AYANT-PROPOS
conque (hi la nouvelle éflition avec l'ancienne leui- montrera coiubieii tout a été sérieusement revu et travaillé. Plusieurs ouviaf;es ont paru depuis la première édilion. 11 en est <leux avec lesquels j'ai entretenu, en rne livrant à ce nouveau travail, une correspondance continuelle, si je puis m'exprimer ainsi. Le premier, remaiqual)le par sa fermeté de jugement et sa rare précision, deviendra certainement un guide indispensable pour quiconque étudiera l'épître aux Romains; c'est le commentaire de M. Bernliard Weiss dans la G"!*^ édition de la collection de Meyer. Le second témoigne d'une érudition ininiense, devant laquelle s'incline respectueusement l;i mienne; c'est celui de M. Oltraniare. Je dois citer aussi le commentaire anglais, à la iViis soli<le et bref, de M. A. Beet, et les observations li-agmentaii'es, fort ingénieuses, mais excessivement basardées, de M. Klostermann.
J'aurais voulu |)OUVoir employer le texte publié |»ar MM. Hort et Westcott. J'admire le travail extraortlinaire qui sert de base à cette publication. Les éditeui*s, pai' leurs études (iili(jues, ont répandu de vives lumières sur l'iiistoire du texte du Nouveau Testament. Mais je ne saurais adbérer pleinement aux résultats aux- (piels ils se sont trouvés conduits, et en pai'ticulier au rejet conqtlet de ce ipiils a]ti»elKMil a le texte syrien >> et ([ue l'on nomme ordinairement '< byz;mtin t^ : il me jiarait qu'il y a des cas dans lesquels la supérioiité de ce dernier ne peut faire doute pour une exégèse maitresse du contexte; telle est, par exemple, la variante V, I. Je crois également pouvoir continuel' ;'i user de la classification coiuinode eu textes alexamliiu, gr«'Colatin et byzantin.
PaiMui les obs(M'V;dious ciitifiues dont ui(»n ouvrage a rir Idjijet, il eu est une <|ue je ciois devoir relever en
AVA.NT-l'liOl'OS. VII
tei'iiiiiiLiiil. On s'esL (leiiuiiidô si le sens liistorkjuo ne me luisait |i;is pai-fois (lëfaut. El l'on a cité en preuve le portrait (pn' j'ai tracé (]o saint Paul flans l'inti-uductioii, |)()i1rail (pii ne (loiiiic |tas au l(M-|<'ur <( la sensation (le la vie ». ' Nalui/ellenient, à ce reproche envisagé en lui-nièuie je n'ai rien à répondre. Je me suis seulement demandé à (piel trait spécial il i)Ouvait s'a|»|>liquer. Et je n';ù pas tarde'' à In comprendre, si, dans ce cas, du moins, le sons liis((»i'i(|ue ne me fait pas di'laut. •le su])pose (pi'il s'ai^it d(; l'opinion que j'ai émise sur la manière dont saint Paul est ariivé à la conception évangélique qu'il a prêchée, et qu'il a spécialement développée dans les é])îtr(>s aux Galates et aux liomaius (enseignement sur le salut) et dans celles aux Colossiens et aux Philip})iens (enseignement sur la personne du Sauveui'). J'ai combattu l'idée que cette conception lut le résultai d'un (h'n-eloppemeni graduel, accompli dans sa pensée durant le cours de son ministère, et soutenu que l'apôtre Paul était sorti avec une conviction toute formée, sur ces deux points fondamentaux, de la crise de mort et de résurrection qu'il avait traversée à Damas. Défendre cette manière de voir, est-ce renier « le point de vue historique, » méconnaître « l'individualité », « l'âme vivante )) chez l'apôtre? Tous ceux qui en France s'occupent de théologie, connaissent M. Holsten comme l'un des représentants du crilicisme allemand le plus avancé. Voici comment il s'exprime dans son dernier ouvrage : « Celui qui se présente au monde comme apôtre, pour annoncer l'évangile d'une vie nouvelle, a le développement de sa propre conscience religieuse, avec toutes ses luttes, derrière lui. C'est parce que l'apôtre croit, qu'il réclame des autres
^ Revue chrétienne 1883, n'J 2, p. 77.
VIII AV.\.M-F'l!(iI'OS.
I;i f'di cl (|iril rubtient. » ' VA il ;ij<jute : « C'est lu le seul poiiil (le vue réellement i)sycliulogique. » Je le crois avec lui. Mais ce n'est pas là la raison ]ii'inci[)ale sur laquelle repose ma manière de voir. La source de toute liisloir».' sérieuse et non l'antaisislc, c'est le témoiunaiîe. Or, nous possédons celui de saint l*aul lui-même sur le lait dont il s'agit. Dans le premier cliajjitre de Tépitre au.x (lalates, il affirme solennellement que l'évangile, tel ipril l'ii iuVtIk' cil (lalatie, lui a été eiiscii;u(' p;ii' l;i révélation de Jésus-Christ et que ce n'est que ti<»is iiiis après l'avoir connu et ]»rèclié, qu'il est retourné à Jérusalem et qu'il y a vu l'un des apôtres. Le contexte prouve qu'il s'agit du |>iiiici|»e central de son évangile, la justification parla foi seule — c'était l'objet deladiscussion en Galatie — et le v. 10 affirme que cette révélation initiale avait porté tout particulièrement sur la divinité fie la personne du Sauveur. Serait-ce aban- (Idiiticr le ]i(»iiil de \ lie liistori([ne i|iie de préférer à des sujipositions arbitraires ce témoignage de l'apôtre sur ce ({iii s'est passé dans son propre intérieur? Je crains bien jilutôt «pie l'opinion contraire ne repose sur un singulier airaiMissement de la notion de fi'vélation. ( )!i lend lie ]ilus en ])lus à appliipier celle-ci e.xclusivement aux /W/7s (wtérieui's (liisalul,en supposant ipi'à clia<jue apolre a été laisse' le soin d'interpréter ces faits à sa guise et de se former ainsi lui-même sou système théologique. Ces! la science de l;i flirolofiie bibliqur i\\n est aujourd'liui chargée de comparer ces dilVértMits systèmes, naturellement purement humains. Oue l'on arrive sur cette voie à admettre un progrès nécessaire et des lraiisloiiii;iliiiii^ iionibreuses dans les penst'cs de ra[>ôtre, cela se conipreiid. C'esl ci> ipi'on a|titell(M( re-
' I)(is Kraiujclnan des Paultis, 1880 ; |>. \l.