ARCANE DE NERGAL OU DE LA SÉCURITÉ
Tous les traités de la connaissance de Dieu se basent sur des points métaphysiques ou surnaturels ; on y expose les beautés de la création et l'extraordinarité de l'homme même, sans toucher à l'argument décisif : les chefsd'œuvre.
Le Parthénon et Saint-Ouen, VOrestie et la Divine comédie, Platon et Wagner me semblent, sans énumérer, des preuves et des exemples étincelants de la Divinité.
Pour une catégorie d'esprits dont je suis le coryphée, une formule de Platon et quelques mesures de Beethoven dépassent, comme miracles , un peuple de paralytiques devenus derviches tourneurs et les quinze-vingts pointeurs d'artillerie.
Le miracle, pour l'ariste, c'est le chefd'œuvre; le parallélisme de la piété la compréhension du chef-d œuvre. L'équivalent du sa-
To8 AMPIIITTII^ATRE DES SCIENCES MORTES
lut, ridentiTication à l'idëal réalise. On appelle Dieu le Juste, le Bon, le Puissant, ne peuton lui donner l'ëpithète de Beau.
Il faut avouer que TAristie dérange la routine ecclésiastique, qui se cantonne dans ses vertus intérieures, dont nul ne peut juger : tandis que la prétention de beauté tomberait sous la critique de tous.
N'importe ! l'expérience le démontre, a toutes les époques la laideur sera toujours le fait de la foule, et seront beaux ceux-là qui ne ressembleront qu'à eux-mêmes et aux immortels.