XXVII 1. (ilu) EN Kl (Ea) NUN (rubum) ra-bi-um
sa si-ma-tu-su i-na mah-ra i-la-ka (99, 100)
NUN ME (apkal) i-li (101)
mu-di mi-im-ma sum-su (102)
mu-sa-ri-ku UD (u4)-um ba-la-ti-ia 103-XXVIIr (1) 2-6. uz-nam ù ne-me-ga-am li-te-ir-su-ma (2-4)
i-na mi-si-tim li-it-ta-ar-ru-su (5-6) 7-13. ID ID (narati)-su i-na na-aq-bi-im li-is-ki-ir (7-9)
i-na ir-si-ti-su AN §E TIR (asnan) na-pi-is-ti ni-si a ù-sa-ab-si (10-13)
91-97. H adjure Ninlil de « mettre dans la bouche du roi Enlil », c'est-à-dire dé lui dicter, une sentence édictant les châtiments sollicités dans l'adjuration 59-80.
Enlil (Bel) n'a pas été traité de roi Sarru, ni au prologue, ni dans l'adjuration qui le concerne XXVIr 53-80. Nous avons dit dans notre commentaire que son royaume était constitué par la terre.
Les châtiments que H adjure Ninlil de faire figurer dans la sentence irrévocable d'Enlil sont moins nombreux que ceux qu'il avait adjuré directement ce dieu d'infliger à ses ennemis. Au lieu des onze calamités 59-80, il n'y en a que trois dans le présent texte. On ne peut les répartir en calamités d'ordre intérieur 64-72 et désastres infligés par l'ennemi extérieur 73-80. Les deux premiers malheurs sont dus à la guerre. La « dévastation de son pays » 1. 91 correspond à l'enlèvement de sa royauté 1. 75, les noms su-pi-lam 75 et su-ul-pu-ut sont analogues. La perte de ses gens 1. 92 équivaut à la perte de la ville 1. 73. De part et d'autre nous avons le même nom ha-la-aq : dans un cas on parle du contenu et dans l'autre du contenant. Quant au troisième malheur la-ba-ak na-pis-ti-su ki-ma me-e « l'enlèvement de sa vie comme les eaux », 11. 93-94, il doit correspondre à la mort subite 11. 70-71, l'exécuteur étant identique.
La perte du principe vital peut être comparée à l'écoulement des eaux suivant une conception que l'on retrouve chez les Hébreux : Le mot hébreu néphes correspond à napiëlu et comme lui, désigne l'âme surtout en tant que « principe vital ». Or l'âme en tant que principe vital résidait dans le sang. Tel est le motif de l'interdiction de se nourrir du sang des animaux ; il devait être sacrifié à Dieu Lev. XVII 10-14, Gen. IX 4. Une voix était prêtée au sang. Gen. IV 10 ; Job XVI 18. Le patient du psalmiste pense à son sang qui s'écoule lorsqu'il dit : « comme les eaux, je suis répandu ». Ps. XXII 15. La mêntie comparaison usitée 11. 93-94, est somme toute une métonymie : le contenu est pris pour le contenant.
Ce symbole d'une mort rapide rappelle un cours d'eau rapide, une source abondante.
4° Enki (Ea) 98-XXVIIr 13
Enki est mentionné plusieurs fois au prologue : I 9-11', Marduk a été présenté comme son flls aîné; I 64-11 1, H déclare avoir restauré sa ville et purifié son temple ; et IV 17-20 ce roi se vante d'avoir placé éternellement des offrandes sacrées pour ce dieu et pour sa déesse parèdre. Nous n'avons qu'à ajouter peu de chose aux renseignements donnés sur ce dieu à l'occasion de ces textes.
Le père d'Enki (Ea) était Anu, dont il était le portrait fidèle, et sa mère était Nammu. « Il était le seigneur de l'eau sous chacune de ses formes, c'est-à-dire des fleuves, des lacs, des mers, de l'abîme, de l'océan céleste... La profondeur de l'eau était considérée comme le siège de la sagesse ; c'est pourquoi Ea était le seigneur des arts et des sciences. Il avait appris aux hommes les divers métiers. Il est l'inventeur de l'écriture et des sciences auxquelles il s'adonna lui-même et qu'il transmit aux hommes. Son principal domaine était les sciences occultes, la magie, l'art des conjurations et celui des présages. Pour les peuples de l'Orient ces sciences étaient le meilleur moyen de vaincre les puissances ennemies et de découvrir l'avenir. Ainsi, arriva-t-il que, par sa science, Ea devint le dominateur de ses pairs... Contrairement a Anu et à Enlil, Ea fut toujours favorable aux hommes ; aussi fut-il appelé « l'ami des hommes ». Avant le déluge, il trouva le moyen d'indiquer à son protégé Ut-napistim la décision des dieux de perdre l'humanité ; et, après l'écoulement des eaux, il fit de durs reproches à Enlil, l'auteur de ce malheur... Son. principal lieu de culte était Eridu, avec son temple E apsu ; mais il avait des sanctuaires dans beaucoup d'autres villes, comme Lagash, Malgu, Suse, Babel et Borsippa. » Cf. Meissner, B. u. A., II, pp. 12-14.
98-XXVIIr 1. Avant d'adresser à Enki ses adjurations, H commence par célébrer sa gloire.
98. Le premier titre donné à Enki, c'est celui de « grand prince ». En effet, il est flls d'Anu, sa science est aussi étendue que profonde, et sa puissance est considérable.
99-100. « Ses décrets vont en avant », c'est-à-dire « prévalent ». Par cet éloge, H veut dire : soit que les décisions d'Ea viennent toujours à exécution, soit qu'elles l'emportent sur celles des autres dieux, ce qui revient au même. Si les décrets d'Ea sont toujours exécutés, c'est qu'ils l'emportent toujours sur ceux des autres divinités ; et si les décisions d'Ea l'emportent sur celles des autres dieux, elles sont par là même toujours accomplies. ,