mon intelligence n'a pas de pareille
B. Vœux en faveur de sa loi, de ses reliefs el de son nom 84-XXVt 2
84-88. Par l'ordre de Samas, le grand juge des cieux et de la terre, que mon
droit resplendisse dans le pays !
89-92. par la parole de Marduk, mon Seigneur, que personne n'écarte mes
reliefs (n'efface mon image) !
93-XXV 2. dans l'Esagil, que j 'aime, que mon nom soit toujours commémoré
avec bienveillance (avec des bénédictions) !
le troisième à son nom, c'est-à-dire à sa personne. Nous pensons qu'il y a une gradation descendante dans ces trois souhaits.
La symétrie se remarque aussi dans les idées particulières et la construction des divers membres de la phrase. Chacun des trois vœux débute par l'invoc'ation d'une divinité ou d'un temple ; puis des sentiments de vénération ou de piété accompagnent les noms des dieux ou du temple ; finalement l'objet du vo&u est exprimé. Observons que le verbe termine toujours la phrase.
A partir de la 1. 81 jusqu'à la fin de la colonne 94, le texte se retrouve avec quelques variantes sur le fragment assyrien m-Bu 91-5-9, 221 col. III recto.
84-88. En faveur de son droit misarum, H. souhaite qu'il brille, c'est-à-dire qu'il resplendisse dans tout le pays ! Au prologue il avait dit dans les mêmes termes qu'il avait reçu d'Anu et d'Enlil la vocation « de faire briller le droit sur le pays ». I 32-34. Mais ici H, au lieu de se prévaloir d'Anu et d'Enlil, fait appel à Samas. Ce dieu a été déjà mentionné au prologue : I 40 et V 4, 5 où H dit qu'il luit comme le soleil, l'astre de ce dieu ; II 35, à propos des réparations faites à son temple et II 23 « écoutant le puissant Samas ». Il en sera encore question XXVr 97-98 « c'est moi auquel Samas a fait présent des lois » ; XXVIr 14-17 prière de protéger l'admirateur du code ; XXVIIr 14-40. Dans ce dernier texte, Samas est appelé, comme ici, « grand juge du ciel et de la terre » 14-19. Du présent texte et de XXVIr 14-17, il résulte certainement que l'on attribuait à Samas un pouvoir spécial sur le droit et par conséquent sur le code de H. Du bas-relief de la stèle, on pourrait conclure que le Samas a dicté ses lois à H. Les textes II 23 et XXVr 97-98 semblent confirmer cette interprétation. Cependant rien n'est moins sûr que cette opinion. H ne dit nulle part qu'il a écrit ses lois sous la dictée de Samas ; au contraire, il parle du code comme de son œuvre personnelle. Cf. XXIVr 59-78, I 32-39, V 14-25.
Sur le fragment assyrien m-Bu 91, l'addition du nom de Ramman à celui de Sanias a entraîné certaines modifications. En effet au lieu du texte des 11. 84-88, le document assyrien offre : i-na ki-bi-il (ilu) Samas u (ilu) Ramman da-i-nu di-num pa-ri-su pu-ru-us-si-e di-e-ni li-ië-te-bi que nous traduisons : « par l'ordre de Samas et de Ramman, qui jugent le jugement qui décident les décisions, que mes jugements resplendissent ». Le texte de la stèle est primitif, puisqu'il est beaucoup plus ancien que celui du fragment assyrien. Néanmoins ce dernier document est intéressant parce qu'il nous montre que Ramman (Adad), qui était essentiellement le dieu du tonnerre et de la pluie, était associé à Samas, dans un rang secondaire, comme dieu des Oracles et des décisions juridiques.
89-92. Le second vœu de H est relatif à son image sculptée en relief au sommet de sa stèle, u-zu-ra-iu, dérivé de jsr « former, figurer ». Il souhaite que personne ne la fasse disparaître ; « qu'il n'y ait personne éloignant », mu-Sa-zi-kam participe à la forme causative de msk. Plus loin H adresse à ses successeurs un ordre pareil XXV, 73, 74.
On conçoit que le roi de Babylone ait attaché une grande importance à la conservation de son image au sommet de la stèle du code. Tout portrait prête une certaine survie à la personne qu'il représente. H comprenait donc qu'il serait mieux connu, mieux aimé et mieux remercié par la postérité, qui utiliserait son code, tant qu'elle pourrait contempler les traits de son visage.
L'exécution de ce vœu pour la conservation perpétuelle de son image, H en confie le soin à Marduk, son dieu national, l'auteur de sa vocation V 14-19, XXIVr 13, 14 et par conséquent « son seigneur » II 8, 9.
93-XXVr 2. Le troisième et dernier vœu de H est relatif à son nom. Chez les Sémites l'identification du nom et de la personne est particulièrement étroite. Pour nous borner au seul C. H., rappelons que Ç[ exprime sa vocation par les paroles : « Anu et Enlil dirent mon nom » I 45-49.
L'objet essentiel du vœu de H en faveur de son nom est qu'il soit commémoré avec faveur, bienveillance, et cela perpétuellement.
Mais le début de ce souhait 93-94 contient-il une adjuration à l'E Sagil ? ou bien l'indication du lieu