‹ Comment on se défend de la migraine et du mal de têteChapitre 3 sur 9 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Céphalalgies

Après avoir isolé Thémicrânie de la migraine et des autres céphalées, nous nous trouvons en présence de la céphalalgie proprement dite. Mais ici encore nous serons obligés de faire de nombreuses distinctions, avant de pouvoir instituer un traitetement.

La céphalalgie n’est pas, en effet, à proprement parler, une maladie, quoique dans certains cas elle soit la manifestation la plus apparente et la plus pénible, la céphalalgie n’est qu’un symptôme d’affections très diverses, et suivant les cas, réclame une thérapeutique toute différente.

Ce que j’ai dit pour la migraine est encore vrai ici, et est du reste vrai dans tous les cas, ce n’est pas le symptôme qu’il faut traiter, c’est la cause même qu’il faut aller découvrir et supprimer.

On comprendra donc qu’il importe au plus haut point de faire un diagnostic précis, de se rendre un compte exact de la façon dont la céphalalgie a pris naissance 'pour pouvoir arriver à la faire disparaître.

Certes, je ne veux pas dire par là, que l’on doive négliger de traiter la douleur lorsqu’elle se produit, surtout lorsque cette douleur, comme' cela arrive dans certains cas, semble constituer à elle seule, toute la maladie, je veux dire seulement, qu’il vaut mieux l’empêcher de se produire, et que si, comme cela arrive fréquemment, la thérapeutique s’est montrée impuissante en agissant sur la douleur ellemême, elle se montrera souvent souveraine en faisant disparaître la causé de la douleur.

Ce n’est donc pas la céphalalgie, mais bien des céphalalgies que nous avons à étudier et à soigner, nous allons voir que ce symptôme, engendré par des affections très diverses, a non seulement des façons de se manifester, variées, mais encore, Cède à des médicaments très différents suivant les cas.

Céphalalgie des Neurasthéniques. — La céphalalgie, est le plus constant des stigmates de la neurasthénie, c’est celui qui apparaît souvent le premier, et qui fait le plus rarement défaut.

Dans des cas de neurasthénie, même légère, elle prend parfois une importance considérable, et, lorsque les autres symptômes de la maladie sont peu

accusés, le diagnostic devient parfois très difficile à faire.

Cependant, un examen attentif permettra toujours d’éviter l’erreur, car la céphalée neurasthénique, quoique n’étant pas toujours absolument identique à elle-même, se présente toujours avec des caractères très accusés.

Rien ne peut donner une idée plus nette de cette affection que les images pittoresques qu’emploient les malades pour la décrire.

Charcot, avait surnommé le neurasthénique « galléatus » et en effet, beaucoup éprouvent la sensation d’un casque lourd qui comprime la tête, surtout en arrière.

Certains ressentent un cercle qui enserre le crâne, c’est l’étau circulaire, le bandeau de métal, le cercle de fer.

D’autres disent qu’ils sentent une calotte de plomb, une visière qui descend jusqu’au milieu de la face.

Enfin, ce sont les plaques frontales et occipitales, les casques de formes diverses de l’hémineurasthénie.

Parfois aussi, la céphalée est remplacée par une sensation de vide, de légèreté de la tête qui est des plus pénibles. Des bourdonnements d’oreilles, des mouches volantes viennent, dans certains cas, compliquer encore la situation.

Il n’est pas rare, ainsi que le fait remarquer Beard, de voir s’adjoindre à la douleur de tête proprement

dite, une véritable hypéresthésie du cuir chevelu.

L’intensité de la douleur est du reste extrêmement variable, parfois elle constitue une simple gêne, mais dans d’autres cas elle acquiert une intensité telle qu’elle peut induire en erreur le médecin luimême.

Rarement continue, elle est le plus souvent diurne, se manifeste dès le réveil et va progressivement en diminuant d’intensité à mesure que l’on s’avance dans la journée. On l’observe très rarement la nuit, contrairement à ce que l’on pourrait penser, étant donné que ces malades dorment en général très mal.

Souvent, après chacun des repas, se produit un moment de répit assez long.

La douleur est accrue par les 'fatigues intellectuelles, les émotions morales et les excitations sensorielles fortes.

D’après ce que nous venons de dire, le diagnostic sera relativement facile à faire. Ces caractères bien spéciaux de la céphalée neurasthénique, permettent de ne la confondre avec aucune autre. Le plus souvent du reste, d’autres stigmates de la maladie viendront confirmer le diagnostic.

On ne saurait la confondre ni avec la névralgie, nettement localisée à un nerf, ni avec la migraine dont l’hémicrânie, les vomissements et le caractère périodique sont bien particuliers.

Li cép ailée syphilitique est surtout nocturne et

s’accompagne d’autres manifestation dé la syphilis.

La céphalée hystérique a aussi des caractères bien particuliers et s’accompagne d’attaques plus ou moins complètes et des stigmates divers de la névrose .

La céphalée urémique, ainsi que nous le verrons plus loin, atteint une intensité rare dans la céphalée neurasthénique et grâce aux phénomènes généraux qui l’escortent, se reconnaît ordinairement assez facilement.

La céphalée des tumeurs de l’encéphale est aussi très violente, mais elle est continue et s’accompagne de troubles moteurs et sensitifs particuliers.

La céphalalgie des neurasthéniques est une des plus tenaces, parfois elle dure aussi longtemps que la maladie elle-même.

Une hygiène bien entendue est tout d’abord susceptible de rendre les plus grands services.

Il faut, avant tout, supprimer toute cause d’excitation, travaux intellectuels, plaisirs énervants, veilles, etc.... ; rechercher autant que possible le calme et l’air pur de la campagne. Les exercices musculaires devront être modérés et suffisants, l’alimentation substantielle, sans être excitante, les boissons alcooliques seront rigoureusement présentes.

Le mieux, de beaucoup pour le malade, est de prendre de suite une grande résolution et d’aller s’isoler dans une maison de santé.

Là, surtout, il trouvera le repos, le traitement

moral et hygiénique qui lui sont indispensables, ainsi que des séances régulières d’électricité, d’hydrothérapie et de massage, desquelles il tirera le plus grand bénéfice.

Quant au traitement médicamenteux, quinine, 1er, arsenic, etc..., il varie suivant les cas et suivant la façon de réagir des malades.

Je ne puis ici, exposer le traitement de la neurasthénie, sans sortir du cadre de ce travail, mais c’est bien la neurasthénie elle-même qu’il faut traiter.

Contre la douleur elle-même, on pourra toujours essayer les analgésiques, dont nous avons déjà parlé, mais avec beaucoup de prudence.

Un traitement qui ne peut nuire et qui, dans la céphalalgie neurasthénique et hystérique, donne souvent des résultats remarquables, est la méthode vibratoire. Bien des malades, à la suite de quelques applications du casque vibrant électrique, se trouvent débarrassés comme par enchantement d’une céphalalgie qui s’était montrée jusque-là des plus rebelles.

Céphalalgie des hystériques. — Les hystériques sont sujets à des céphalalgies variées, dont la plus fréquente est le clou hystérique, bien décrit par Sydenham, douleur sérébrante qui siège au vertex, à la tempe ou à l’occiput.

Cette variété de céphalalgie se montrant d’une façon persistante chez des jeunes filles est un symptôme à peu près certain de la névrose.

Mais, l’hystérie est'une simulatrice par excellence, et de même que ses diverses manifestations peuvent prendre le masque de symptômes observés dans des maladies très différentes, de même la céphalalgie peut simuler tour à tour la méningite, la céphalée des tumeurs cérébrales, la céphalée syphilitique, la migraine et la migraine ophtalmique.

Parfois en effet, la céphalalgie devient peu à peu horrible, elle se complique de vomissements, de constipation, d’insomnie, de délire. Le strabisme, la contracture de la nuque, l’opistotonos même, ne tardent pas à compléter le tableau de cette pseudoméningite. Heureusement tout rentre bientôt dans l’ordre, sans même laisser de traces d’une affection que l’on aurait pu croire mortelle.

Dans d’autres cas, la céphalalgie hystérique affecte la forme nocturne de la céphalée syphilitique ; dans d’autres, enfin, la persistance de la douleur et les vomissements peuvent faire penser à une tumeur cérébrale.

Mais, ce que l’hystérie simule le mieux, c’est encore la migraine vulgaire, dont elle donne le tableau le plus exact.

Rappelons à ce sujet que Charcot et Babinsky, ont décrit une migraine ophtalmique hystérique.

Les accès se montrent tantôt avant, tantôt pendant et même après la crise hystérique. Les symptômes de la migraine ophtalmique vulgaire, se retrouvent tous, scotome, céphalalgie, troubles de la vision, etc. l’hémyopie seule fait défaut.

On voit d’après ce qui précède, que le diagnostic, dans certains cas, très simple, peut dans d’autres, être assez délicat, et donner même lieu à de graves erreurs. Cependant il suffit que l’attention soit tenue en éveil pour que la recherche des stigmates et l’examen des antécédents du malade, trahissent la névrose.

Dans la migraine ophtalmique hystérique, l’attaque qui accompagne ou suit la céphalalgie fera facilement faire le diagnostic.

Le traitement de la céphalalgie hystérique, n’est autre que celui de l’hystérie elle-même.

La psycho-thérapie joue dans cette afïeçtion le plus grand rôle, et à ce sujet je ne puis mieux faire que de répéter ces paroles de Charcot : « Je ne saurais trop insister, dit-il, sur l’importance capitale que j’attache à l’isolement dans le traitement de l’hystérie où, sans contestation possible, l’élément psychique joue, dans la plupart des cas, un rôle considérable, s’il n’est pas prédominant. Il y^a plus de quinze ans que je suis fermement attaché à cette doctrine et tout ce que j’ai vu, tout ce que je vois, ne fait que confirmer de plus en plus mon opinion. »

Les toniques, les reconstituants, le fer, le massage, l’hydrothérapie, la gymnastique ont aussi une grande importante.

La suggestion, les aimants, la métallothérapie, devront être tentés. L’hypnotisme donne souvent des résultats remarquables.

Chez ces malades, on doit essayer le casque vibrant électrique, qui est beaucoup moins dangereux que l’bypnose et donne parfois d’excellents résultats.

Il faudra éviter avant tout, les causes occasionnelles très diverses, que le malade désigne lui-même, comme provoquant le retour de ses accès.

Céphalalgie des urémiques. — Dans l’urémie, la céphalalgie est un signe de la plus haute importance, tant à cause de son extrême fréquence, de son apparition précoce, qu’à cause de l’intensité extrême qu’elle acquiert dans certains cas.

La douleur de tête en effet, apparaît souvent à l’état isolé, avant toute autre manifestation de l’urémie, et, si le médecin pense à en rechercher l’origine, il pourra de suite instituer un traitement, et éviter ainsi à son client les accidents les plus fâcheux qui doivent survenir.

La douleur n’est parfois qu’une sensation vague de gêne, mais elle peut atteindre une acuité atroce, devenir la manifestation la plus tapageuse de la maladie, et par son intensité masquer lés autres symptômes.

Ordinairement elle envahit toute la tête, ou se localise à l’occiput, cependant, elle affecte parfois la forme hémicrânienne, et l’on peut alors croire à la migraine, d’autant plus que les troubles oculaires, les troubles de l’ouïe, l’obtusion intellectuelle parfois et l’insomnie viennent se surajouter à la céphalalgie.

Dans quelques cas, la céphalée urémique s’exaspère surtout le soir, et avec les vertiges qui l’accompagnent, simule à s’y méprendre la céphalalgie syphilitique.

Le diagnostic reste pourtant facile à faire, l’erreur n’èst possible qu’au début seulement, et l’examen des urines vient bientôt lever tous les doutes.

Plus tard, l’existence des divers stigmates de l’urémie attirent facilement l’attention.

Du reste, dans bien des cas, l’intensité de la douleur, le faciès particulier du malade suffiront pour faire penser à l’urémie.

En présence d’une céphalalgie continue et intense, c’nst toujours le devoir du médecin de faire l’analyse des urines, car ainsi que nous l’avons déjà dit, la céphalée est souvent un avertissement précieux.

Ce qui domine le traitement dans l’urémie, dit Jaccoud, c’est le lait. Le régime lacté est aussi le remède fondamental de la céphalalgie urémique.

Ce régime devra être aussi absolu que possible, et suffisamment prolongé.

Dans les cas qui ne sont pas trop graves, pourtant, les féculents, les légumes, les fruits, quelques viandes blanches même, doivent être autorisés.

Par contre, les alcools seront sévèrement proscrits, le vin lui-même ne sera pris que coupé avec de l’eau de Vichy.

Les fonctions de la peau seront assurées par les bains, le massage et les frictions.

La saignée calme généralement très bien la céphalalgie urémique. Dans les cas moins graves, où l’on jugerait qu’une saignée générale n’est pas indiquée, l’application de sangsues derrière l’oreille suffit pour faire disparaître la douleur de tête.

Je n’ai pas ici à insister sur les divers médicaments, tels que: caféine, digitale, etc., parfois nécessaires pour combattre les divers accidents de l’urémie.

Céphalalgie des syphilitiques. — La céphalée ne fait, pour ainsi dire, jamais défaut dans la période secondaire de la syphilis. Elle se montre rarement d’une façon continue, et le plus souvent se manifeste par accès.

La caractéristique de ces accès, c’est qu’ils sont surtout nocturnes.

La céphalalgie dure en général toute la nuit, avec exagération momentanée, pour s’affaiblir le matin et disparaître ensuite.

La douleur prédomine au front dans la plupart des cas. Parfois, assez faible, elle ne devient pénible que par sa continuité, les accès pouvant se produire tous les soirs pendant plusieurs semaines.

Dans d’autres cas, dit Fournier, elle est assez intense pour mener jusqu’au délire.

La syphilis héréditaire tardive se manifeste aussi souvent chez les enfants et chez les adolescents, par une céphalalgie paroxytique et nocturne, dont l’origine est bien souvent méconnue.

Ces caractères de paroxysmes nocturnes doulou-

reux feront facilement faire le diagnostic que viendront confirmer l’existence de lésions secondaires ou tertiaires, ou les stigmates de la syphilis héréditaire.

Au cas où l’on aurait quelques doutes sur la nature syphilitique de la céphalalgie, la meilleure façon de les lever serait peut-être encore d’instituer le traitement spécifique qui agit, admirablement dans ces cas.

Il est en effet absolument inutile de recourir aux analgésiques qui ne donnent que des résultats imparfaits et momentanés, la meilleure, la seule façon rationnelle de faire cesser la douleur et de rétablir le sommeil, c’est de s’adresser au mercure et à l’iodure.

Je n’ai pas à donner ici la façon de prendre ces médicaments.

Si un syphilitique est atteint de céphalalgie, qu’il aille trouver son médecin, celui-ci, grâce à la médication spécifique, aura tôt fait de faire disparaître la douleur.

Céphalalgie des adolescents. — Les adolescents, • comme les personnes âgées, peuvent être sujets naturellement à toutes les sortes de céphalalgies.

Cependant, il en est quelques-unes qui leur sont plus particulières.

Nous avons déjà vu que chez eux la syphilis héréditaire tardive est souvent cause de céphalée, mais oe n’est pas à cette sorte de douleur de tête qu’on

.donne généralement le nom de « céphalée des adolescents ».

On nomme ainsi une céphalalgie qui siège sur le front, et qui est attribuée par certains àla croissance, par d’autres au surmenage scolaire.

Cette douleur, qui constitue en. apparence toute la maladie, est d’une extrême fréquence dans la jeunesse et guérit d’elle-même avec l’âge.

Cependant, il est encore une variété de céphalée des adolescents, dont il importe de faire le diagnostic, c’est la céphalalgie périodique connue sous le nom de « migraine des écoliers ».

Nous nous trouvons ici en présence d’une véritable intoxication chronique par l’oxyde de carbone. Dans des locaux trop petits, mal aérés, chauffés par des poêles défectueux, l’empoisonnement se produit lentement, se traduisant bientôt par le symptôme le plus constant de l’intoxication par l’oxyde de carbone, la céphalalgie. Bientôt lui fait suite une anémie qui, à cet âge, peut avoir les effets les plus redoutables..

Ainsi que l’indique son nom, la migraine des écoliers affecte la forme périodique et les allures de la migraine, avec pesanteur à la région frontale, et constriction desdempes.

Dans les cas de syphilis héréditaire, c’est le médicament spécifique que l’on doit employer.

La céphalalgie de croissance est justifiable des analgésiques, mais guérit d’elle-même au bout d’un certain temps.

Quant à la migraine des écoliers, il est de toute nécessité pour la faire cesser, de ne plus exposer les enfants au poison, et, pour cela, les précautions les plus rigoureuses doivent être prises dans les écoles.

La vie au grand air, le fer et les toniques aideront puissamment à la guérison.

Céphalalgie liée à un mauvais état des voies digestives. — La fréquènce de la céphalalgie, dans les maladies chroniques et aiguës du tube digestif, est telle que l’on peut sans crainte affirmer que plus de la moitié des céphalées ne reconnaissent pas d’au très causes.

Certains auteurs croient même qu’un mauvais état des voies digestives suffit pour produire la migraine vraie.

Sans aller aussi loin, nous devons reconnaître que les gastrites aiguës et chroniques, l’embarras gastrique, même léger, entraîne le plus souvent des céphalalgies parfois Irès rebelles et très persistantes. Ce n’est pas toujours, du reste, dans les affections les plus graves que la céphalalgie est des plus intenses; l’ulcère et le cancer de l’estomac donnent rarement une douleur de tête comparable à celle occasionnée par certaines dyspepsies à forme nerveuse.

L’on ne N peut juger donc, de la gravité du mal d’apres l’étendue de la douleur.

Il est, entre toutes, une affection qui a le triste privilège de produire la céphalalgie, c’est la consti-

pation. Si la céphalalgie est plus fréquente chez la femme que chez l’homme, c’est à elle qu’on le doit.

Le premier symptôme de la constipation étant la rareté des selles, le second est la céphalée, qui s’accompagne parfois çle vertiges, de tristesse et d’insomnie.

Chez les malades naturellement constipés, l’on voit parfois revenir la céphalalgie à intervalles réguliers, et cette intermittence peut faire croire à la migraine.

Dans les cas de maladies d’estomac, le médecin seul peut prescrire les médicaments nécessaires.

Il n’est pas de céphalalgie plus facile à soigner que celle liée à un état sabural des voies digestives ; le plus souvent un simple purgatif donnera les résultats les plus complets. On devra s’adresser de préférence aux purgatifs salins, l’eau de Carabana par exemple, 1 verre à bordeaux, qui contient une forte quantité de sel sous un petit volume.

Dans la constipation habituelle, on prendra le même médicament à dose laxative (1 verre à Madère).

Céphalalgie dans quelques autres cas. — Nous avons étudié jusqu’à présent les cas- où la céphalalgie présente une certaine durée, et' dans lesquels, alors même qu’elle ne constitue qu’un symptôme, celui-ci est relativement assez important pour être traité pour lui-même.

Cependant la céphalée se montre encore et même

parfois avec une intensité extrême dans bien des cas.

Dans les méningites et dans l’encéphalite aiguë, par exemple, lancinante, martelante, continue et paroxystique, elle est d’une violence telle qu’elle arrache des cris au malade, elle se montre des plus rebelles aux agents thérapeutiques. Le diagnostic est en général facile à faire : on ne pourrait guère la confondre qu’avec certaine forme de céphalalgie hystérique? ainsi que nous l’avons vu plus haut.

Dans les affections organiques de l’encéphale, la céphalalgie est aussi de règle. Elle est parfois vio lente, accompagnée de vertiges et de vomissements; mais, les troubles de la motilité et de la sensibilité générale et spéciale, les troubles intellectuels mettent vite sur la voie du diagnostic.

Dans les tumeurs du cervelet, la douleur est aussi parfois atroce ; elle siège surtout à la région occipitale comme dans la céphalée syphilitique, et comme elle, est le plus souvent nocturne.

Les autres symptômes qui accompagnent les tumeurs du cervelet, serviront à faire le diagnostic différentiel. Au cas de doute, le traitement spécifique tranchera la question.

On comprendra facilement que dans des cas aussi graves que ceux que nous venons de citer, il ne sera même pas question souvent de traiter la céphalalgie, la morphine sera pourtant parfois d’un grand secours.

Dans certaines intoxications, la céphalalgie prend une importance considérable .

Elle est le premier symptôme de l’intoxication aiguë par l’oxyde de carbone et évite souvent la mort aux intoxiqués en les avertissant du danger qui les menace.

Nous l’avons vu dans la migraine des écoliers prendre une forme caractéristique.

On la retrouve encore dans les intoxications : saturnine,, pbosphorée, par le sulfure de carbone, par l’opium, par le tabac, dans les intoxications alimentaires, etc.....

Le meilleur remède, dans tous ces cas, est naturellement la suppression du poison. .

Dans les maladie infectieuses, la céphalalgie est aussi très fréquente, surtout dans les formes ataxoadynalniques de ces affections. On la retrouve dans la variole, la scarlatine, la rougeole, la suette miliaire, le paludisme, la fièvre jaune, la peste, l’érysipèle.

Mais c’est surtout dans la grippe et dans la fièvre typhoïde, qu’elle acquiert une importance considérable.

Dans cette dernière affection, elle constitue le symptôme le plus précoce ; elle s’accroît progressivement avec la température, constituée par une sensation de pesanteur que le moindre effort exagère et transforme en douleur violente. L’hypéresthésie du cuir chevelu et les névralgies diverses, viennent encore rendre cet état plus pénible.

Les bains froids et les affusions froides qui sont d’un si grand secours dans la fièvre typhoïde, agissent de la façon la plus efficace sur la céphalalgie elle-même.

Enfin, le mal à la tête paraît quelquefois lié à l’anémie, dans ce cas, c’est aux reconstituants que l’on doit s’adresser.

Partant de ce principe qu’il vaut mieux guérir que de soulager, nous avons été des plus réservés dans l’emploi des analgésiques. Cependant, il est des cas. où la cause de la céphalalgie nous échappe, il en est d’autres où il importe de soulager d’abord, quitte à guérir ensuite, on devra s’adresser alors aux médicaments que j’ai déjà cités à la fin du premier chapitre sur la migraine.

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