in ki-ib-ra-tim u-sâ-te-ru-su
Col. I, 1-49. Anu et Enlil (Bel) , au moment même où ils conférèrent à Marduk une royauté éternelle sur Babijlone et les réglons vassales, appelèrent Hammurabi à faire luire le droit dans ces pays.
Le prologue du C.H. comprend trois parties, dont l'enchaînement est logique. Tout d'abord le grand' monarque manifeste sa vocation divine de faire luire le droit sur Babylone et les régions vassales I, 1-49 ; ensuite il fait son autopanégyrique pour montrer combien le choix des dieux était justifié I, 50-V, 13 et enfin il dit qu'il s'est acquitté de sa bienfaisante mission V-13''-25.
1-2. C'est par Anu que Hammurabi commence son code, c'est à ce dieu qu'il attribue en premier lieu la \"Ocation de Marduk et la sienne 45-50, enfin c'est Anu qu'il adjure en premier lieu de châtier tout contempteur de son code XXVIr 45-52. Ainsi qu'y font allusion les épithètes et les prérogatives que H lui donne, soit ici, soit dans l'épilogue, Ànu occupe la place suprême dans le panthéon alikadien. Il est le dieu « élevé », « grand » par excellence. Il est à la fois le « roi » et le « père » des dieux. Son nom vient du sumérien an qui signifie ciel. Et c'est parce que Anu était à la fois le père des dieux et le dieu du ciel que son nom est exprimé par l'idéogramme qui signifie à la fois le ciel et la divinité : an (sum), il « accadien » Avec Enhl (Bel) et Enki (Ea), il forme la triade suprême.
En général les Anunnaki et les Igigi sont des divinités inférieures par opposition aux grands dieux. Tel est le sens des Anunnaki dans l'épilogue Col. XXVIllr 73-74. Les Anunnaki désignent les dieux terrestres et les Igigi les dieux célestes. Mais ici nous pouvons conclure du paralléhsme « père des dieux » XXVIv 4G, que Anunnaki signifie tous les dieux. Cf. comm. XXVIllr 73-74.
3-7. Le second de la triade suprême est Enlil en sum, Bel en akkad. Ici Ham. lui attribue conjointement avec Anu la vocation de Marduk et la sienne. Dans l'épilogue, il l'adjure d'abord, après Anu, de maudire tout contempteur de sa stèle, et, tout à fait à la fin, de consacrer les malédictions des autres dieux, col. XXVIL 53-80 et XXVIllr 84-91. Enlil est caractérisé ici comme « seigneur des cieux et de la terre ». Plus tard, on lui attribua comme domaine la terre, tandis qu'on réserva le ciel à Anu et l'eau à Enki (Ea). Une autre prérogative d'Enlil c'était de fixer les destinées des peuples et des individus. C'est tout à fait à propos que Ham. mentionne cette prérogative au sujet de vocation, dans le prologue, et en vue d'attirer un mauvaissort à ses ennemis, dans l'épilogue. A ce même endroit, H rappelle que les ordres de Bel étaient immuables XXVIr 55-56. Il portait sur lui les tablettes du destin. Il était honoré surtout à Nippur, et son temple était l'E Kur (maison de la montagne). Si l'on se souvient du rôle tout ù fait terrible de Bel dans le Déluge babylonien, on ne sera pas étonné que H sollicite de lui une malédiction tout à fait terrible contre ses ennemis, cf. comm., épilogue XXVIr 53-80.
8-10. Marduk était le fils aîné d'Enki (Ea). Il vainquit la déesse révoltée Tiamât. Il créa l'univers, ir fit les hommes avec son sang. Poème de la Création, lab. III, Il 113 ss ■ — VI, Choix de lexUs religieux assyrobabyloniens, Dhorme, pp. 39 ss et Cosmogonie chaldéenne, ibid., pp. 82-89. Participant à la sagesse de son père Ea, lui-même devint le dieu de la sagesse. Ham. parle ici de Marduk uniquement pour dire que Anu et Enlil l'instituèrent dieu de Babylone. Comme ces mêmes dieux appelèrent Ham. à la royauté de Babylone, Marduk fut le dieu national de ce monarque. Dans la suite du prologue et de l'épilogue, nous constaterons que H manifesta le plus grande piété envers sa divinité nationale II 7-12, XXIVv G7-69, 89-XXVr 2, 25-33, 41-58.
En-ki « seigneur de la terre » fut identifiée de bonne heure avec E-a (maison de l'eau). Cette divinité était maîtresse du fleuve, qui entourait la terre, Vapsu. C'était le dieu de la sagesse suprême, auquel on s'adressait pour connaître l'avenir au moyen des incantations. Quelquefois, il fut considéré comme le créateur de l'humanité. On le surnommait le dieu potier, car les Chaldéens croyaient que les hommes avaient été formés d'argile par lui. Son lieu de culte préféré était Eridu, la ville la plus méridionale de la Clialdée, sur le bord du golfe Persique, cf. I, 64-11, 1. Son temple, situé dans cette ville s'appelait E-ZU-AP, c'està-dire maison de l'apsu, c'est-à-dire du fleuve entourant la terre et aboutissant à Eridu. Dans l'épilogue, Ham. fait allusion à la sagesse que Enki lui a départie XXIVr 26-27. Dans les malédictions, Enlil vient