‹ Comment on fait parler les sourds-muetsChapitre 24 sur 85 · TOUR · texte numérisé non relu

TOUR

SOUS les bras.

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au 15 octobre.

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au 15 novembre.

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, Le numéro 1 a quitté rinstitution avant que nous ayons pu juger sa voix.

PRÉPARATION DE L’APPAREIL YOCAL

Mais il ne suffit pas d’avoir obtenu de l’élève la plus grande somme de souffle qu’il puisse donner, il faut encore lui apprendre à se servir judicieusement de ce souffle et à ne le dépenser qu’avec opportunité. « L’air, dit l’abbé Marchio, doit quitter les poumons tantôt dans un écoulement

Fig. 14.

lent et continu, tantôt d’une manière courte et subite (1). » C’est au moyen du toucher (fig. 14) que l’élève sera amene à régler le jeu de sa respiration. Le maître, prenant la main del’enfant, se l’appliquera sur le thorax pour lui faire sentir les mouvements résultant de la dilatation ou de la contrac-

(I) Organ, fév. 1883.

tion de l’appareil pulmonaire. Et l’élève, reportant son autre main, sur son propre thorax, exécutera à son tour les mêmes mouvements. C’est aussi sur sa main qu’on lui fera sentir l’effet produit par l’air inspiré ou le souffle expiré^ sur sa main enfin qu’il s’exercera à reproduire les mêmes manifestations, (fig-. 15).

Fig. lo.

On a recommandé aussi, pour habituer le jeune sourd à expirer lentement, un exercice qui a le double attrait d’amuser l’élève et d’être utile au but à atteindre : c’est de lui faire souffler des bulles de savon. Il est incontestable que, pour réussir à faire ces bulles, il faut savoir régler avec ménagement son souffle et ne s’interrompre que la bulle achevée.

Il arrive très souvent que l’élève respire à la fois par la

PRÉPARATION DE L’APPAREIL VOCAL

bouche et par le nez. Pour lui apprendre à régler sa respiration, on s’attachera à ne le faire respirer d’abord que par la bouche. Comme nous l’avons recommandé plus haut pour l’émission du souffle, on lui pressera légèrement le nez, s’il y a lieu, pour l’empêcher de respirer par cette voie, et l’on fera prendre à la bouche la forme convenant à chaque voyelle.

Après quoi, on l’exercera à respirer avec le nez seul, la bouche étant fermée. Pour cela, on attirera son attention sur les légers mouvements exécutés par les ailes du nez; on lui fera remarquer que le souffle s’échappe par le nez et non par la bouche, et on lui en montrera les effets sur un petit miroir qui sera terni par la vapeur accompagnant l’expiration.

Enfin on fera des exercices consistant à aspirer l’air par le nez et le rejeter par la bouche ou, inversement, inspirer par la bouche et expirer par le nez, toujours en attirant l’attention de l’élève sur les mouvements du thorax et sur les diverses manifestations du souffle inspiré et expiré soit par la bouche, soit par le nez.

Par ces exercices, l’élève apprend à régler non seulement le jeudupoumon, mais aussi celui du voile du palais, et le bon fonctionnement de ce dernier organe est une condition importante pour une bonne prononciation.

Ces mouvements, lents et réguliers au début, se feront ensuite plus rapidement et irrégulièrement, en exigeant de la part de l’élève une imitation toujours exacte.

Dans les mouvements d’ensemble, le maître pourra adopter certains signes de commandement qu’il exécutera avec une baguette ou avec la main et qui indiqueront aux élèves d’une manière plus visible que l’inspiration ou l’expiration doit être prolongée ou interrompue subitement, que

l’air doit être chassé des poumons en une seule émission brusque ou en une série de petites émissions saccadées.

Le côté essentiellement pratique de ces signes de commandement est de permettre au professeur de ménager ses forces, en s’abstenant d’exécuter lui-même rigoureusement ce qu’il demande de ses élèves.

Tous les exercices susceptibles de favoriser l’action des muscles utiles à la respiration sont à employer et, entre tous, ceux qui mettent simultanément en jeu le plus grand nombre de muscles. Tel est l’exercice suivant.

L’élève est placé debout, les bras tombants, les paumes des mains appliquées l’une contre l’autre. Pour favoriser 1 inspiration, on lui fait écarter les bras en les élevant dans le plan du corps jusqu’à la hauteur des épaules et un peu au delà même. Les bras et les épaules, en se soulevant, mettent en jeu tous les muscles qui, ayant leur point d’attache sur l’humérus, les clavicules ou les omoplates, vont aboutir aux côtes et les entraînent dans un mouvement d’élévation qui a pour effet d’augmenter la capacité thoracique.

Le mouvement inverse, que l’on fait ensuite, vient faciliter l’expulsion de l’air contenu dans les poumons.

Il est necessaire de préluder à l’enseignement oral pur par cette période préparatoire, si l’on ne veut pas se voir arreté a tout instant par le besoin de corriger des défauts d autant p us rebelles à disparaître qu’on s’y sera pris plus tard pour les détruire. ^ ^

Vouloir aborder brusquement l’étude de l’articulation et de la lecture sur les lèvres, sans cette éducation préalable de 1 œil, du toucher et de l’appareil de la voix, ce serait vouoir jouer d un instrument qu’on aurait négligé d’accorder.

PRÉPARATION DE L’APPAREIL YOCAL. 125

D’ailleurs si la période préparatoire a pour but d’obtenir du sourd-muet une parfaite imitation, nous ne devons pas oublier que pour arriver à cette éducation physique nous avons nécessairement amélioré l’éducation intellectuelle de notre élève en forçant son attention, en provoijuant chez lui une observation minutieuse. Nous lui avons fait prendre ainsi l’habitude de la discipline, d’une prompte obéissance, d’une activité cérébrale autant que physique qui nous sera précieuse par la suite.

C’est ce qui fait dire à M. l’abbé Tarra ; « La période préparatoire est ainsi appelée non pas seulement parce qu’on y prépare l’enseignement oral au moyen de l’exercice mécanique des organes nécessaires pour initier ensuite le sourdmuet à la connaissance de la langue, mais encore et surtout parce qu’on s’efforce de mettre les facultés de l’élève en état de recevoir convenablement l’instruction (1). »

Cette période peut occuper exclusivement le premier mois de l’entrée à l’institution. 11 ne faut pas craindre de la prolonger, s’il est nécessaire, pour obtenir de tous les élèves une imitation sûre et prompte de tous les mouvem.enls proposés.

On fera bien de revenir souvent, durant le cours de la première année, aux exercices faits pendant le premier mois. Le maître ne devra pas se laisser entraîner par le désir d’obtenir vite des résultats plus appréciables en articulation. Une trop grande hâte pourrait tout compromettre.

De la sûreté acquise par l’œil et la main et du bon fonctionnement de l’appareil respiratoire, dépendra tout l’avenir de l’instruction poursuivie au moyen de la méthode orale pure.

(1) Abbé Tarra, Cenni storid.

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