‹ Comment on devient artisteChapitre 41 sur 70 · DE LA PUISSANCE ARISTIQUE · texte numérisé non relu

DE LA PUISSANCE ARISTIQUE

Sacrement : Extrême-Onction.

Vertu : Justice.

Don : Conseil.

Béatitude : Esprit de miséricorde.

Œuvre : Pardonner.

Ange : Raphaël.

Arcane : Le Pentagramme.

Planète : Nébo-ïasmit.

Œuvre aristique : Se réaliser encore.

Génie d'Orient : Zarathoustra.

Génie d Occident : S. Thomas d'Aquin.

Sage : Solon.

Aujourd'hui le lettré veut devenir auteur, l'amateur, peintre ; et la moitié des salons et des vitrines se compose d'esthètes médiocres qui ont voulu œuvrer. Les femmes, quand elles ne sont pas jolies ou que leur réputation a souffert, font de l'art : et enfin, au lieu d'une vocation, l'œuvre dénonce une nécessité ou vanité ; a côté du métier, il y a une raison de

prestige. De là un encombrement énorme qui témoigne de Tinconscience générale.

Autant l'érudition et les recherches d'archéologie sont louables et recommandables k tous, autant l'œuvre d'imagination devrait être respectée. Loin delà, le pullulement le plus odieux grouille, près du Permesse ; ils sont plus de cent qui vivent de la publication de mauvais vers et de concours poétiques.

Le nombre de ceux qui pincent de la rime est innombrable, plus grand peut-être que celui des barbouilleuses d'aquarelle.

Que dirait-on d*un prétendu catholique qui, sans ordination ni années de séminaire, s'arrogerait le droit de célébrer la messe.

C'est le cas du poétaillon qui honore la poésie, paraît-il, en la profanant.

L'homme au sonnet, aujourd'hui, devient l'homme au volume ; le temps n'est pas des petits vers, mais des vastes entreprises sonores. On aligne une cosmogonie comme autrefois on tournait un acrostiche, et cela ne vaut pas mieux,

A. XLIL — Le premier devoir de lArisie, cesi de ne pas usurper sur F artiste ;

Des aristes^ le plus accompli a été Boileau Despréaux ; nous lui devons la perfection de

m. GOMMENT ON DEVIENT ARISTE Il3

Racine, Il a tenu un rôle admirable de métronome du goût auprès de plusieurs génies, qui n'étaient pas des génies pressés : mais pourquoi a-t-il écrit ? Voilà qui le gâte : qu'il blâme le sac de Scapin, mais qu'il ne publie pas cette niaiserie, le Lutrin, et ce tissu de platitudes, ÏArt poétique.

Vraiment, chaque ariste devrait recevoir de la Providence un Boileau. Gomme exemple de talent perdu, je citerai Cicéron : quel amas de plaidoiries qui ne valent guère plus que les éloges académiques de notre Pellisson, quand ce Romain était capable de cette sublimité, la plus grande page de la prose romaine, le songe de Scipion.

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