‹ Commentaire du Code d'Hammourabi [microform]Chapitre 24 sur 250 · a-sa-ri-id sarri ri · texte numérisé non relu

a-sa-ri-id sarri ri

24-23. mu-ka-an-ni-is da-ad-mi (nar) UD KIB NUN NA (Purattim) li-tum

(ilu) Da-gan ba-ni-su 29-31. su ig-mi-lu ni-si Me-ra (ki) ù Tu-tu-ul (ki) 32-33. ru-bu-um na-'i-du-um 34-35. mu-na-wi-ir pa-ni (ilu) Ninni

l'exercice, pendant quinze jours par an, de certaines dignités dans le temple d'Ea et de Damgalnunna. Sch. 104 A (P. 66). Quoique mère de Marduk, l'épouse d'Ea n'intervient pas souvent dans les documents. Ainsi c'est le seul endroit où le G. H. la mentionne. H ne l'adjure pas de venger son code, ainsi qu'il le fait pour d'autres déesses par ex. : Nin-lil (Bêlit), Istar, Nintu, Nin-Karrak.

H reconnaît qu'il est redevable en partie « de la grandeur de sa royauté » à En-Ki et à sa déesse parèdre, chose vraisemblable, si l'on considère que ce dieu et cette déesse sont le père et la mère de Marduk, qui était le dieu protecteur par excellence du roi de Babylone, et surtout de Hammourabi.

En reconnaissance de ces bons oiïices, H a pourvu à ce que des offrandes, des sacrifices purs aient lieu perpétuellement dans le temple de ces divinités à Malka. Précédemment H avait dit « qu'il avait prodigué des aliments sacrés pour la déesse Nintu » III 33-35. On saisit le rapport étroit qui existe entre des aliments makali offerts à une divinité et des sacrifices zibi. Quant au mot ellutim, il existe dans les deux textes. Dans les deux cas son sens primitif de pur, équivaut à celui de sacré, c'est-à-dire « séparé pour la divinité». Cf. IV, 36.

23. H fait de nouveau l'éloge de sa propre personne. Ici, il se proclame le premier, le prince, le supérieur le plus excellent etc., des rois. Tels sont en effet les sens plus ou moins synonymes d'asaridu. Nous croyons qu'ici la traduction « premier » dans le sens de l'excellence convient bien. Pour l'ancienneté restum conviendrait mieux, cf. I 9. Quant au ri final, c'est le déterminatif du génitif.

24-28. Le nom de l'Euphrate est écrit ici au moyen d'idéogrammes U D KIB NUN NA. Ungnad pense qu'il faut substituer KI au dernier idéogramme NA. Syllabiquement le nom de ce fleuve est Purallu, en akkadien et Buranu-na en sumérien. Ce fleuve figure parmi les quatre, qui arrosaient le Paradis terrestre Gen. II, 14. Pheraih, Pour savoir de quelle région du long cours de l'Euphrate il s'agit, nous devons examiner dans quels pays le dieu Dagan était surtout honoré ; nous pourrons nous baser aussi sur le site des pays de Méra et de Tutul, dont il est question 29-31.

Remarquant que le nom du dieu Dagan se retrouve souvent dans l'onomastique ouest-sémitique ila-wi-(ilu) Dagan (Dagan existe) ; la-as-ma-ah (ilu) Dagan (Dagan entend) i Iz-ra-ah-(ilu) Dagan (Dagan sème) etc.], Dhorme en conclut que Dagan est un dieu d'origine ouest-sémitique, c'est-à-dire amorrhéenne, tout comme Hadad. « Tous ces exemples sont caractéristiques. Ils montrent que Dagan est un dieu familier à ces personnages non akkadiens, dont nous suivons les traces. Ils indiquent en outre que ceux-ci font partie du môme groupe que ces Sémites dans les noms desquels intervenait comme élément de composition El ou Hadad, ou tel vocable de parenté divine, Père, Oncle paternel ou maternel. » Les Amorrhéens, B. B., 1928, p. 74.

Le dieu Dagan intervient dans les noms des deux rois de la dynastie d'Isin : Idin-Dagan (2143-2123) et Isme-Dagan (2122-2103), son fils. D'après une inscription, le roi Sulgi, de la III" dyn. d'Ur (2276-2831) aurait donné un cylindre à Silus-Dagan, patési de Simurum R A O, XXIIl, p. 36 (1926).

Les documents nous apprennent qu'au temps de Hammourabi, le dieu Dagan jouait un grand rôle dans le pays de Hanu. Par exemple T D, 237 (A O 2673-Sch. 219-KU III 458) est relatif à une donation d'un immeuble, situé dans le teri-itoire de Tirqa et appartenant aux dieux Samas, Dagan et Iturmer. L'auteur de cette donation est le roi du pays Isarlim. Son bénéficiaire est le fils de Kaki-Dagan. On jure par les dieux Samas, Dagan, Iturmer et par le roi Isarlim. Dans la liste des témoins nous trouvons trois noms où figure le nom du dieu Dagan : Amursa-Dagan, lazi-Dagan, Turi-Dagan. Enfin la formule du sceau est : « Isarlim roi du pays de Hana, fils d'Idin Kakka, aimé de Samas et de Dagan. » Dhorme a reconnu que « le culte de Dagan florissait spécialement sur le Moyen-Euphrate, depuis Tirqa (>Asharah) jusqu'au sud deToutoul. Or la plupart des noms ouest-sémitiques composés avec Dagan proviennent de Tirqa ou de la région avoisinante. C'est à Tirqa, que le roi d'Assyrie, Samsi-Adad I<='^ (vers 1880 av. J.-C), qui s'intitule « craignant le dieu Dagan », avait bâti « le temple du dieu Dagan à l'intérieur de Tirqa ». Un véritable terrain waqf était réservé à Dagan, ainsi qu'aux dieux Shamash et Itourmer, et au roi Isharlim, dans la ville de Tirqa. Une ville contiguë s'appelait la-ah-mu -(ilu) Dagan (Dagan protège). En combinant ces diverses données, on ne peut échapper à la conclusion que, depuis Sargon I, c'est-à-dire depuis le xxviii'= siècle avant notre ère, c'est le long de l'Euphrate, entre le confluent du Habour et Hit que se localise le fief du dieu Dagan. » Dhorme, Les Amorrhccns, B. B., 1928, p. 75.

On s'accorde aujourd'hui à localiser le pays de Hana sur les deux rives du Moyen-Euphrate, dans la région de son confluent avec le Habour. Quant à sa capitale Tirqa, on admet sa localisation à 'Asharah, que proposent Dhorme et TIiureau-Dangin, Cinq jours de fouilles à ^Asharah, dans Si/ria, 1924, p. 266 ss. Nous allons voir dans l'explication des 11. 29-31 que Tutul et Mera se trouvent aussi sur l'Euphrate, mais au sud de Tirqa.

C'est donc à la soumission du pays de Hana, que Hammurabi fait allusion dans le présent texte. Les contrats du pays de Hana, où Isarlim est donné comme roi de la contrée, sans aucune mention de Hammourabi, sont antérieurs à la conquête faite par ce roi, tel TD. 237. La soumission de la région de Hana n'a pas servi à dénommer une année du règne de H, tandis qu'il est question de Mari dans le nom de sa 35» année.

Le présent texte nous prou\'e l'esprit religieux, avec lequel les rois sumcro-akkadiens, et notamment H

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