‹ Commentaire sur l'épitre aux Romains (volume 3)Chapitre 4 sur 33 · d'en bas), 1. 2 (d'en bas · texte numérisé non relu

d'en bas), 1. 2 (d'en bas

appose, sous, 25, 3 T. R.,

aimés.

oppose, sur.

et.

Le poète anglais Coleridge appelle Tépitre aux Romains « l'écrit le plus profond qui existe. y> Chrysostome se la faisait lire deux fois par semaine. Luther, dans sa célèbre préface, dit : « Cette épitre est le livre capital du Nouveau Testament, le plus pur Evangile. Elle est digne, non seulement d'être sue mot pour mot par chaque chrétien, mais encore de devenir l'objet de sa méditation journalière, le pain quotidien de son âme Plus on s'en

occupe, plus elle devient précieuse et parait meilleure. i> Mélanchton, afin de se l'approprier parfaitement, l'avait copiée deux fois de sa main. C'est le livre qu'il a le plus souvent expliqué dans ses leçons. La Réformation a certainement été l'œuvre de l'épître aux Romains, ainsi que de celle aux Galates; et il est probable que toute grande rénovation spirituelle dans l'Eglise se rattachera toujours, comme effet et comme cause, à une intelligence plus profonde de cet écrit. Cette obser\ation s'applique sans contredit aux différents réveils rehgieux qui ont successivement signalé le cours de notre siècle.

L'interprétation d'un pareil livre est susceptible d'un progrès illimité. En étudiant l'épître aux Romains, on se sent à chaque mot en face de l'insondable. On ressent

quelque chose d'analogue à ce que fait éprouver la contemplation des grands chefs-d'œuvre d'architecture du moyen-âge, de la cathédrale de Milan, par exemple. On ne sait ce que l'on doit admirer davantage, la majesté de l'ensemble ou le fini des détails, et chaque regard amène la découverte de quelque perfection nouvelle. Cependant l'excellence de l'écrit qui va nous occuper ne doit nullement décourager l'interprète; elle est bien plutôt propre à le stimuler. « Envers quel livre du Nouveau Testament, dit Meyer, dans la préface de la 5™® édition de son commentaire, l'interprète a-t-il moins le droit de ménager ses peines, qu'envers celui-ci, le plus grand et le plus riche de tous les ouvrages apostoliques ? d Seulement il ne faut point se figurer que, pour s'en approprier le sens, il suffise de l'analyse philologique du texte ou même de l'étude théologique du contenu. La vraie intelligence de ce chef-d'œuvre de l'esprit apostolique est réservée à ceux qui s'en approchent avec le cœur que Jésus décrit dans le discours sur la montagne, le cœur affamé et altéré de justice. Car qu'est-ce que l'épitre aux Romains ? L'offre de la justice de Dieu à celui qui s'est laissé dépouiller par la loi de ssl justice propre (1, 17). Pour comprendre un semblable livre, il faut se livrer au courant de l'intention qui l'a dicté.

M. de Pressensé a appelé les grands travaux dogmatiques du moyen-âge « les cathédrales de la pensée. » L'épitre aux Romains est la cathédrale de la foi chrétienne.

La critique sacrée, qui prépare l'interprétation des écrits bibliques, a pour tâche d'élucider les diverses questions relatives à l'origine de ces écrits ; et parmi ces questions il en est presque toujours qui ne peuvent être résolues qu'à l'aide de l'exégèse elle-même. Le problème de la composition de l'épitre aux Romains renferme plu-

l'apôtre saint PAUL. 3

sieurs questions de ce genre. Nous ne pourrions les résoudre dans cette introduction sans anticiper sur le travail exégé tique. Il conviendra donc d'en renvoyer la solution définitive au chapitre de conclusion qui clora le commentaire. Mais il en est d'autres dont la solution ressort avec évidence, soit de la lecture toute simple de l'épitre, soit de certains faits constatés par l'histoire ecclésiastique. Il ne pourra qu'être avantageux pour l'exégèse de réunir ici les données provenant de ces deux sources, qui sont propres à jeter du jour sur l'origine de notre épître. Ce sera en même temps l'occasion d'exposer les diverses manières de voir qui se sont produites dans le cours des âges sur ce sujet.

Une épître apostolique résulte naturellement de la rencontre de deux facteurs : la personnahté de l'auteur et l'état de l'église à laquelle il s'adresse. Notre introduction portera donc sur les points suivants :

l» L'apôtre Paul;

2o L'église de Rome ;

3« Les circonstances qui ont présidé à la composition de l'épitre.

Dans un chapitre supplémentaire, nous traiterons de la conservation du texte.

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