le roi, qui sera parmi les gens
64-67. qu'il garde la parole du droit, que, sur ma stèle, j'ai inscrite !
68-72. qu'il ne change pas la justice du pays que j'ai jugée, les décisions
des gens (les concernant) que j'ai décidées ! 73-74. qu'il n'efface pas mon image !
B) qu'ils consultent les décrets inscrits sur sa stèle pour bien gouverner le pays
y établir la justice et y faire régner la prospérité 75-94
75-77. Si cet homme (cf. 62-63) a de l'intelligence et est capable de régir
son pays (selon le droit), 78-79. aux paroles que j'ai inscrites sur ma stèle qu'il fasse attention !
du droit que, sur ma stèle, j'ai inscrite ». Il serait indigne de la grandeur de H de désigner son code de lois d'une façon simple. C'est pourquoi il l'appelle « la parole du droit ». Le roi du droit ne saurait émettre que des paroles de droit, XXIVr, 77; XXVr 7, 96; XXVI r 13. Précédemment, le royal législateur avait désigné ses lois, par les expressions « mes paroles choisies, précieuses » XXIVr 74, 81 ; XXVr 13.
Remarquons combien H tient à dire qu'il est lui-même l'auteur de son code, que c'est lui-même qui l'a fait inscrire sur sa stèle XXIVr 75, XXVr 9-10.
68-72. Cette défense est en parallèle antithétique avec l'ordre précédent et elle en explique le sens. La manière dont H veut que l'on conserve son code doit consister à ne lui faire subir aucun changement, fût-ce soùs prétexte de perfectionnement a û-na-ak-ki-ir. Les formules employées par H pour désigner son code, expliquent pourquoi ce roi à voulu qu'il fut conservé sans le moindre changement. Non seulement H répète qu'il est lui-même l'auteur du code (j'ai jugé, décidé), non seulement il le considère comme l'expression du droit absolu (parole du droit 64, 65), mais il le regarde comme complet et universel quant à la compréhension et quant à l'extension. Les lois de la stèle de H n'équivalent pas simplement à des principes généraux, mais ce sont des jugements pour des cas particuliers et des décisions qui embrassent la complexité des cas les plus concrets. Telle est la force des mots employés di-in et pu-ru-zi-e. Ce n'est pas seulement par sa compréhension que le code babylonien est universel, il possède encore cette prérogative quant à son extension. En effet c'est « la justice du pays » et ce sont « les décisions des gens ». Par conséquent aucune partie du monde et aucun homme ne saurait prétendre que son cas n'est pas jugé et décidé d'une façon très juste et très précise par le code du grand roi. Imbu d'une telle opinion sur la valeur absolue de son Gode, H, devait faire tout ce qui était en son pouvoir pour en assurer la pérennité.
73-74. H défend encore de supprimer le relief du sommet de sa stèle. Nous constatons que ce roi attache une grande importance au maintien de cette représentation. Il en a déjà parlé trois fois : XXIVr 76 ses lois sont inscrites devant son image ; XXIVr 91 souhait que son relief ne soit pas effacé ; XXVr 6 allusion au code inscrit devant son image. Tandis que le mot salmum « image » est employé dans XXIVr 76 et dans XXVr 6, nous trouvons, dans XXIVr 91, 92, u-zu-ra-lu « relief » avec le verbe msk, comme dans le présent texte. On l'a déjà vu, la représentation de H en prière devant Shamash devait perpétuer pour la postérité les traits de l'auteur du code, lui attester que cette œuvre avait été réalisée grâce à l'intervention divine et menacer quiconque serait tenté d'introduire quelque modification dans les lois.
B. Ordre positif : Consulter les paroles de IJ inscrites sur la stèle afin de bien gouverner le pays d'y établir la justice et de lui procurer la prospérité matérielle 75-94
lh-11. Indiquent le destinataire de l'ordre. « Cet homme » est le successeur de H 11. 62-63. Mais H comprenait qu'il ne suffisait pas de succéder pour être un bon roi, et que l'intelligence et la capacité étaient nécessaires pour bien remplir les devoirs de la royauté. Or ce ne sont pas là des dons héréditaires. Sans perdre son temps et sa peine à donner des conseils aux imbéciles et aux incapables, H déclare que c'est seulement aux rois intelligents et capables qu'il adresse ses recommandations. Ceux-là uniquement seront en mesure de comprendre les « paroles » de la stèle et de les appliquer de façon à gouverner sagement et équitablement le pays. Ta-ëi-im-tam, H. s'est déclaré « roi intelligent » II 22. D'après les uns (Ungnad), ce nom dérive de ëjm « fixer, estimer ». Mais d'après d'autres, il provient de semu « entendre ». « C'est par le canal de l'oreille que l'enseignement arrive jusqu'au cœur, siège de l'intelligence... Pour les Hébreux, comme pour les Akkadiens, c'est par l'oreille que la sagesse arrive au cœur. La tradition auriculaire fait le fond de tout l'enseignement chez les Sémites. » Dhorme, Emploi métaphorique, R. B., (1921), pp. 539, 540.
I-li-i, verbe Pj « pouvoir, être capable », X 36, 45 ; XV 22 ; XXIr 98, d'où Wutum « capacité », que H s'attribue XXIVr 28, 82.
Su-te-su-ra-am, inf. st de jsr « mener droit, diriger conformément au droit ». D'où misarum « le droit », voir XXIVr 73, XXVr 37, 38.
78-79. Ce passage et le suivant indiquent l'objet de la recommandation faite par IJ au roi intelligent et capable envisagé dans 75-77. Tout d'abord il lui faut prêter une grande attention li-qûl (qwl) « aux
80-85. ki-ib-sa-am ri-dam di-in UN (nisi) sa a-di-nu pu-ru-zi-e UN (niSi)
sa ap-ru-su na-ru-um su-ù li-kal-lim-su-ma 86-87. sa-al-ma-at ga-ga-di-su li-is-te-se-ir 88. di-in- si-na li-di-in 89-90. pu-ru-za-si-na li-ip-ru-us 91-92. i-na ma-ti-su ra-ga-am ù si-nam li-zu-uh 93-94. si-ir ni-si-su li-ti-ib
G) Conclusion : Éloge de Hammourabi comme roi du droit 95-XXVIr 1