M AVANT-PROPOS
ailleurs, soit parmi les autres auteurs, soit parmi les autres œuvres de saint Thomas lui-même. Cette Seconde Partie de la Somme théologique en est la partie la plus originale et, en un sens, la partie la plus géniale. Elle offre pour nous un intérêt exceptionnel, par son caractère d'utilité immédiate, puisqu'elle constitue la science de nos actes moraux.
Les vingt et une premières questions, qui forment la matière de notre nouveau volume, comprennent, avec le traité de la béatitude ou de la fin dernière (q. i-5). le traité de l'acte humain proprement dit, considéré en lui-même (q. 6-21). Le traité de la béatitudie est celui d'oii tout dépend dans la connaissance scientifique de lacté humain. 11 correspond en partie à ce qu'on appelle aujourd'hui le fondement de la morale. Nous aurons à souligner fréquemment le côté lumineux et transcendant de l'enseignement de saint Thomas, éclairant du jour le plus vif nos problèmes les plus actuels. Nous dirons un mot aussi des vieilles controverses scotistes sur la vraie nature de la béatitude; mais sans nous y attarder, nous contentant de montrer comment le texte de saint Thomas, sainement entendu, résout péremptoirement et d'avance ces interminables querelles soulevées après lui.
Le traité de l'acte humain proprement dit, considéré en lui-même, nous fournira l'occasion d'étudier deux points (le doctrine du plus haut intérêt : l'organisme psychologique de notre acte humain (q. ^-17), et les conditions de sa spécification morale (q. 18-21). Ce second point offre nn caractère particulièrement délicat ou difficile, et nous aurons à lire le texte du saint Docteur avec une attention très soutenue. Nous y verrons résolu le problème de la conscience innialc (q. 19, art. 6).