‹ [Comment on fait des révolutions]Chapitre 7 sur 11 · MOT PRELIMINAIRE · texte numérisé non relu

MOT PRELIMINAIRE

Aux Libéraux 1 Et pourquoi pas aux Magistrats? — Parce que la date des premières Lettres est déjà vieille : elle a près de quinze jours; parce que j'étais loin de penser alors que mon léger opuscule aurait ces conséquences sérieuses ; parce que, en le relisant, de la meilleure foi du monde, je ne puis concevoir encore que cette boutade ait pris un caractère tragique 5 parce que j'ai considéré ceci comme une affaire d'opinion à débattre entre nous , et nuliemeat comme une affaire de police correctionnelle; parce que ma citation devant le juge instructeur m'a paru elle-même Une facétie de M. Peyronnet , et la saisie de mon épître une circonstance graue que suscitaient nos Alcibiade ministériels , pour occuper l'attention parisienne d'autre chose que de leur chute. J'ai donc fort peu songé à la justice qui aurait encore moins songé à moi, si une question de temps, de lieu et de forme, à discuter entre amis, ne se fut trans-

formée, pour les menus plaisirs de la politique, en question d'État. Retardées dans leur publication par les huissiers , les gendarmes , les guichetiers, ces petites Lettres ont donc passé le quart-d'heure d'à propos avant et après lequel une brochure n'a point de succès à Paris. Quelques paragraphes par-ci par-là ne sauraient corriger ce vice radical. J'en préviens tous ceux qui manquent de loisir ou de patience ; c'est en leur faveur que ce mot est affiché en tête de ma correspondance nouvelle. Si quelque lecteur, déterminé à connaître les réponses après avoir été rassasié des critiques , passe outre, je déclare que je le rends personnellement responsable de tout l'ennui qu'il éprouvera .

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