BAL (pale) ta-ne-hi-im
UD-mi (umi) i-zu-tim (65)
sa-na-a-at hu-sa-ah-hi-im (66, 67)
ik-li-it la na-wa-ri-im (68, 69)
mu-ut ni-ti-il i-nim a-na §i-im-tim (70-71)
li-si-im-sum (72) 73-80. ha-la-aq ali-§u (73)
na-as-pu-uh ni-si-su (74)
sar-ru-zu su-pi-lam (75)
sum-su ù zi-kir-§u i-na ma-tim la su-ub-sa-a-am (76-78)
i-na KA (pi)-§u kab-tim li-iq-bi (79-80)
30 Ninlil (Bêlit) 81-97
81-86. (ilu) NIN LIL (Bêlit) ummum ra-bi-tum (81-82) sa ki-bi-za i-na É KUR kab-ta-at (83-84) NIN mu-dam-mi-ga-at i-gi-ir-ri-ia (85-86)
87-90. a-sar si-ip-ti-im ù pu-ru-zi-im (87-88) i-na ma-har (ilu) EN LIL (Bel) (89) a-wa-zu li-li-mi-in (90)
64-72. Cette phrase énumère des calamités intérieures, tandis que la phrase suivante 73-80 se rapporte à des calamités causées par des ennemis extérieurs. 72. Li-si-im-sum « qu'il lui mette » du verbe sfm « mettre, fixer » d'où dérive simlum « destinée. » Enlil, étant le maître du destin, peut faire advenir aux mortels tout ce qu'il veut.
64. BAL, idéogramme ayant pour équivalent le nom sumérien palum « gouvernement » XXVI r 47 XXVIIr 53, 98. H a dit qu'Anu a rendu son gouvernement si prospère XXVIr 47, il demande ici au maître du destin, Enlil, d'infliger à son ennemi, un gouvernement (plein) de tourments la-ne-lji-im, de la racine "nh «courber, opprimer » comparer l'hébreu 'anaA «plier, humilier ». A ces tourments, s'ajoutent les difiîcultés extérieures et les peines morales qui en sont la conséquence.
65. I-zu-tim, provient probablement du verbe œs\ (héb.) is'>a « sortir ». Des jours qui sortent, qui s'en vont, forcément sont brefs.
66-67. Hu-sa-ah-hi-im, est traduit soit par « cherté (de la vie) », soit par « famine ». Le sens revient au même puisque la famine cause la cherté de la vie.
68-69. Ik-li-it, c'est-à-dire eklelum de la racine 'W « ténèbres ». La na-wa-ri-im « ne luisant pas » de la racine accad. et héb. nœr. Il ne faut pas entendre cette calamité au sens matériel d'autant plus que Sumer et Akkad sont un pays de lumière. H désire l'aveuglement intellectuel de son adversaire, des situations inextricables.
70-71. Remarquons l'image concrète d'un acte physique pour exprimer l'idée abstraite de soudaineté de la mort, nitlum « regard ».
73-80. Dans cette dernière phrase, H adjure Enlil d'envoyer au contempteur de sa stèle, des maux provoqués par des ennemis extérieurs.
79-80. « Bouche grave », métonymie pour « paroles graves ». La gravité des décrets que H adjure EnlU de porter, ne consiste pas dans les calamités sollicitées de ce dieu, qui ne sont pas plus terribles que beaucoup de celles demandées à d'autres divinités. Mais elle consiste dans leur caractère irrévocable, dû au fait que Enlil est le « maître de la destinée », cf. XXVI r 53-56. H termine son code, en confiant à Enlil le soin de prononcer « de sa bouche qui n'est pas changée » toutes les malédictions, qu'il vient de solliciter des divinités, et de les infliger promptement à ses adversaires XXVIII r 84-91.
73. Halaqum que d'après le contexte où il est question de victoire des ennemis, nous traduisons par « ruine », comme dans XXVI r 61, mot à mot « perte » ; dans §§9-11, « chose perdue ».
74. Na-as-pu-uh, « dispersion », est l'infinitif passif de sp]} « délier, dissoudre ». La dispersion des sujets est la conséquence nécessaire de la ruine de la ville. Plus de ville, plus d'habitants. C'est surtout la ville capitale qui est envisagée 73.
75. Ce troisième malheur est la conséquence des deux précédents. S'il n'y a plus ni ville, ni sujets, la royauté croule par le fait même.
70-78. Su-ub-sa-a-am inf. à la forme causatlve de basu « être, exister ». H adjure donc Enlil d'anéantir le nom et la mémoire de son ennemi dans le pays, c'est-à-dire en ce monde.
Les Akkadiens, ne croyaient qu'à une vie d'outre-tombe léthargique. L'oubh complet d'une personne en ce monde équivalait pour eux à sa ruine totale. Hammourabi en était tellement persuadé que, sur sa stèle de diorite, il fit sculpter son image, inscrire ses longs et pompeux panégyriques et graver les menaces