A COMPRENDRE LA PAROLE PAR LES YEUX
[Réponse au Docteur C... de , N...)
' L’instituteur de sourds-muets qui professe la méthode orale, et c’est la généralité aujourd’hui, ayant à obvier à cette double affection, le défaut d’audition et le défaut de parole, peut donc être appelé, à plus forte raison, auprès de personnes atteintes seulement soit de vices graves de l’audition, soit de défauts plus ou moins marqués de la parole : aux sourds plus ou moins incomplets il donnera avec fruit un enseignement méthodique par les tubes acoustiques basé sur les observations si concluantes des docteurs Itard, Toynbée, etc. ; aux personnes atteintes d’une surdité absolue reconnue incurable, il enseignera, comme il l’enseigne aux sourds-muets, à comprendre la parole d’après les positions et les mouvements des organes qui concourent à sa production; enfin il corrigera les vices de prononciation dont sont atteints les bègues de tout genre comme il les a corrigés quand ils se sont présentés chez le sourd-muet.
Dans le cas particulier que vous voulez bien me signaler.
mon cliex’ docteur, vous avez.donc eu une excellente idée en conseillant à votre cliente d’apprendre à lire sur les lèvres : cette métliode ne date pas d’aujourd’hui, elle est mise en pratique tous les jours par mes confrères et par moi-même, et les résultats obtenus sont très probants; il est seulement regrettable que tous les intéressés ne connaissent pas ce moyen de remédier à leur pénible situation et que leurs conseils naturels, les médecins, ne soient pas tous aussi bien que vous au courant de la question.
Je n’ai pas besoin de vous rappeler les précédents historiques que l’on trouve signalés dans P. Bonet, J,-C: Amman, de Gérando et autres auteurs. Je rappellerai seulement, pour 1 édification de votre cliente, plus que pour vous-même dont la religion n’a plus besoin d’être éclairée, que l’abbé Deschamps d’Orléans avait déjà traité, en 1779, de Yéducation des personnes sourdes par accident, qui ne sont point muettes, et^ dont la guérison est regardée comme incurable par les médecins,^ et que le Schmalz a publié en 1841, à Leipzig, un traité sur 1 art de saisir par la vue les mots parlés, à l’usage des personnes sourdes, de leurs parents, des médecins et des instituteurs.
D autres travaux plus récents (1) ont repris la question qui est aujourd nui assez élucidée et assez connue des praticiens pour donner^des ^ résultats d’autant plus satisfaisants que le maître connaît mieux son art et que l’élève remplit mieux les conditions que je vais passer rapidement en revue.
Parlons du maître d’abord :
Il est nécessaire de faire appel à un maître expérimenté qui ait fait une étude approfondie des éléments phonétiques de la ^angue et qui puisse, au courant de ses leçons, attirer l’attention de son élève sur les différences qui permettent de distinguer les éléments les uns des autres.
ye maître devra, surtout pendant les premières leçons, se pmcei devant un miroir avec son élève et lui faire reproduire
sur les lévre'^ in AmmiJ i sourds par la lecture .
Tanle, TsS. ^-^4 par A. Du-