‹ Commentaire sur l'épitre aux Romains (volume 3)Chapitre 2 sur 33 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

que saint Paul avait lui-même conçu en méditant sur' Jésus-Christ et sur son œuvre !

On ne tardera pas à voir, je le crains, ce que devient la vie des individus et de l'Eglise, dès que ses racines cessent de plonger dans le sol fécond de la révélation apostolique. Une vie religieuse languissante et souffreteuse, une sanctification sans vigueur, sans décision, ne se distinguant plus par aucun trait saillant de la simple moralité naturelle, — voilà quel sera le terme, bien vite atteint, de cette évolution rationnelle à la-^ quelle on convie l'Eglise et particulièrement la jeunesse studieuse. Le moindre obscurcissement de la pensée divine communiquée au monde par le moyen de la révélation apostolique, a pour effet immédiat une diminution de vie et de force spirituelle.

Faudrait-il que l'Eglise de France, en particulier, perdît la meilleure partie de sa force au moment même où Dieu semble amener enfin la France dans ses bras? Ce serait la dernière tragédie de son histoire — plus triste encore que toutes les journées sanglantes, mais héroïques, de son passé.

Ce ne sont ni les affirmations oiseuses de la libre pensée, ni les vagues enseignements d'un semi-mtionalisme, — qui ne sait pas lui-même s'il croit ou ne croit pas à une révélation, — qui offriront une base suffisante au relèvement religieux de toute une nation. 11 faut pour cela un enseignement ferme, positif, divin, comme V évangile de Paul.

Lorsque l'Epître aux Romains parut pour la première fois, elle fut pour l'Eglise un mot à propos. Chaque fois que, dans le cours des âges, elle a repris la place d'honneur qui lui revient, elle a inauguré une ère nouvelle. Il en fut ainsi, il y a un demi-siècle,

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