C’EST LA VIE CHERE ET LA FIN DES EXPORTATIONS
Le programme de demain sera d’intégrer les nationalismes moraux dans 1 Internationalisme des intérêts. Voilà La paix économique et la vérité.
L’entente remettra de l’ordre dans le désordre sur le marché national, il faut d’abord balayer devant sa porte. L’entente nationale peut seule permettre ensuite les ententes douanières ou accords internationaux permettant le retour progressif au libre-échange, donc à la reprise de l’exportation.
Les ententes bien comprises assurent également à leurs adhérents des économies sérieuses de fabrication par l’échange de tours de mains, par la mise en commun des brevets, par la communication des expériences réciproques, par les études et les recherches entreprises à frais communs.
D’autre part, les ententes peuvent réaliser dans l’organisation de la vente des économies non moins appréciables en standardisant certaines marchandises, en établissant des accords sur les prix et conditions de vente et de livraison, des bureaux communs de vente et une publicité commune.
La prospection des marchés extérieurs peut être faite aussi d’après un plan concerté et, enfin les transports inutiles et coûteux sont supprimés ou réduits par la répartition géographique des commandes.
Quelques exemples :
L’I.Gr. Farbenindustrie et la Standard Oil ont fait ensemble leurs recherches sur l’hydrogénation des Charbons et sur la fabrication de l’essence synthétique exploitant ensuite de concert les procédés découverts. Résultats : Economies considérables.
D’une déclaration faite par M. DONAT A GACHE, Président de la Société Française Kublmann dans VAgence Economique et Financière, le 4 janvier 1928, il ressort que la vente concertée entre cette société et l’I.G. pour les colorants a réduit de 33 à 15 % les frais de distribution.
Une des critiques les plus fortes et les plus tenaces contre les ententes est celle qui a trait aux possibilités de hausse préméditée des prix de vente dont les consommateurs feraient les frais.
Les faits réduisent à néant cette critique. On peut dire, au contraire, que les prix contrôlés par les Ententes se caractérisent par leur stabilité, par leur modération et par leur uniformité.
Il est possible qu’à l’origine, une Entente ait besoin de ramener à un niveau normal des prix qui ont fléchi du fait de circonstances anorma-
les : surproduction prolongée, fermeture soudaine des marchés, dépression générale, etc... Elles ne le font, en général qu’avec modération, car tout excès a pour conséquence de susciter des outsiders qui redonnent bien vite à la concurrence son âpreté ou de provoquer la création de produits de remplacement qui réduisent la. consommation et amènent la baisse des prix.
Dans les ententes bien dirigées, les prix sont fixés en fonction du bénéfice que pourrait réaliser une industrie nouvelle utilisant des capitaux en quête d’emploi. Ce bénéfice doit être évalué de telle sorte qu’il ne pousse pas à la. naissance de concurrents individualistes.
En fait, les ententes rationnelles ont presque toujours amené une baisse des prix de vente ou ont contribué à les stabiliser.
Quelques exemples encore :
Le cartel des lampes électriques à incandescence a permis par sa politique de standardisation et de sage utilisation des progrès techniques, d’abaisser de 50 % les prix de vente.
Le cartel de 1 ’aluminium a débuté par une baisse des prix de vente qu’il a renouvelée quatre fois depuis six ans.
Les comptoirs de la métallurgie française ont, pendant la période exceptionnelle d’activité qui a marqué les années 1928, 1929, 1930, maintenu les prix pendant plusieurs phases de dix mois pour la. fonte; pendant neuf mois, puis quinze mois pour les demi-produits; pendant vingt et un mois pour les poutrelles et fils de machine; pendant deux ans pour les rails. Depuis, ces produits ont subi des baisses successives et importantes : les poutrelles de 700 francs à 550 francs la tonne; les blooms de 590 à 340 francs. Durant la même période, des produits dont la vente était libre, comme les barres marchandes, ont été en état de variation continue.
Le prix des engrais potassiques, enfin, a été maintenu durant trois années au même niveau.
Tous les graphiques officiels indiquent d’ailleurs pour les produits à vente contrôlée par les ententes, des courbes à longs paliers pour les périodes normales, et des dents de scie dont les arêtes suivent, en les amortissant, les fluctuations générales d’un marché déprimé.
On peut donc dire que les Ententes ont finalement pour résultat de stabiliser le pouvoir d’achat du consommateur.
Quant à celles qui ont eu pour politique une hausse spéculative des prix, elles ont abouti à de retentissants échecs, témoin le cartel du cuivre, qui s’est effondré en 1932.
L’uniformité des prix, qui est aussi une règle des Ententes bien conduites, n’est pas moins favorable aux consommateurs d’un même produit qui s’approvisionnent ainsi dans des conditions identiques.
Les ententes agissant avec discipline, sont de fidèles observatrices
des lois sociales et servent à cet égard l’intérêt public.
En permettant de réduire les fluctuations des marchés et la gravité des crises, elles arrivent à maintenir à la main-d’œuvre qu’elles emploient une plus grande stabilité que les entreprises isolées. Il est évident aussi qu’elles garantisent mieux la stabilité des salaires que ne peut le faire une situation industrielle déréglée.
C’est là plus qu’il n’en faut pour leur assurer la sympathie d’un Etat normalement dirigé.