ARCANE D'ISTAR OU DE LA NUTRITION
Le clergé actuel ne présente plus de valeur cérébrale, les évêques y veillent; ainsi réduits a un rôle de notaires sacramentels , on leur permet la sainteté, mais non pas la science : n'accusons donc pas le curé ou le chanoine, n'accusons personne, et tâchons de remédier au malheur des temps et à l'imperfection des clercs.
Nul ne doit compte du chemin choisi, si ce chemin mène à Dieu ; les vers dorés de Pythagore suppléent aux grossières exhortations, et la Somme est là pour confondre le catéchisme.
Chercher Dieu ardemment, le trouver et ne le plus quitter, voilà tout ce que le salut réclame : un le verra dans VOresiie et Tautre dans les pièces du P. Porée ; qu'importe, si tous deux le voient !
L'animique dit son chapelet^ l'intellectuel
go AMPHITHEATRE DES SCIENCES MORTES
médite, tous deux sont des justes et honorent la lumière selon le degré où elle leur parvient .
Saint Labre a poussé fort loin l'humilité, mais Dante a mené bien haut le saint orgueil : que chacun honore ses saints.
Fra Angelico n'a été canonisé que par les esthètes : le décret est valable cependant.
c<^ Cette Eglise si chère, la seule chose auguste de ce monde, bannit la rose et croit son parfum dangereux.
(( Près d'elle, nous dressons le temple de beauté ; nous œuvrerons aux échos des prières, émules, non rivaux; différents, non pas divergents; car l'artiste est un prêtre, un roi, un mage! carTart est un mystère, le seul empire véritable^ le grand miracle.
(( Sur le gibet du saint supplice, une rose fleurit et s'ouvre grandissante, et la croix consolée resplendit.
Jésus n'a pas maudit ce monde, Jésus reçoit Tadoration de l'art.
L'enthousiasme auguste de l'artiste survit à la piété éteinte d'autrefois. »