VOYELLES PURES
Se présente, en dehors de sa forme ordinaire, sous trois aspects graphiques :
Em suivi d’un m se prononce a dans les mots suivants :
Femme, ardemment, prudemment, récemment, diligemment, etc.
Em suivi d’un n se prononce a dans les mots ;
Indemnité, indemniser, indemnisation, etc.
En suivi d’un n se prononce a dans les mots :
Solennel, hennir, rouennerie, rouennais, etc.
L’a perd sa valeur propre devant i pour devenir l’équivalent de è ou de é et quelquefois de e, comme nous le verrons plus loin.
Il perd également sa valeur devant u pour former un équivalent de o (au).
L’a est nul dans les mots :
Toast, toaster, août, Saône.
A deux équivalents, au et eau, qui peuvent se ramener à un seul, car on n’a qu’à considérer l’e muet comme nul dans ce dernier.
‘"‘Üri ■ chameau,
corhcam bureau, seau, escabeau, marteau, étourueau, cepeau, pru-
O est nul dans les mots :
Paon, taon, faon, Laon.
Ajoutons que um se prononce om dans les mots :
Rhum, album, rectum, factum, opium, muséum, triumvir, maximum, minimum, ultimatum, post-scriptum, factotum, aluminium, géranium, pensum, laudanum, décorum, palladium, Actium, Capharnaüm.
QU A pour équivalent le w dans les mots d’origine anglaise :
tramway, railway, Whig, Watt, Washington, Windsor.
Dans certains cas, u = ou :
Équateur, équestre, aquarelle, quadruple, loquace, quadrupède, quadrumane, équatorial, quadrangulaire, quadrature ; Guadeloupe, Alguazil, Guadalquivir, Guatémala.
È C’est le son qui a le plus d’équivalents.
Ai = è dans les cas suivants :
Balai, vrai, clairon, plaisir, maison, libraire; mais, jamais, dais, frais, Cai, /allais, /irais, Français ; lait, il allait, il irait, il étudiait, il vivait ; ils donnaient, ils -allaient, ils iraient, ils étudiaient, ils vivaient ; paix, faix, portefaix.
Ei —è dans les mots :
Veine, peine, reine, seigle, baleine.
Et=è dans les mots :
Muet, objet, cadet, pistolet, mets, forêt, prêt, genêt, intérêt, protêt.
Est = è dans le verbe : il est.
Ep se prononce èp dans le mot cep.
L’é ne perd jamais sa valeur propre et il n’est jamais nul. É A aussi un certain nombre d’équivalents et se retrouve
très fréquemment sous ses diverses formes dans notre langue.
Ai = é dans les cas suivants :
J’allai, je priai, je marchai, je donnai, j’irai, je prierai, je marcherai, je donnerai.
CE = é dans les mots :
Œdipe, œcuménique, œsophage.
Ed = é à la fin des mots :
Pied, trépied, il s’assied.
Er = é dans tous les mots qui finissent ainsi :
Berger, verger, marcher, sauter, donner, frapper, poirier, pommier, abricotier, cerisier, pêcher, cahier, menuisier, serrurier, épicier, cordonnier, etc.
Ez = é à la fin des mots :
Nez, chez, marchez, venez, partez, courez, allez, etc.
E devant une double consonne se prononce é ;
Effacer, effaroucher, effeuiller; essai, essaim, essieu, essuyer, essor, effectif, essoufflé, Emmanuel.
L’é ne perd jamais sa valeur propre et n’est jamais nul. ‘A pour unique équivalent y :
Cygne, lyre, tyran, martyr, système, Hippolyte, Bayonne, Bayard, Bayeux Blaye.
Y — ii dans une foule de cas :
EU
eu fermé)
Pays, rayon, crayon, voyage, royaume, noyer, envoyer, royal, joyeux, asseyez-vous, moyen, loyal (1).
^ L’i perd sa valeur propre quand il est associé à l’a, àl’e, à
l’o, àl’n pour former les équivalents ai(è), ei (è), oi (oua), in (èn).
A pour équivalent œu dans certains mots :
Œuf, bœuf, œuvre, sœur, mœurs, cœur.
On = eu dans monsieur.
A pour équivalent œu dans divers cas :
Des œufs, des bœufs, vœu, nœud,
ai équivaut à e dans les mots :
faisons, faisais, faisan, satisfaisant, bienfaisance.
n y avait qu un ^. ro-iaume, ro-ial, lo-iauté, lo-ial.
L’e est détourné de sa valeur propre quand il est associé à ri, à l’y, au t, au r, au z, au d, ou à l’s et se prononce é ou è, et quand il est joint à m ou à n et se prononce a (Voir plus haut).
L’e est nul chaque fois qu’il est précédé d’une voyelle.
Armée, ramée, cognée, chicorée, cheminée, journée, matinée, Judée, Amédée, Galilée;
Pie, vie, joue, jolie, folie, polie, poulie, copie, chérie, toupie, monarchie, anarchie, étourderie, Marie, Julie, Amélie;
Tortue, barbue, tondue, perdue, confondue, ardue, cornue, fondue, morue, pointue ;
Jouera, saluera, nouera, louera, niera, étudiera, avouera, défiera, maniera, échouera, justifiera.
L’e est également nul dans les cas suivants :
J’ai eu,/eus, lu eus, il eut, nous eûmes, vous eûtes, ils eurent.
Surseoir, asseoir.
et dans les terminaisons en aient ou ient :
Ils jouaient, ils marchaient, ils parlaient, ife rient, ils crient, ils charrient.
L’e PLACÉ A LA FIN DES MOTS, loFsqu’ü u’ost pas précédé d’une voyelle, mérite une attention particulière que peu d’auteurs lui ont accordée (1). Beaucoup de maîtres se contentent de le négliger et de le faire négliger par leurs élèves. Mais c’est qu’il n’est pas négligeable du tout. Et ne pas lui faire la place à laquelle il a droit, c’est ôtera la physionomie de la phrase prononcée un des éléments qui doivent concourir à l’harmonie générale dont nous parlions au commencement du précédent chapitre. Or l’e muet final est si fréquent que nous ne saurions trop insister sur le rôle qu’il doit jouer.
11 est certain, par exemple, que les mois cap et cape ne se prononcent pas la même chose; de même pour les mots
(1) Nous n’en connaissons qu’un qui en ait parlé, et encore trop brièvement, c’est M. B. C., des frères de Saint-Gabriel.
mal et malle; but et butte; original, originale; banal, banale, etc.
Cependant cela devrait être, sil’e muet était absolument négligeable. Quelques maîtres, préoccupés de l’importance de l’e muet, le font résolument prononcer, à la façon des gens du peuple dans le Midi. Ceux-ci ont aussi peu raison que ceux-là.
Règle : Pour l’articulation de l’e muet à la fin des mots, les lèvres et la langue prennent la position voulue pour le prononcer, mais les cordes vocales ne vibrent pas. On entend un simple cbuchotement résultant du passage du souffle à travers les organes ainsi disposés, mais qui suffit à révéler la présence de l’e. Celui-ci, dans ce cas, est bien dénommé muet. Ex :
Pape, pipe, jupe, poule, tête, ruche, niche, rohe, fête, roche, coke, mèche, vide, avide, savate, salade, pelote, carafe, école, machine, fortune, malade, légume, pilule, salive, rigole, patate, comète, carême, tomate, écume, agate, cultive, marmite, cabane, parole, Adèle, Emile, Jacques, Jules, Gustave, Marguerite, père, mère, figure, gabare, sévère, tasse, coupe, soucoupe, butte, lutte, etc.
Il n’est fait d’exception à cette règle que pour les monosyllabes je, te, me, se, de, que, le, ne.
Lorsque l’e muet termine un mot qui est joint à un autre par un trait d’union, il doit se prononcer comme dans le corps des mots (eu fermé).
Porte-plume, porte-crayons, porte-cartes, tire-bouchon, tire-bouton, tire-bottes, porte-manteaq, porte-montre, coupe-papier, cache-nez, etc., donne-moi, montre-moi, apporte-moi, etc.
Si l’on rapproche ce que nous venons de dire de l’e muet a la fin des mots de ce que nous avons dit au chapitre précédent des consonnes 1 et n placées devant une diphtongue, on se rendra compte que les consonnes n et 1 placées
devant la diphtongue ie (e muet) ne sont autre chose que gn et ill précédant un e muet final.
ligne = 11 -1- n 4- ie , paille = pa 1 + is J vigne = vi + n -f- ie , rouille = rou 1 + i®
signe = si n + ie , bouteille — bouté + 1 -f- ie
XJ Ce son n’a pas d’équivalent, car on ne peut considé¬
rer comme tel le cas de eu se prononçant u (voir cidessus). •
L’u perd sa valeur propre quand il est associé aux voyelles a, e, œ, o, ou à la consonne n :
au, eu, œu, ou, un.
Il ne se fait pas entendre dans les mots :
j Équitation, aiguiser, aiguillon, guinée, que, qui, casque, liqueurs,
I , Jacques, etc.