‹ Commentaire du Code d'Hammourabi [microform]Chapitre 125 sur 250 · il pèsera un tiers de mine d'argent · texte numérisé non relu

il pèsera un tiers de mine d'argent

55-59. Si le médecin a fait à un homme une blessure grave avec le poinçon

de bronze (bistouri) et a guéri cet homme, 60-64. ou s'il a ouvert la taie (ou : cataracte) d'un homme avec le poinçon

de bronze et a guéri l'œil de cet homme, 65-66, il prendra dix sicles d'argent.

le médecin asu est « celui qui connaît l'eau ». Cette étymologie s'explique parce que primitivement, pour la guérison des malades, on recourait au devin bârû « celui qui voit, regarde ». Pour se prononcer, celui-ci observait « l'huile sur l'eau ». D'où le bârû était appelé NI-ZU « celui qui connaît l'huile » ou A-ZU « celui qui connaît l'eau ». Or c'est ce second nom idéographique qui fut donné au médecin. Cf. Dhorme, La Religion assyro-babylonienne, pp. 294, 295. « Les anciens Sumériens nommaient le médecin azti, c'est-à-dire celui qui connaît l'eau, ou iazu « celui qui connaît l'huile ». Puisque ces mots sont aussi usités communément pour le voyant et l'écrivain, leur signification originelle provient de la divination par les coupes, et non de la manipulation de l'eau et de l'huile comme remèdes. Les Babyloniens et les autres peuples sémitiques plus tard ont transporté le mot âsu dans leur langue et l'ont réservé au médecin. » Meissner, Babylonien und Assyrien II, p. 284.

Le long chapitre XIX consacré à la médecine dans le second volume de Babylonien und Assyrien, pp. 283-323, réunit les nombreux renseignements que l'on possède sur la médecine assyrienne et babylonienne. Ils proviennent de traités médicaux ou en lettres relatives à des malades datant des époques néo-assyrienne et néo-babylonienne. Il en est de même des Prescriptions médicales assyriennes pour maladies d'estomac — contre le poison — pour maladies de poitrine et des poumons dont Campbell Thompson a fait paraître les traductions dans la Revue d'Assyriologie XXVI (1929), p. 49 ss, XXV II (1930), p. 127 ss, XXXII (1934), p. 1 ss. Il n'y a que peu de copies hittites d'originaux babyloniens trouvées à Boghazkoï, qui datent du XIII» s. av. J.-G. Aussi n'a-t-on que des renseignements indirects, notamment ceux du C. H. pour prouver que les études médicales avaient été entreprises beaucoup plus tôt. Cf. Meissner, B. u. A., II, pp. 291-292, 317-318. De plus à l'heure actuelle, nous ne possédons qu'un très petit nombre de textes en écriture cunéiforme concernant l'activité opératoire du médecin mésopotamien. Le nombre de ces rares données vient d'être augmenté par B M 55547 = CT XVII 50, connu sous le nom de « Légende du ver ». D'après ce document, pour guérir du mal de dent, on prononçait une incantation contre le ver (c.-à.-d. le nerf) et on l'enlevait en enfonçant une aiguille dans la dent creuse, cf. David, Une opération dentaire en Babylonie, R A 0, XXV (1925), p. 95. Au dire de Meissner, le C. H. est le seul document connu qui nous apprenne que le médecin intervenait parfois avec le couteau ou poinçon de bronze.

Les soins donnés aux malades sont divisés en deux catégories : ceux qui exigeaient l'usage du couteau de bronze §§ 215-220 et ceux où on ne recourait pas à cet instrumeiït. §§ 221-223.

A. Opérations avec le couteau de bronze §§ 215-220

L'instrument avec lequel opérait Vasu, est désigné par les signes GIR NI que l'on traduit par poinçon, couteau d'opération, bistouri. Gomme les fouilles n'ont pas encore livré des instruments de cette nature, il est impossible d'identifier sûrement le gir-ni. Puisque l'on s'en servait pour l'œil, il devait être assez délicat. Les signes sumériens UD KA BAR auxquels on donnait la valeur sémitique siparrum « bronze » indiquent la matière de cet instrument.

Dans les §§ 215 et 218 le législateur envisage deux opérations faites avec cet instrument en bronze. Au lieu de préciser la nature de la première, le rédacteur a simplement indiqué son effet : une blessure ou plaie grave. Nous sommes mieux renseignés sur la seconde opération : il s'agissait de guérir les yeux, et pour arriver à ce résultat, on ouvrait ip-te. Mais l'incertitude sur le sens du mot na-kab-ti empêche de savoir ce que le médecin ouvrait. Scheil pense qu'il s'agit « d'une taie ou d'une cataracte ». Ungnad propose une « fistule lacrymale). Meissner pense que c'est la tempe qui était ouverte. Quoi qu'il en soit on sait qu'en Orient les ophtalmies sont fréquentes et variées. Aussi ne sommes-nous pas étonnés de constater que Hammourabi a légiféré sur les opérations aux yeux.

Le danger que présentaient les opérations à cette époque devait inciter les médecins à y recourir rarement et seulement pour des cas bénins. Toutefois ces petites opérations n'allaient pas sans risque. C'est pourquoi le législateur envisage le succès §§ 215-217 et l'insuccès de l'opérateur §§ 218-220. Dans le premier cas il fixe les honoraires du médecin et dans le second ses châtiments.

a. Honoraires en cas de succès §§ 215-217 ub-ta-al-li-it à la forme intensive signifie « fait vivre, guérit ». Les honoraires du médecin, qui a réussi l'opération sont proportionnés à la classe sociale du malade. § 215. pour un homme libre.

Dix sicles d'argent équivalaient au sixième d'une mine, soit à 84 grammes.

208 COMMENTAIRE DU CODE d'hAMMOUJEIABI

67. Sum-ma mar MUS EN KAK (muskenim) 68-69. 5 siqil kaspim i-li-qi

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