
des policiers de morale à la haute culture ; et au verset xvi : « Les hommes ne périssent que par le poids de leur trop grande science. » Vraiment, cette assertion ne s'applique pas aux mortels ordinaires, surtout de cette période.
Quant aux fils des anges, ils s'assimilèrent vite toute connaissance, ils s'impatientèrent de la bêtise humaine et voulurent conduire le matériel troupeau. N'est-ce pas à l'état violent et maladif, l'âme de Léonard de Vinci, ces êtres qui veulent régner sur tous les règnes de la nature, et qui veulent s'élever dans les airs, voguer sur les eaux^ dompter les fauves et qui ont un tel besoin d'activité et d'invention, qu'ils violentent la terre.
Autre caractéristique du daïmonisme « la fornication devint innombrable » les passions daïmoniques prirent de terribles allures. Le mortel épouvanté par ces génies impérieux cria jusqu'au ciel et les quatre grands Anges reconnaissent que les démons ont révélé le secret du ciel.
Alors, Dieu avertit Noé (qu'il ne faut pas prendre pour un individu, mais comme le collectif terrestre normal) du cataclysme diluvien, afin que l'humain fut sauvé et que cette pseudo humanité, le daïmonisme, périt. Le
Seigneur condamne aussi les fils des Anges humanisés, parce qu'il ne peut ravir à leur descendance, le patrimoine intellectuel dont ils sont dotés.
Le commentaire du sepher d'Hénoch modifierait bien des vues courantes et artificielles : il y est dit que Noé se dirigea vers les sommets de la terre pour échapper au cataclysme, qui paraîtrait alors un tassement cosmique et non une vengeance divine.
La tétralogie Wagnerienne a familiarisé les lettrés avec le lycanthrope divin, le wotan Welse qui court la terre en des amours mortelles.
Au Symposion de Platon , Aristophane débute ainsi : (( Au commencement, il y avait trois genres, l'homme, la femme et Tandrogyne ; cette série androgyne inquiéta par son intelligence turbulente Zeus lui-même » et ce Dieu ordonna de les couper en deux, d'isoler leur passif comme dans le Bereschit'.
Pour se défendre de la multiplicité des points de vue dispersifs, ces textes suffisent k établir devant l'initié deux castes terrestres : les daïmons et les autres, les quelconques, les autocthones.
* V. Comment on devient fée, ce passage traduit p. 33 et s.
m. COMMENT OX DEVIENT ARISTE 3^
Comment M. Carnot le quelconque-type se prétendrait-il. le semblable de saint François d'Assise, de Léonard, de Wagner, de Dante ?
Comment, dans la même série, dans l'humanité trouverait-on simultanément le demidieu et la brute ? cela révolte toute science.
Si individuels que soient les félins, le chat est un tigre diminué, le tigre un chat à son apogée. On a voulu apparenter Thomme à l'orang-outang, c'est une billevesée ; mais il y a bien moins de distance et de disparité entre le cardinal Richard et un onagre qu'entre M. Gréard et un Villiers, un d'Aurevilly.
A une époque si vaine de sa science, on peut rappeler que ce qui constitue une espèce c'est la même instinctivité retrouvée chez tous les individus. Or quelle est Tinstinctivité de l'homme quelconque, de l'homme-Carnot ? Au lieu d'énumérer le double brutisme de l'homme organique et du citoyen, et m'appesan tissant sur cet inexistant, de le sauver d'oubli, je préfère indiquer le trait général, le caractère essentiel du daïmon : il est simple : le sentiment et la recherche du divin. Oh ! je ne parle ici ni de sainteté, ni de génie, ni de charité, ni d'œuvres ,je prends la thèse à sa moindre
formule. Le daïmon n'est pas toujours l'être glorieux, le chevalier de l'idéal^ plein de prouesses et de miracles : du moins son regard dépasse la vie et son ambition les honneurs civiques ; dans la mesure de sa destinée, il cherche Dieu. La satisfaction des besoins les plus impérieux ne l'occupe pas ; il lui faut de la musique, des musées, des livres de belles amours ; mais il se moque de manger son pain sec, indifférent aux conflits de son temps, il ne milite que pour des idées.
Ah 1 l'idée, la vermeille fille du Très-Haut, voilà son amante et sa Béatrice Celui-ci s'il ouvre un d'Aurevilly, admire à l'instant ; entend-il du Wagner, il comprend aussitôt et la méthaphysique lui semble la chose simple et facile. Qu'il exprime ou non sa pensée, il a permanent le sentiment du divin.
Celui-ci, si les circonstances le haussent sur un pavois, oublie le soin de sa fortune et la précipite, pour imposer le divin dans le rayon où il agit : celui-là méprise les biens de la terre et se substante d'idéal. En vain la société le jette à son moule : militairement il s'appelle le réfractaire, au point de vue économique on le trouve contrebandier. Les lois nationales sont vaines pour lui. qui obéit à son sang su-
blime. L'humanité entière le déteste et Técrasc : quelquefois le daïmon dégage une telle lumière que la bêtise se rend, terrassée.
Le mercredi i3 mars 1861, les terrestres ont tenté d'égorger un Daïmon, c'était la première de Tannhauser à Paris. Mais le demi-dieu qu'insultait le Jockey Club, devait aveugler l'univers à force de chefs-d'œuvre : aujourd'hui la sainte race se réjouit devant la résignation des brutes qui subissent le joug céleste de l'art divin de Wagner.
Je dresse ici ces assertions que je démontrerai au cours de l'œuvre :
A. VIL — Toute vision du ciel, religion ou art, vient des daunons et non de F homme. Les fils de l'au-delà seuls le perçoivent ; eux seuls le peuvent montrer aux hommes.
Mais comme Sathan leur père perdit sa gloire pour achever son œuvre sur les hommes : ainsi les daïmons doivent enseigner tout ce qui exhausse l'être et l'accomplit.
A, Vlll. — Uariste est V homme susceptible, par l'ascèse, de Jaire naître et de développer en lui, la J acuité daimonique ou le sentiment du divin.
A, IX. — UAristie sera donc la communion
4o AMPHITHÉÂTRE DES SCIENCES MORTES
des êtres qui évoluent, les hommes, avec les êtres involaés ou les démons : ceux-ci étant disciples de ceux-là.
A. X. — Un traité d'Aristie est un traité de sensibilité divine, une alchimie de toute impression et une théodicée de la vie pratique commune.
CONCORDANCE CATHOLIOUE