‹ Commentaire du Code d'Hammourabi [microform]Chapitre 183 sur 250 · XXVI 1. a-na im-ki-im a-na ta-na-da-tim su-sa-a · texte numérisé non relu

XXVI 1. a-na im-ki-im a-na ta-na-da-tim su-sa-a

paroles que j'ai inscrites sur ma stèle ». Une sérieuse attention est nécessaire pour bien comprendre. Remarquons une fois de plus que, pour désigner son code, H emploie une formule qui atteste bien qu'il s'en attribue la paternité. Cf. XXIVr 75; XXVr 11-12, 66-67.

80-85. A la suite de cette profonde attention, le roi (75-77) comprendra parfaitement la teneur de la stèle. Celle-ci lui fera voir li-kal-lim, de klm, tout ce qui est nécessaire pour obtenir les heureux effets énumérés dans 86-94. Le verbe klm se retrouve dans un contexte analogue XXVr 15-16.

Quatre choses seront découvertes par le souverain qui étudiera attentivement les paroles de H : deux sont générales ki-ib-sa-am « marche, conduite », ri-dam « gouvernement », deux sont particulières les jugements et les décisions du grand roi.

86-87. Jusqu'à la fin de cette section, H indique les heureux effets qu'obtiendra le roi 75-76 par une consultation attentive de son code. Il commence par dire ici d'une façon générale, que ce roi gouvernera ses sujets suivant le droit. Le verbe jsr est encore employé ici.

Notons que H traite de « têtes noires » les sujets des rois. Nous avons trouvé déjà cette expression I 41. Mais elle y était beaucoup plus intelligible, car dans ce texte H. était comparé à Samas. On conçoit que ce dieu, dont le soleil était la demeure, aperçoive les humains par leur noire chevelure et qu'il puisse les appeler « têtes noires ». Le présent texte prouve que H employait cette formule non seulement pour désigner ses sujets, mais encore ceux de ses successeurs. Sans doute H fait-il allusion aux trônes des souverains d'où ils voyaient leurs sujets de haut, c'est-à-dire par leur noire chevelure.

88. Les sujets des successeurs de H pourront avoir des procès di-in-si-na. Mais les rois pourront les juger, car, sur la stèle, ils verront et comprendront les jugements de H supra, 1. 81.

89-90. En consultant sa stèle, les souverains postérieurs à H trouveront aussi des décisions pour les cas pratiques, ils sauront ainsi la ligne de conduite à suivre dans les éventualités les plus complexes. H répète à satiété qu'il a émis, dans son code, des décisions pour tous les cas qui pourraient se présenter. Cf. XXlVr 71-72, XXVr 70-71, 82-83.

91-92. Dans son prologue, H avait indiqué que « la perte du méchant et du malfaiteur était un des buts pour lesquels Anu et Enlil l'avaient appelé I 35, 36. Dans l'autopanégyrique, par lequel l'épilogue débute, H montre qu'il s'est acquitté de cette mission, en déclarant qu'il a empêché le fort de nuire au faible XXIV 59-60. Aussi le roi de Babylone était autorisé à assurer ses successeurs que son code leui permettrait d'obtenir un pareil résultat. Tandis que dans I 35, 36 et ici il y a identité de mots pour les noms, les verbes différent. Au prologue nous avons « perdre » hlq, dans 91-92, nous trouvons « arracher de son pays ». Cette dernière expression est plus énergique. Ce verbe nsh est employé dans XVIIr22 pour « arracher un œil » et dans XIL 11, 14, 20, 27, 36 pour « arracher à la filiation et à l'héritage ».

93-94. Anu et Enlil avait encore appelé H dans le but de procurer à ses sujets le bien-être matériel I, 47, 48. Dans l'autopanégyrique, H déclare que son code lui a permis d'arriver à ce résultat XXIVr 33-34. Puis il exhorte l'homme, que la consultation de la stèle a tiré d'embarras, à proclamer qu'il a assuré à perpétuité le bonheur matériel des gens XXVr 35-36. H était donc encore en droit de promettre à ses successeurs que le recours à son code leur permettrait de procurer ce même bienfait à leurs sujets.

Remarquons la similitude des termes dans les trois textes.

C. Conclusion : Éloge de Hammourabi comme roi du droit 95-XXVItl

La seconde partie de l'épilogue XXVr 3-XXVIr 1 se termine comme la première XXIVr 9-XXVr 2 par une conclusion destinée à célébrer H. « Roi du droit » est, croyons-nous, la prérogative qui résume le mieux l'objet de ce panégyrique. Ce titre, que H s'attribue en premier lieu, est le plus glorieux de tous et celui qui les domine tous.

95-96. « Roi du droit » êar mi-ëa-ri-im, H s'est déjà attribué deux fois celte prérogative XXIVr 77 et XXVr 7 et il la revendiquera encore dans la III" partie XXVL 13. Pour mesurer la portée de pareil éloge,

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