‹ Comment on fait parler les sourds-muetsChapitre 19 sur 85 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

EXAMEN DE l’ÉTAT PHYSIQUE ET INTELLECTUEL DE l’ÉLÈVE.

Anomalies frappantes. — Degré d’audition. — Défauts de la vue. —

Voix. — Intelligence. —Instruction. — Danger des signes. —Comment

se font les premières communications avec l’élève. — Langage d’action.

Aussitôt qu’un élève se présente devant son professeur, celui-ci doit résoudre, avant d’aller plus loin^ diverses questions que nous allons rapidement passer en revue.

Sa première préoccupation devra être de procéder à un examen physique et intellectuel de l’enfant confié à ses soins.

Quoique l’examen physique relève plus particulièrement de la compétence du médecin attaché à l’étahlissement, il est certaines questions dont le maître a intérêt à s’occuper : il remarquera si l’enfant ne présente pas une de ces anomalies physiques frappantes, telles que le microcéphalisme ou le mégalocéphalisme, l’asymétrie du crâne ou du visage, l’arrêt de développement d’un membre, l’état trop défectueux de la dentition, qui indiquent un sujet inférieur à la moyenne des autres.

Il devra examiner s’il subsiste quelque peu d’audition chez son élève. Disons cependant qu’il n’a d’autre intérêt a s’éclairer sur ce point que pour savoir s’il lui sera possible d’utiliser ce degré d’audition dans l’enseignement de

1 articulation. Aussi n’aura-t-il à se servir que de la voix pour se renseigner. L’enfant ayant le dos tourné, le maître articulera derrière lui quelques syllabes : si l’élève répète au moins à peu près quelques-unes de ces syllabes, c’est qu’il entend. Il ne faudrait pas se laisser tromper par quelques enfants qui, croyant bien faire, émettent des sons au hasard, qui peuvent être précisément ceux que le maître a articulés. Pour que l’expérience soit concluante, il faudra varier les sons émis et, mieux encore, le maître devra feindre, par moments, d’articuler un son tandis qu’il n’émettra qu’un souffle. Il pourra aussi interposer une feuille de papier entre sa bouche et l’oreille de l’enfant. Il s’assurera ainsi que l’élève ne répond qu’à propos et non au hasard.

Sans cet examen, on serait exposé parfois à croire entièrement sourds certains sujets, à l’intelligence paresseuse et ayant peu d’appétit de la parole, qui entendent assez cependant pour reproduire des mots et des membres de phrase.

Cette méprise eût été assurément commise sur le compte d’un de nos élèves, s’il n’avait pas été l’objet d’un examen attentif. Cet enfant, trop sourd pour pouvoir fréquenter avec profit une école d’entendants, avait conservé assez d’ouïe, néanmoins, pour entendre ce qu’on lui disait en s’approchant de son oreille et en parlant un peu fort. Mais, à pan sa très grande légèreté, il avait un caractère assez difficile : il feignait souvent de ne pas entendre et ne parlait que lorsqu’on l’y obligeait. On ne l’aurait pas cru mieux doué d’abord que beaucoup de ses camarades ; pourtant il était à peine demi-sourd.

Les médecins, eux, ont d’autres raisons de rechercher la paissance auditive de leur malade ; aussi font-ils usage d’a-

LES SOURDS-MÜETS.

coumotres ou d’audiomètres qui leur fournissent des donuél" précision plus grande. Sans voulmr entrepren- Tla descW de ces instruments, -s^ - P” nous abstenir de signaler Vaudiometre du D Lacbarrière, médecin en chef de ;

parce que c’est un des plus nouveaux et des plus precs d instruments dece genre, enfin parce que c’est au moyen de cet audiomètre que nous sont fournis les renseignements sur le degré d’audition de chacun de nos éleves (1). ^

On en trouvera la description en appendice a cette

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