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moins impliqué dans l'absolution suprême à laquelle se rapporte la seconde partie de ce v. — L'expression : les plusieurs ou la multitude^ ne saurait avoir la même extension dans le second membre que dans le premier. Car il n'en est pas ici comme au v. 15, où il ne s'agissait que de la destination de la justice. Ce passage se rapporte, comme le prouve le futur seront constitués justes^ à l'application effective. Or, nulle part saint Paul n'enseigne un salut universel. 11 y a même dans ses écrits des paroles qui paraissent l'exclure positivement; ainsi 2 Tliess. I, 9; Phil. III, 19. D'autre part, le pronom les plusieurs ne peut indiquer une simple pluralité (la plupart); car, comme nous l'avons vu aux v. 45 et 49^^, l'art, oi, les, implique une totalité, La totalité doit donc être ici restreinte à ceux que, V. 17, Paul a appelés les acceptants, oi T^apiâàvovTeç, et dont il a dit qu'ils régneront dans la vie. Ce futur règneront est en relation étroite avec le futur seront constitués dans notre V,; car la déclaration de justice (v. 19) est la condition du règne dans la vie (v. 1 7).
Nous n'avons pu admettre avec l'école de Baur que ce parallèle entre Adam et Christ fût inspiré par une intention polémique contre un judéo-christianisme légal. Mais il n'en est pas moins évident que, dans ce vaste coup d'œil sur les phases principales du développement religieux de l'humanité, une place, si petite fùt-elle, devait être accordée à l'institution mosaïque. Le rôle de la loi est donc indiqué brièvement v. 20; le v. 21 est la conclusion générale.
V. 20 et 21 : dc Or la loi a été ajoutée afin que la. faute abondât; mais là où le péché a abondé, a surabondé la gr&ce, 21 afin que, comme le péché a régné
dans la mort, de même aussi la grftçe règne par la justice pour la vie étemelle, par Jésus-Christ notre Seigneur. ? — N<i(jLO(;, (la) loi, désigne sans doute la loi mosaïque, mais comme loi positive en général (vu le manque d'article); on pourrait presque traduire : une loi, — Les Juifs attribuaient à cette institution dans Thisloire de l'humanité un rôle particulièrement important ; ils prétendaient en faire le moyen d'éducation et de salut du monde entier (11, 17-20). Paul montre que son rôle n'est que secondaire. Elle a été ajoutée durant l'ère du péché et de la mort pour préparer l'ère de la justification et de la vie. C'est faute d'un terme plus exactement correspondant que nous traduisons irapeiGTiT^Sev par : a été ajoutée. 11 faudrait dire : est venue à côté. Composé du mot eicepyeaôai, enirer, paraître sur la scène (v. 42), et de la prépos. -irapa, à côté de, il s'applique à un acteur qui n'occupe point le devant de la scène et qui ne paraît que pour jouer un rôle accessoire. 11 ne faut donc pas attribuer à ce verbe la notion qu'y attache la Vulgate en traduisant subintravit, est arrivée en quelque sorte à la sourdine, sens qui d'ailleurs est incompatible avec la solennelle promulgation de la loi. Calvin trouve dans ce verbe la notion d'un intermède qui est venu se placer entre Adam et Christ, et Chrysostome celle d'une apparition passagère. Mais Trapa ne signifie ni entre, ni en passant. Le vrai sens de ce mot est à côté de, et ce sens est aussi celui qui convient le mieux dans ce passage. L'économie mosaïque a été comme un à côté, une institution parallèle à l'économie du péché; comme dit Philippi, c'est ^ une économie particulière à coté de la grande économie générale. » On pourrait la comparer à un canal longeant le fleuve qui l'alimente. — Et pourquoi cette économie spéciale? Afin de faire abonder la faute. Si, au lieu du mot 7wapa7rTa)[;.a, faute, chute, l'apô-
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tre eût dit irapapaciç, transgression ^ la pensée serait facile à saisir. Car il a dit lui-même (IV, 15): « Là où il n'y a pas de loi, il n'y a pas de transgression; » c'est-à-dire que dans ce cas le péché ne se présente pas comme violation d'un commandement positif. Le sens serait par conséquent celui-ci : La loi a été mise en Israël pour que, dans ce domaine particulier de l'humanité déchue, le péché prît un caractère plus grave et plus prononcé, celui de trans-gressiony et manifestât ainsi complètement sa nature mauvaise; ce qui devait être le moyen de sa guérison. Mais ce sens exigerait l'emploi du terme irapapadiç (transgression). Le terme choisi i^apàxTcoixa, faute, a un sens plus large (voir au v. 45). Ce mot désigne, en effet, tout acte de péché particulier, commis sous la loi ou sans la loi. Ce sens^ est, d'autre part, plus restreint que celui du mot àjAapTia, péché, qui comprend, outre les actes extérieurs, la disposition intérieure gâtée. L'apôtre n'a donc pas voulu dire que la loi a été donnée pour accroître le péché lui-même ► Non seulement il eût fallu dans ce sens le mot àpiapTia^ mais encore cette pensée serait incompatible avec la sainteté divine. Je ne pense pas non plus que cette expression puisse être expliquée exactement par le passage Rom. VII, 40-43, qui se rapporte à l'usage que te péché fait de la loi; tandis que Paul parle ici de son but providentieL Le sens est plutôt : que la loi, en multipliant les prescriptions, fait naître aussi des occasions de manquements beaucoup plus fréquentes. Or, chacun de ces manquements particuliers devant être expié, soit par un sacrifice, soit par une punition, la culpabilité humaine est ainsi plus clairement manifestée, et la condamnation (sans l'intervention de la grâce) mieux motivée. L'homme ne devient pas nécessairement par là pire qu'il n'était; il manifeste seulement ce qu'il est déjà. Cependant, si nous en restions là,.
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nous n'aurions pas encore saisi complètement la pensée de Tapôtre. Dans tout ce morceau (v. 15. 47. 48) le terme t6 irapaiTTWfAa, la faute, a un sens en quelque sorte technique : la faute d'Adam, N'est-il pas naturel de prendre ici ce mot dans cette acception déterminée? Le sens est donc celui-ci : Par la loi, il est arrivé que la faut« du premier homme s'est multipliée, ou en quelque sorte reproduite chez ses descendants dans une multitude d'actes de péché particuliers, comme une semence qui reparait dans une abondance de fruits semblables à elle. Ces actes de péché sont les fautes de plusieurs dont il était parlé au V. 16, et qui sont l'objet de la justification individuelle. Et le but de la loi, en faisant abonder en Israël la manifestation du péché sous cette forme concrète, a été de constater le mal intérieur et d'en acheminer la guérison. Comment? La suite l'expliquera. — Dans la relation avec ce qui précède, le 06 (4e), (mais) là où, ne peut avoir le sens général de partout ou.,., comme si la parole suivante était une maxime universellement applicable. La relation entre la première et la seconde partie du v. exige que l'on prenne le terme là où dans un sens strictement local et restreint : là où, c'est-à-dire dans le domaine où la loi a exercé son action et fait abonder la faute, en Israël. Mever objecte la portée générale de tout ce morceau, et en particulier celle du v. 21, et il rapporte, ainsi que Schott et beaucoup d'autres, les mots; là ou..., au monde entier. Cette objection méconnaît ce fait, rappelé précisément au V. 21, que l'expérience faite en Israël était destinée à profiter au monde entier. Quant au sens temporel donné à ce mot : là ou, par Grotius, de Wette, etc. : au moment oh, il conviendrait pour l'idée, peut-êJre. Mais cet emploi du ou est sans exemple dans le N. T. et ne peut même être démontré sûrement chez les classiques (âç' ou est diflë-
rent). Le sens est donc bien celui que donne Abélard en ces mots : in eodem populo que.,, — Gomme la loi donnait en Israël des occasions plus fréquentes de constater la culpabilité individuelle, elle donnait par là-même occasion a la grâce de se manifester d'une manière plus abondante et plus extraordinaire (II, 4). Parmi les manifestations de miséricorde auxquelles se rapportent ces derniers mots de notre verset : la grâce a surabondé, il est impossible de supposer que Tapôtre ne place pas en première ligne le grand acte expiatoire auquel sont venus aboutir tous les péchés d'Israël (Hébr. IX, 15). Tout comme dans l'expression : le péché a abondé, il pense naturellement au plus grand crime du peuple juif, celui dans lequel s'est concentré tout son esprit de révolte, le meurtre de son Messie, le déicide, terme de son histoire, ainsi dans les mots suivants se présente au regard saisi de l'apôtre le parti que la miséricorde divine a tiré de ce forfait, en en faisant immédiatement le moyen du salut d'Israël lui-même et de toute l'humanité. Le mot : là oh, pourrait ainsi recevoir une application plus précise encore que celle que qous lui donnions jusqu'ici. Golgotha, ce théâtre où s'est étalé le péché humain, comme nulle part ailleurs, a été en même temps le lieu de la plus extraordinaire manifestation de la grâce divine. — Le terme iirepeiceptçaeuGe, a surabondé par dessus, est expliqué par Ilofmann dans le sens de : la grâce a abondé au-dessus d'elle-même; elle s'est comme surpassée. Ce sens est recherché. On pourrait rapporter plutôt le ûrip, par dessus, au péché qui a été comme submergé par ce déluge de pardon. Mais si Paul eût voulu établir cette relation, il eût sans doute répété le même verbe qu'il venait d'employer en parlant du péché. L'idée la plus naturelle me paraît être de voir dans ce ùxsp, par dessus, l'indication du superlatif de l'idée verbale : La
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grâce a débordé au-dessus de toute mesure, à Tinfini. Philippi observe avec justesse que i7>iov, dans ir^ovo^etv, est un comparatif (davantage) : tandis que irirep (dans i>i7ep7r6piG(T£ueiv) indique non seulement un plus, mais un superlatif d'abondance.
V. 21. Ce V. indique le but universel de cette dispensation divine qui semblait d'abord ne concerner qu'Israël. Paul revient ainsi à l'idée générale du passage tout entier. Le afin que, comme peut-être déjà le îwep dans le verbe de la phrase précédente, fait comprendre que ce qui se passait en Israël visait à l'établissement d'un règne de grâce capable d'égaler et de surmonter dans toute l'humanité celui du péché fondé en Adam. C'est ce que jamais le régime légal n'eût pu opérer. Bien loin d'apporter au monde la grâce de la justification, prise en elle-même la loi y faisait abonder l'offense et la condamnation. Le passage Gai. III, 13 et 14? est aussi destiné à montrer la relation entre la malédiction de la loi juive, portée par le Messie, et le don de la grâce fait aux Gentils. Cette surabondance de cardon appliquée à cette surabondance de péché, aa sein du peuple juif, a donc eu pour but (ivoi., afin que) de faire éclater la grâce, de manière à assurer son triomphe sur le règne du péché sur toute la terre et à remplacer une économie par une autre. — "n<T77€p, absolument comme. L'œuvre de la grâce ne devait rester, ni en extension, ni en efficace, au-dessous de celle du péché. — L'expression £v Tw GavocTco, daiîs la mort, rappelle que le règne du péché est présent; ii se manifeste, s'enveloppe en quelque sorte et s'incarne dans le fait palpable de la mort. Le sens : par la mort, ne présenterait aucune idée claire. Bien loin que le péché règne par la mort, c'est au contraire la mort qui règne par le péché. — L'antithèse de cette expression : dans la mort, est répartie entre les deux termes : par la
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justice et pour la vie. Le premier ne se rapporte nullement, comme le veut toute une classe d'exégètes, à la justice morale; car son sens empiéterait dans ce cas sur celui du terme suivant. Ce mot désigne, comme dans toute cette partie, dont il renferme le sommaire, la justice accordée gratuitement par Dieu à la foi. C'est pourquoi l'apôtre dit : « afin que la grâce règne par la justice. » C'est, en effet, par la justification gratuite que la grâce établit son règne. — Le but de la justification est la vie; et;, pour^ est opposé à « dans la mort, » comme l'avenir l'est au présent. Mais ce mot de vie éternelle ne se rapporte pas seulement à la gloire future. Il comprend la sainteté qui dès maintenant doit résulter de l'état de justification (comp. VI, 4. 11. 23). Si le mot par la justice résume toute la partie de l'épître maintenant achevée, cette expression : pour la vie éternelle, est le thème de toute la partie qui va commencer (ch. VI- VIII). — Les derniers mots : par Jésus^ Christ, notre Seigneur^ sont le dernier retentissement de la comparaison qui a fait le sujet de ce passage. Nous comprenons le but de ce morceau : Par le fait collectif et individuel de la mort en un seul, Paul a voulu démontrer la réalité de la justification universelle et individuelle en un seul, — universelle quant à la destination, individuelle par son application à chaque croyant. Et maintenant — c'est ce que semble dire ce dernier mot — Adam a passé ; Christ seul demeure.
Adam et Christ. — Il faut se souvenir, pourne pas attribuer à Tapôtre des idées que rien dans cet enseignement ne justifie, que les conséquences qu'il déduit de notre solidarité avec Adam, appartiennent à une tout autre sphère que celles qui résultent, selon lui, Je notre solidarité avec Christ. Nous sommes liés à Adam par le fait de la naissance. Chaque homme apparaît icibas en quelque sorte comme un dédoublement de ce premier
homme en qui était personnifiée Tespèce entière. Adam est, selon Teipression du. juriste Stahl, c la substance de Thumanité naturelle »; et comme la naissance par laquelle nous émanons de lui, est un fait inconscient et indépendant de notre volonté personnelle, tout ce qui se passe dans le domaine de cette existence naturelle, ne peut avoir qu'un caractère éducatif, provisoire, temporaire. Aussi la morty dont parle saint Paul dans tout ce morceau, est-elle, comme nous l'avons vu, non la damnation éternelle, mais la mort, dans le sens ordinaire du mot. Le péché lui-même et la disposition au mal, qui sont attachés à la qualité d'enfant d*Adam, ainsi que les fautes individuelles que nous pouvons commettre dans cet état, nous placent dans une position critique sans doute, mais ne sont point encore la cause de la perdition définitive. Ces faits ne constituent que ce hesoio impérieux de salut qui est inhérent à toute âme humaine et au devant duquel s'avance avec amour la grâce divine. Mais en arrivant au seuil de ce domaine supérieur, nous nous trouvons en face d'une solidarité nouvelle et toute différente, qui nous est oiTerte en Christ. Elle n'est pas contractée par un lien naturel et inconscient, mais par l'acte libre et réfléchi de la foi. Et c'est ici seulement, sur le seuil de ce domaine de la vie nouvelle, que s'élèvent et se décident les questions relatives au sort éternel de l'individu. Comme le dit encore l'écrivain que nous citions tout à l'heure : « Christ est Vidée divine de Thumanité »; il est cette idée parfaitement réalisée. La première humanité, créée en Adam, avec le caractère de la liberté de choix, n'était que l'ébauche de rhuinanité définitive et voulue de Dieu, dont le caractère, ainsi que celui de Dieu lui-même, est la sainteté. L'homme qui par la foi puise sa justice et sa vie dans le nouveau chef de rhumanité, est graduellement élevé jusqu'à son niveau, ou, comme dit saint Paul, jusqu'à sa stature parfaite; c'est là la t^ie étprnelle. Mais celui qui refuse de contracter ce lien de solidarité avec le second Adam, demeure par là-mème dans sa nature corrompue; il en devient responsable par cela même qu'il a refusé de l'échanger contre la nouvelle qui lui était oflerte, en même temps qu'il est naturellement responsable des transgressions volontaires ajoutées par lui à celle de son premier père; et se corrompant de plus en plus par ses convoitises, il marche par sa propre faute au-devant de la perdition éternelle, de la seconde. mort.
Nous sommes arrivés au terme de la partie fondamentale du Traité qui forme le corps de Tépître. Dans une première section, Paul avait démontré la condamnation universelle. Dans la seconde, il avait exposé la justification universelle obtenue par Christ et offerte à la foi. La troisième section a mis en relation logique le fait de la condamnation de tous en un, rendu palpable par celui de la mort, avec celui de la justification de tous en un, en tirant du premier par a fortiori la démonstration du second. Il s'agit maintenant de savoir si le mode de justification ainsi exposé et démontré est capable d'assurer le renouvellement moral de l'humanité et de rendre compte de l'histoire théocratique dont il est le couronnement. C'est là le sujet des deux parties suivantes.
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Avant-propos v
Chap, /e»". L'apôtre saint Paul. 'à