sa ni-is ga-ti-su (ilu) IM (Hadad) i-du-û
58-61. mu-ne-ih li-ib-bi (ilu) IM (Hadad) qû-ra-di-im i-na al IM (Bît-
Karkara) 62-64. mu-ûs-ta-ak-ki-in zi-ma-tim ina É Ud-gal-gal
43-46. L'E Ninnu est le fameux temple de Ningirsu à Lagash. Il fut bâti par Ur-Bau, un des prédécesseurs de Goudéa. Mais celui-ci, sur l'ordre de Ningirsu, le répara. Par une fiction religieuse, les souverains, s'attribuaient la construction des temples réparés par eux. Voir nos renseignements sur les fouilles de • Tello et les cylindres de Gudéa.
E Ninnu signifie « maison des cinquante ». 50 est exprimé ici en chiffre. Dhorme remarque que, parmi les dates du règne de Gudéa, on trouve : « l'année où il fabriqua la masse d'armes, aux cinquante têtes, de Ningursu » et « l'année où il fabriqua l'arme aux cinquante têtes ». R A B, p. 93. Le nom de 50 donné au temple de Ningirsu a-t-il pour origine l'arme de ce dieu, ou bien correspond-il au nombre qui lui était attribué. Nous inclinons à adopter le premier sentiment. Nous ne voyons pas en effet pourquoi les temples des autres dieux ne seraient pas eux aussi désignés par le nombre qui leur était consacré. Meissner fait remarquer que 50 est aussi le nombre de Enlil, B. u. A., II, p. 32.
Les nindabu sont des sacrifices spontanés. H veut dire qu'il a fait en sorte que les sacrifices proportionnés à l'importance du temple fussent maintenus et régulièrement offerts.
47. Ici encore, H interrompt l'énumération de ses actes glorieux ou pieux, pour faire l'éloge de sa propre personne. Venant de parler d'un dieu guerrier, il convenait que le monarque vantât sa valeur militaire. Il s'agit ici plutôt d'un exploit guerrier que d'une opération de police.
Remarquons la ressemblance des mots qui signifient ennemi en akk. a-a-bum et en héb. "ojebh.
48-49. Mi-gi-ir de Migrum signifie favori. Ce terme est souvent employé par rapport à un dieu. Ainsi H va dire qu'il est le favori d'In Nanna (Istar), V, 13. Les rois avaient conscience d'être aimés par les dieux et ils se plaisaient à le reconnaître et à le publier. Cf. Dhorme, B A B. « Le roi aimé des dieux », pp. 164-166. Précisément Semsachérib, au début de son prisme se déclare c favori des grands dieux » Migir ilani rabuîe.
Ungnad fait remarquer que l'étymologie et le sens de telîtum sont très douteux. Il propose de lui donner comme étymologie 4j = élever et de lui attribuer la signification de « hauteur ». Apparemment c'est un surnom d' Istar de Hallab. Scheil, qui ne donne aucune traduction pour ce nom, est du même avis sur ce dernier point. Puisque les rois se déclaraient favori des dieux, telîtum doit âitre un surnom ou un attribut d'un dieu. Or c'est d'Istar d'Hallab dont il est ici question, 50-54.
50-52. Musaklil, forme causative du verbe kalal, qui, comme en hébreu, signifie parfaire, achever, accomplir. Il importe de remarquer la ressemblance des mots qui signifient loi en akkad. et en héb. teriium et tara. Ces deux noms proviennent d'un verbe signifiant enseigner : jar^a, w^r. D'après le contexte, il s'agit d'une loi cultuelle.
Hallab est une ville de Sumer. Dans le présent texte elle est désignée par son nom sumérien Za-ri-unu. Son site n'a pu être encore identifié certainement. EUe était consacrée à l' Istar guerrière, dont il est question à la ligne suivante. Istar de Hallab, dans les plus anciens textes apparaît comme fille de Sin, sœur de Samas. Elle s'appellera « la vaillante parmi les déesses qariiu ilâti. Cf. Dhorme, B A B, p. 88. Les deux principaux sanctuaires d'Istar étaient Uruk et Agadé. Dans le premier elle était honorée comme déesse de la volupté et dans le second comme déesse des batailles. Mais cette déesse était honorée encore dans beaucoup d'autres villes. Meissner cite en exemples : Ur, Kisch, Charsag kalama, Babel, Akkad, Assur, Kalach, Ninive et Arbèle. B. u. A., p. 29.
53-54. Le nom d'Istar est écrit ici syllabiquement ES4-tar. Le déterminatif de la divinité fait défaut. Si H., pour accomplir la loi de Hallab, faisait prier et offrir des sacrifices conformément aux rites prescrits, on conçoit que par cette conduite il ait réjoui le cœur de la déesse d'Hallab.
Il a déjà été question de l' Istar d'Uruk, sous le nom de Ninni II 47, à propos des bienfaits et des œuvres pies de H à l'égard de la ville d'Uruk et de l'E Anna, c'est-à-dire de la ville où Ninni était honorée principalement et du célèbre temple qu'elle possédait en commun avec Anu II 37-47. Il sera encore question de cette déesse soit dans le prologue, soit dans l'épilogue. Notons qu'elle est ici envisagée comme honorée à Hafiab.
55. Encore une interruption de l'énumération des hauts faits du monarque, pour la louange de sa propre personne.
Bubum, signifie grand, comme I 29. Mais on sait que les Sémites employaient métaphoriquement les choses et les qualités de l'ordre sensible pour désigner les choses et les qualités de l'ordre moral. Un grand dans l'ordre moral, c'est un prince.
Elliim se rapproche beaucoup du nom de la Divinité chez les Hébreux 'El, ^Eloah, "Elohim. Ces noms ressemblent beaucoup aux noms de la Divinité chez les Assyriens ilu, chez les Arabes allah et chez les autres Sémites. Aussi le P. Lagrange croit que El était le nom du Dieu commun et probablement unique de tous les Sémites. « A l'origine tous les Sémites avaient un même nom et un seul pour désigner le divin, conçu comme distinct du reste des choses ; par conséquent ils le considéraient comme unique d'une certaine façon,