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II. — Vous ne prendrez pas le nom de Dieu en vain

J'ai vu passer les tombereaux de la voirie débordants de crucifix ; on venait de les arracher, sous l'œil stupéfait des enfants, du mur scolaire.

J'ai vu poser les sceller du commissariat de police, sur le tabernacle où habitait Monseigneur Jésus-Christ, la seconde personne divine.

Chaque fois que j'ai dû venir pour être condamné injustement, il y avait un Christ

sur la muraille, au-dessus de ces hommes noirs

ou rouges.

Le nom de Dieu, demandez à la Bete de Médan, en quoi il l'a pris?

Demandez-le surtout à cette ergastule : 1 épiscopat de France. Ah ! ceux-là indignes parmi les indignes, lâches par delà tous les lâches, ont fait pâlir, dans la géhenne, l'ombre d'Anne et Caïphe : ceux-là ont vendu Jésus- Christ au recrutement, ceux-là ont envoyé le séminariste à la caserne. Ainsi, sans résistance, sans colère, ces assermentés ont permis que les mains qui consacreront l'hostie s'exercent à Tliomicide. « Prêtre de Jésus- Christ, successeur des apôtres, descendant des martyrs — montre-nous ta force au tir à huit cent mètres ; es-tu sûr de tuer le chrétien bavarois sur l'ordre d un Français athée ? Sais-tu le maniement de la baïonnette et comment on retourne la lame dans la plaie pour la rendre incurable. Mais tu seras gradé un jour, caporal, sergent, et toi l'oint de la charité, tu deviendras le tortionnaire, prêtre, sous-off. , prêtre assassin !

Que risquiez-vous, Richard et C'^ que risquiez-vous à redire le non possumus de Pie IX - — une suspension de traitement : et cela vous

a arrêtes, vous les princes de l'Eglise, vous les pasteurs. Mais prenez garde que les derniers catholiques ne vous chassent de vos palais , notaires de la République , sorte d'avoués de la foi. Que risquaient-ils vos séminaristes : un peu de retraite propice à l'oraison mentale. Croyez-vous, évêques sacrilèges, que mon apostasie, si je pouvais être apostat, ne serait pas bien payée, plus cher que la vôtre ? Croyez- vous pas que j'inspecterais tous les Beaux-Arts, étant donné ma compétence, si je reniais Jésus pour adorer cette gouge, la Papesse patrie.

Ah ! je ne concours ni pour les vertus, ni pour les mérites, mais à certaines heures j'ai été peut-être le seul catholique, en France'. Le jour où l'oint du Seigneur, fût-ce un tonsuré, a revêtu l'uniforme du meurtre national, ce jour-là, théologien de budget, vous avez vendu le dogme pour conserver votre traitement, et ce jour-là, perdant toute autorité morale, vous êtes devenus pour moi et les miens les huissiers des sacrements.

* V. Le Figaro du 20 novembre et du 12 décembre 1890 et celui du 8 février 1891. Ces lettres ont été reproduites dans les Acta Rosœ Crucis, à la lin de ÏAndrogyne, Ville roman de l'élhopée.

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Tant mieux que les mauvais prélats puissent opérer de vrais sacrements : sinon la confirmation et l'ordre exigeraient des mains étrangères, en France,

Il — Souvenez-vous de sanctifier les Jetés,

Quand Polyeucte ou load parlent, quand Beethoven ou Bach célèbrent la messe, quand Parsifal chante Textase du Vendredi- Saint, quand Lohengrin élève le Graal, croyez-le. Dieu est plus présent qu'aux discours des PP. Monsabré et OUivier.

Allez- vous à la Walkyrie, à Hamlet, avec des idées religieuses, y menez-vous vos enfants comme à une bénédiction.

Quand le génie, ce Graal, rayonne et rougoie, vous pensez vous distraire et occuper le temps.

Non, vous ne sanctifiez pas les fêtes de l'Esprit, qui sont celles même de l'éternité.

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