MÉTALLURGIE ET MÉCANIQUE
Acier
Aluminium
Rails
Tubes, fils de machines
Cuivre
Zinc
Etain
1926 renouvelé en 1933 ; 1926 encore en vigueur ; 1926 »
1926 dissous en 1932 ;
1928 dissous en 1934 ;
1929 encore en vigueur ;
etc...
Ces ententes ont revêtu les formes les plus diverses telles que les a révélées l’expérience; elles ont tracé une voie sur laquelle on peut s’engager avec sûreté. Elles ont mis de l’ordre pour quelques produits, sur certains marchés nationaux. Elles ont obligé certaines industries internationales à tenir compte des progrès scientifiques et à se concerter pour leur application autant que pour apporter un peu de stabilité dans leurs échanges et dans leurs rapports avec la main-d’œuvre.
Les ententes industrielles ont été maintes fois définies. Si ces définitions correspondent à la réalité des faits, ce que nous allons voir ultérieurement, elles établiront nettement la nécessité des ententes. En voici deux, choisies parmi une série d’autres, que nous avons retenues parce qu ’elles nous ont paru particulièrement explicites.
« Les ententes sont des associations entre des entreprises indépendantes de la même branche ou de branches analogues, créées en vue d’une amélioration des conditions de la production ou de la vente.
« Les ententes, raisonnablement entendues, ne sont pas faites pour
établir un monopole, mais pour diminuer, dans une certaine mesure, la concurrence superflue et exagérée ce qui, finalement, est conforme à l’intérêt général.
M. LAMBERT RIBOT, représentant patronal français au B.I.T. nous dit :
« Les ententes sont des accords nationaux ou internationaux passés entre producteurs en vue de réglementer la concurrence afin de la mettre en harmonie avec les besoins du marché...
Elles ont pour objet le maintien d’un équilibre normal entre la production et la consommation, la stabilité du marché et la régularité du travail. »
Dans l’état présent de désordre universel, les ententes industrielles sont donc un élément d’ordre et sont par conséquent nécessaires, si elles peuvent apporter un remède appréciable aux excès de production.
Les ententes industrielles peuvent-elles apporter un remède appréciable aux excès de production?
On peut répondre à cette question par l’affirmation sans aucune hésitation. Le but principal d’une Entente Industrielle, son intérêt même, sont de maintenir l’équilibre entre la production et la consommation.
Une production saine doit toujours s’efforcer d’équilibrer les marchés.
Mais, pour y parvenir, le régime de la libre concurrence a des moyens moins puissants que le régime de l’Entente Industrielle. Sous le premier, chaque industriel agit isolément, sans savoir ce que fera son voisin ; sous le second, au contraire, les décisions sont prises en commun et dans un sens uniforme.
Pour adapter la production à 1a. consommation, une entente industrielle dispose d’éléments d’information étendus qui lui permettent non seulement d’assurer une bonne marche technique et un bon prix de revient, mais de suivre aussi une bonne politique de la production.
Si elle est internationale une entente peut déduire les tendances économiques pour chacun des produits de sa fabrication et prévoir approximativement la consommation d’après son service statistique ramifié dans tous les pays, service qui indiquera l’augmentation des stocks ou le ralentissement de telle ou telle branche d’activité.
En raison de la discipline qu’elle impose, une Entente qui ne donnerait pas à ses adhérents des avantages certains serait vouée à l’échec. Chaque adhérent est tenu en effet, de se soumettre à un contrôle rigoureux qui comporte de lourdes sanctions en cas d’infractions aux règles établies. Mais, les avantages qu’il en retire sont de première importance et peuvent se résumer ainsi : meilleure utilisation des installations, réduction des stocks et du matériel de réserve; économies sur les fra's
de fabrication, sur les frais d’études et de recherches; sur les frais de transports et de distribution, extension des débouchés, assurance de vendre à un prix limite.
La secondé critique : fléchissement du souci d’améliorer la fabrication, n’est pas davantage fondée. En effet, chaque producteur garde entièrement pour lui le bénéfice des économies réalisées sur son prix de revient, et cela seul lui serait un stimulant suffisant pour le réduire !
D’autre part, s’il veut être en bonne posture pour défendre sa position à l’heure d’un renouvellement de l’Entente, ou pour le cas où celle-ci ne serait pas renouvelée, il a intérêt à tenir constamment sa fabrication à la hauteur du progrès.
Plus encore, le progrès nécessite des transformations de matériel et d’outillage très coûteuses. Dans l’état de concurrence anarchique, l’industriel ne se risque pas à ces transformations car les prix de vente sont sans rapport, avec le prix de revient. L’abaissement de prix provoqué par ses installations serait inférieur à la diminution qui serait faite par un de ses collègues travaillant en dessous du prix de revient.
Au contraire, sous le régime de l’organisation, le matériel installé profite immédiatement à l’industriel qui n’a pas à craindre les prix de vente absurdes. L’emploi de ce matériel se généralise ensuite,.amenant un progrès général au lieu de la ruine du novateur.
Les arguments employés pour répondre à la seconde critique s’appliquent aussi à la troisième. Chaque producteur est obligé de conserver et de multiplier sa clientèle pour le cas 4 où l’entente cesserait et il doit nécessairement pour cela surveiler son prix de revient aussi bien que la qualité de sa fabrication, ce qui lui serait impossible en méconnaissant les progrès techniques.
Si nous analysons maintenant les avantages, nous constatons d’abord que la répartition des commandes faites par l’entente permet au producteur de régler avec plus de sûreté le volume de sa production, de mieux utiliser son installation, de réduire ses stocks et son matériel de réserve ou de secours, de mieux prévoir aussi son approvisionnement en matières premières, réduire enfin le nombre de ses modèles et de ses qualités quand 1 ’Entente est de longue durée.
La loi de la jungle, elle, accentuera le chômage et la dépression et fera monter une clameur inévitable de la population mécontente.
L’individualisme intégral a fait son temps, il ne paraît plus conciliable avec les nécessités économiques modernes et il est urgent que la production s’impose d’elle-même, par voie d’ententes volontaires, les réglementations qui conviennent le mieux à son économie.
Ce n’est que par l’organisation des forces collectives qu’on perfectionnera les méthodes et qu’on mettra au point les moyens et les bases d’action.