‹ Commentaire du Code d'Hammourabi [microform]Chapitre 192 sur 250 · Ninlil (Bêlit), la grande mère · texte numérisé non relu

Ninlil (Bêlit), la grande mère

dont l'ordre est grave dans l'E Kur (83-84),

dame faisant agréer mes desseins (85-86) 87-90, qu'elle rende mauvaise sa cause (90)

au lieu des jugements et des sentences (87-88)

devant Enlil 89 !

les plus terribles contre ceux qui tenteraient d'effacer son image, et de supprimer quelques-unes de « ses précieuses paroles ». Cf. Prologue et Épilogue.

3° Ninlil (Bêlil) 81-97

Ninlil, en sumérien, ou Bêlit, en akkadien, était l'épouse principale d'Enlil (Bel). H fait passer Ninlil avant de grands dieux comme Enki (Ea), Samas, Enzu (Sin), non pas pour mentionner ensemble les deux époux, mais bien afm de rendre plus efficaces les adjurations adressées à Enlil en utilisant l'influence de Ninlil sur son époux.

Après avoir évoqué les titres de Ninlil 81-86, H adjure, en deux phrases, cette déesse d'user de son influence auprès de son époux pour qu'il condamne le contempteur du code 87-90 et inflige les châtiments sollicités 91-97. Notons qu'au prologue, il n'a pas été question de Ninlil.

81-86. Ninlil était l'épouse du dieu le plus important avec Anu ; c'est pourquoi elle est qualifiée de « grande mère » ou « mère auguste > 81-82.

83-84. En réalité, c'est l'ordre d'Enlil qui retentit avec gravité dans son temple, l'E. Kur. Enlil est le maître de la destinée, ses ordres sont inexorables, et de sa bouche sortent des sentences pleines de gravité XXYIr 53-56, 79-^0, XXVIIIt 84-91. Pour que H puisse dire que les ordres de Ninlil sont graves dans l'E Kur, il faut ou qu'il l'associe à la puissance de son époux ou qu'il envisage son influence sur lui. Le contexte suivant, semble prouver que H a eu en vue ce dernier motif.

85-86. Mu-dam-mi-ga-al « faisant agréer » part, forme D intensive de dmq. D'après la teneur des deux adjurations suivantes 87-90 et 91-97, H veut certainement dire que c'est auprès de son époux que Ninlil fait agréer ses desseins. Ceux-ci ne sont pas précisés ; ce sont donc tous ses desseins en général et notamment les calamités destinées à venger tout attentat contre sa stèle.

H demande, en somme à la déesse de lui servir de médiatrice auprès de son époux. Il avait demandé aux génies se trouvant à l'entrée de l'E Sagil de faire approuver ses desseins, i-gi-ir-ri-e li-dam-mi-ku XXVr 48-58 par Marduk et son épouse Sarpanit. La théologie akkadienne, connaît donc les recours à la médiation des divinités inférieures auprès des dieux supérieurs. L'intercession de Ninlil « la grande mère » auprès de son époux Enlil devait avoir une eflîcacité particulière.

87-90. Ni dans cette adjuration, ni dans la suivante, H ne réclame de Ninlil de sévir elle-même directement contre ses ennemis. Il se borne à lui demander d'intervenir personnellement auprès de son époux, pour que celui-ci exauce favorablement l'adjuration et inflige irrévocablement les châtiments XXVr 59-80.

H adjure Ninlil de plaider sa cause au tribunal de son époux 87-90. Puis il la supplie d'exercer son influence sur celui-ci de telle sorte qu'il décrète les châtiments 91-97.

« Le lieu des jugements et des sentences » 87, 88 est précisé 1. 89 « devant Enhl ». Il s'agit donc du temple de ce dieu, de l'E Kur, où précisément on vient de dire que les ordres de Ninlil avaient du poids 11. 83, 84. Le mot siptum « jugement » est usité, ici seulement dans le C. H. ; son équivalent héhreu saphaù est d'un usage fréquent dans la Bible.

Eu égard au jugement dans le contexte, a-wa-zu doit se traduire par « sa cause ». H adjure donc Ninlil de plaider devant son époux de façon à rendre très mauvaise li-li-mi-im de Imn la cause du contempteur du code et par conséquent de faire prononcer contre lui la sanction.

91-97. su-ul-pu-ut ma-ti-su (91) ha-la-aq ni-si-su (92) ta-ba-ak na-pis-ti-su ki-ma me-e (93, 94) i-na KA (pi) (ilu) EN LIL sar-ri-im li-sa-as-ki-in (95-97).

40 En Ki (Ea) 98-XXVIIr 13

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