‹ Commentaire du Code d'Hammourabi [microform]Chapitre 22 sur 250 · supportant (patient · texte numérisé non relu

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9-10. celui qui atteint toutes ses fins, 11-13. ayant abrité les gens de Malka dans la nécessité, 14-16. ayant affermi leurs demeures dans leurs richesses. 17-22. qui a placé éternellement des offrandes sacrées pour Enki (Ea) et Damgalnunna qui ont rendu grande sa royauté,

sentiments de piété de H ne permettent pas d'admettre qu'il ait exclu délibérément et réellement la protection des dieux pour la réalisation de tous ses projets.

11-13. On pense que le pays de Malka se trouvait dans la région du Tigre vers l'embouchure de la Dijala. Telle est du moins l'opinion de Dhorme. Lé P. Scheil place ce pays, d'après le Kudurru de Melisihou- Hounnoubatoum, aux limites du Pays maritime et du canal Royal. Il est question de ce pays dans plusieurs contrats qui proviennent de Sippar et qui datent du règne de Hammourabi. Schorr s'appuie sur le fait que les contrats où il est question de Malka ou Malgi proviennent de Sippar pour dire que ce pays était situé près de cette dernière ville.

Parmi les contrats du recueil de Schorr qui contiennent le nom de Malgi ou de Malka, cette localité y figure dans la date. Il n'y a d'exception que pour 64 (VS YIII 26) daté de Sin-muballit où il s'agit de conduire une femme de Babylone à Malgum.

Dans les autres documents, Malgi ou Malka figurent dans les formules de deux années différentes ;

« Année, où le roi Hammurabi, sur l'ordre d'Anu et d'Enlil a détruit les murs de Mûri et de Malgi. » Sch. 79, 134, 186, 187, 245 (CT VIII 22" ; R. 23 ; TD 98-99 ; YS IX 130 ; M. 27).

« Année, où l'armée (var. la ville, le territoire) et la population de Malgi... ». Sch. 107 (TD 82-83), Sch. 284 (R. 26).

Le premier événement correspond à la 35<' année du règne de Hammourabi. Comme le verbe manque, ■on ne sait pas trop quel événement est indiqué dans la seconde date, que Ton croit correspondre à la 10« année de Hammourabi. Des auteurs, comme Schorr, en s'appuyant sur des analogies offertes par d'autres dates, pensent qu'il faut restituer bagul « détruire ». D'après le P. Scheil, qui s'appuie sur le présent texte du Prologue, il s'agit d'une intervention bienfaisante. « La 10'' année est celle où le roi eut affaire aux gens ■de Malgî, non pas en usant de violence, mais, comme le dit le Prologue du Code, pour les abriter dans leur détresse, s^ La Chronologie rectifiée du règne de H., p. 8.

H se vante 11. 9-13 d'avoir rendu service aux gens de Malgi. Mais d'autre part, il les suppose dans la détresse, dans la nécessité in karasim. Il se pourrait que H ait été lui-même la cause de cette détresse, par exemple en détruisant l'enceinte de leur ville, comme il le fit la 3d« année de son règne. Nous ne parlons pas d'une dévastation causée par ce roi en la 10« année de son règne, car il serait bien étrange qu'une œuvre de ruine ait servi de date et que dans le prologue de son code H se soit vanté d'un acte de miséricorde, et cela à l'égard des mêmes peuples.

Nous croyons : ou que l'action à l'égard de la population de Malgi servant à dater la 10^ année de H est précisément l'acte de miséricorde, dont il est ici question, comme le veut Scheil — ou que H, se vanterait d'avoir été bon pour les gens, après avoir détruit les murs de leur ville, la 35« année de son règne.

Remarquons enfin que la question de la date de la publication du C. H. a une grande importance pour l'explication du présent texte. Si on admet que le code a été publié à la fin du règne de H, soit la 40« année de son règne, on pourra adopter une des exphcations proposées. Mais, si on pense que le code a ■été publié au début de son règne, soit la seconde année, on devra dire que H fait allusion à un acte que nous ignorons. Toutefois, il serait étrange qu'un acte dont le roi se vante avec tant de complaisance n'ait laissé aucune trace dans l'histoire.

14-16. Il semble qu'ici H précise l'acte de miséricorde qu'il a accompli envers les gens de Malka ou Malgi. Que les nécessités politiques l'aient contraint à détruire les murs de leur ville (35'= année), ou qu'il n'ait pas dû prendre une mesure si dure (10<= année), au moins il a laissé la population habiter en paix, et même il lui a assuré la possession de ses demeures et des richesses qu'elles contenaient.

Nous donnons à nuhsim le môme sens que dans IV 4-6 et ailleurs.

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