‹ Commentaire sur l'épitre aux RomainsChapitre 42 sur 97 · V. •'17}-i>\) : Le mystère positivement révélé · texte numérisé non relu

V. •'17}-i>\) : Le mystère positivement révélé

Le V. 45 contient l'annonce du fait; les v. •2(i et 47 rappellent quelques prophéties qui s'y rapportent ; les v. 28 et 49 concluent quant à Israël en formulant les deux côtés de sa position.

V. 45 et 4()' : ce Car je ne veux pas, frères, que vous ignoriez ce mystère, afin que vous ne soyez pas sages à vos propres yeux ' : c'est qu'un endurcissement a frappé partiellement Israël, jusqu'à ce que la plénitude des Gentils soit entrée; 4(i' et ainsi tout Israël sera sauvé; »• — La forninle : « Je ne veux pas (]ue vous ignoriez, » annonce une connnunication dont l'apcjtre veut faire pressentir l'importance. L'allocution : frères, ne peimet pas de douter que l'apôtre ne s'adresse ici à l'ensemble de l'église. Or, il esl indubitable qu'aux v. 48 et 30 les lecteurs, auxquels il écrit en disant vous, sont d'origine païenne. Cette preuve d'une majorité païenne dans l'église de Flome nous paraît sans réplique. — Paul désigne du nom de mystère le fait qu'il va leur annoncer. Il ne veut point dire par là, comme on pourrait le croire d'après le sens qu'a pris ce terme dans la langue ecclésiastique, que ce fait présente quelque chose d'incompréhensible à la raison. Dans le N. T. ce mol désigne une vérité ou un fait cpii ne peut être connu de l'homme que par une communication (ren-baul, mais qui, après que celle révélation a en lieu, lombe dans le domaine de l'intelli-

' Au lieu (II- -a;. :ajTO'.:. A B lisent :v -xyTO:; ; VVi : ;ajTO;:.

CHAP. XI, '■ix-^r}. à(}:\

gence. Les deux notions de mystère el de révélalion sont corrélatives; comp. Eph. lil, ,"J-6. L'apôtre tient donc directement d'en-haul la connaissance de l'événement qu'il va annoncer; comp. I Cor. XV, 51 el 1 Tliess. IV, 15. — Avant d'indiquer le fait, il explique le but de cette communication : « afin que vous ne soyez pas saties à vos propres yeux. » 11 ne s'agit pas ici, comme au v. 19, de pensées orgueilleuses provenant de la préférence que Dieu semble avoir maintenant accordée aux païens. C'est la prupre sagesse dont Paul écarte ici les inspirations. Les païens convertis dont se composait l'église de Rome, pouvaient se faire d'étranges systèmes sur l'avenir de ce peuple qui avait crucifié le Messie et sur son rejet. Paul tient à fixer leurs idées sur ce point important, pour ne pas laisser place dans leur esprit à de vaines et présomptueuses spéculations. 11 emprunte ses expressions à Prov. III, 7. Au lieu de-ac'éa-j-oî:,yjar devers vous-mêmes , ÙQvw alex. lisent iv éa-jToîç, cm-deilans de vous-mêmes. Il est possible que les copistes aient changé le sv primitif (dans) en -apà sous l'influence soit de XII, 16, soit du texte des LXX. Le sens reste au fond le même.

Le contenu du mystère est exposé dans la lin de ce v. et dans les premiers mots du suivant : « 11 y a eu endurcissement. » Ce mot est pris dans le sens actif, comme désignant ime œuvre divine; comp. v. 7. Mais Paul ajoute : partiellement, à-Tro yico'j;. Ce terme est expliqué par tout le passage v. 1-10, particulièrement par l'expression /(' reste., v. 7; comp. aussi le quelques-uns on v, 17. Ce jugement n'a pas frappé la tolalilé d'Israël, mais une partie du peuple seulement; c'est également là le sens auquel conduit l'antilhcse du : tout Israël, v. 2(3. Calvin a donc rapporté à tort celte restriction au degré de l'endurcissemcîMl (quodamniodo), qui auiail encore laissé place à des

iOi i.A MARCHK l)V SAIA T DANS LlirMAMTK

héiiédictioiis partielles, el Hofmanu, (rniie manière plus forc(''e encore, au temps reslreinl (pi'il doil tliirer. l*aul aurait exprimé celle dernière idée d'une manière moins équivoque. Le jusqu'à ce que qui suit ne prouve rien pour ce sens temporel. Car Paul veut dire que ce juiicment luimême, qui a frappé une partie de la nation, aura un terme : Dieu attend pour le faire cesser que la totalité des nations païennes ait fait son entrée dans le rè^ne de Dieu. Israël aurait dû être l'instrument de Dieu pour introduire tous les autres peuples dans l'Etilise du Messie; pour son châtiment c'est l'inverse qui a lieu, ainsi que l'avait annoncé Jésus : «Les premiers seront les derniers.» 11 est presque incroyable que nos réformateurs aient pu se roidir, comme ils l'ont fait, contre une pensée si clairement exprimée. Mais ils se sont montrés en général assez indifférents à l'égard des points d'eschatologie, et ils redoutaient particulièrement tout ce qui paraissait favoriser l'attente du règne de mille ans dont ou avait tant abusé de leur temps. Calrin a donné à la conjoncl. x/ptç oj, jusqu'à ce que, le sens impossible d'a/m que (ut) : ce qui ramenait l'idée de ce v. à celle des v. Il el H. F^lusieurs {Calor el d'autres) ont donné à cette conjonction le sens de aussi longtemps que, afin d'obtenir cette idée : que, tant que dure le temps de l'entrée des Gentils dans l'Eglise, un certain noMd)re de Juifs continuent à se convertir, d'où il résulte qu'à la fin la totalité du peuple de Dieu, Juifs et païens {tout Israël, v. 20), sera constituée. Cette explication n'est qu'un expédient pour se débarrasser de l'idée de la conversion finale du peiqtle juif. Klle est natui'elleuieut insoutenable. D'al)ord au point de vu(> ^iramuialical. car la conjonction i/c'-c oj ne pourrait signifier <///.v.s/ lonq- Irmps que, que si le verbe était au présent indicatif. Avec le vcibc à l'aor. eonj. le seid sens pt)ssible est : a jusqu'à

CHAI'. XI. •>:.. 'i-^15

ce que soit entrée. » Puis au point de vue du contexte; car le mol Israël n'a ici qu'un sens possible, le sens propre, tout ce chapitre traitant de l'avenir de la nation israélite. Knfin au point de vue du simple bon sens; puisque l'apôtre ne pourrait annoncer comme un mystère divinement révélé le fait tout simple que, aussi longtemps que la prédication retentira aux oreilles des Gentils, jusqu'à la fin, il y aura toujours quelques individus juifs qui se convertiront encore. Comp. Ihxhje. — L'expression : la plénitude des Gentils, désigne la totalité des nations païennes entrant successivement dans l'Eglise par la prédication évangélique. C'est toute cette époque de la conversion du monde païen que Jésus désigne, Luc XXI, iA, par l'expression remarquable /.aipoi iOvcov, les temps des Gentils, qu'il oppose tacitement à l'époque tliéocralique, le temps des Juifs (XIX, Ai et Al). Jésus ajoute, absolument dans le même sens que Paul, « que Jérusalem sera foulée jw.çqu'à ce que ces temps des Gentils soient accomplis; » ce qui signifie évidemment qu'après ces temps écoulés Jérusalem sera affranchie et relevée. Dans ce discours de Jésus, tel que le rapportent Matthieu (XXIV, \A) et .Mai'c (XIII, 10;, il est dil : « L'Kvangile du royaume sera prêché aux Gentils sur toute la terre; et alors viendra la fin.» Dans cette fin est compris le salut du peuple juif iMatlh. v. :\\). — Olsh. et /'////. entendent par Trlr.pwixa non la totalité âes peuples païens, mais le supplément de païens nécessaire poui' coud)i(.'r dans le règne de Dieu la lacune pi'oduile |)ar l'exclusion des Juifs. Mais cette idée irait directement à rencontre du contexte; car elle écarte précisément celle de la conversion des Juifs, dont la place dans le règne de Dieu serait remplie par les païens convertis. D'ailleurs le tcov devant iOvwv ne permet de penser qu'à la tot.'dilé des [)euples païens.

'^'Xi i.A MAHCHK uc SAI.IT DANS l.m.MAMTK

V. i{y\ Rai o'jTco;, cl ahm ; non : «et alors.» Dans la 1'"' éd., je pensais que le aùisi devait signiiier : par le moyen de celle enli-éc des païens dans l'Eglise. Ce sérail déjà l'idée développée an v. :M . Cependant, comme l'ohserve Weiss, celle idée n'esl encore indiquée ici par rien; el il vaul mieux entendre ce ainsi dans le sens de : « Cette condition une lois rem|)Iie. » — llà; 'l'jpa-/;}., tout Israii, signifie évidemment fsmi'l tout entier, lors même que l'expression cori'ecte pour exprimer cette idée semblerait èli'e plutcM : 'l<jzc/.r,\ oAo;. .Mais le terme -nrà; désigne ici, comme souvent, chaque individu dont se compose la totalité (comp. '2 Cliron. XII, l : -à; 'iToavil [xsT'aÙToO, tout Israël clail avec lui); Act. Il, rJ6 ; Epli. II, 21. Bent/el et Olshausen, prenant Israël au sens spirituel, rapportent ce terme uni(juem(Mit à la portion ëlue du peuple; d'après Otto, Kliefolh ' (voir Calov, v. 25), ce mot désignerait, tous les individus israéliles qui se convertissent successivement depuis les temps apostoliques jusqu'à la Parousie. Mais le terme abih-'nmxui^ sera sauvé, ne serait dans ce cas qu'une pure tautologie, tandis qu'il indique évidemment un événement saillaiii, tel que celui que faisait attendre le terme de myslën' par leipiel rapr)lre l'avait désigné en conmiencanl.

Il est conq)lèlemenl inutile, mal^ri'^ toutes les tergiversations des réformateurs et d'un grand nombre de théologiens, de se refuser à trouver ici l'idée de la conversion nationale d'Israël à la lin des temps. Il va sans dii'e que l'apéitre ne veut point j)ar là supprimer la liberté individuelle chez les Israélites qui vivront à celte époque. Il parle d'un mouvement collectif (|iii s'eiiq)aiera de la nation en i/enrral et (jui l'amènera, connue telle, aux pieds

' J'/ii/ippi me seiiiljle à la t'ois admeltrc et repoïK-^sor cette e\[)li- CiUion.

CIIAl". XI. 'li\--H. iOT

(le son Messie. La résistance individuelle reste possible. Comparez le tableau admirable de ce monu'nl dans le proplièle Zacharie (XII, 11-14). Deux paroles propliétiques sont, alléguées, comme contenant déjà la révi'dation de ce mystère.

V. 26'' et ill : (( selon qu'il est écrit : Le libérateur viendra de Sien', il enlèvera de Jacob les impiétés, 27 et c'est ici l'alliance que je leur donnerai quand j'ôterai leurs péchés.» — Deux passages sont combinés dans cette citation, comme cela a déjà eu lieu si souvent; ce sont Esaïe LIX, 2(1 et XXVIl, 9. Jusqu'au mol quand, tout appartient au premier passage; avec cette conj. commence le second. Tous deux dans Esaïe se rappoitent aux derniers temps et ont, par conséquent, une portée messianique. Paul cite d'après les LXX, avec cette différence qu'au lieu de sv. ^n-i-^, de Sion^ ceux-ci lisent : îW/.sv iiwov, «en faveur de Sion. » La l'orme des LXX eût aussi bien convenu au but de l'apùtre que celle qu'il emploie luimême. F'ourquoi donc ce changement? Peut-être la prépos. svexev, en faveur de, était-elle abrégée dans certains Mss. des LXX, de manière à être aisément confondue avec ;/., de. Ou peut-être l'apùtre pensait-il à quelque autre pa*ssage, tel que Ps. CX, 2, où le Messie est représenté partant de Sion pour établii' son régne. Mais ce qui est singulier, c'est que ni l'une ni l'autre forme ne réj)ontlenl exactement au U'xla bébreu, qui dit : « vi(mdra à Sion (lelsion) et vers ceux qui se convertissent de leurs péchés en Jacob.)) Il est probable qu'au lieu de lescliavc («ceux qui se convertissent))), les LXX ont lu leschor (pour drtournerj; et ils ont rendu cet infinitif de but par b; lulnr ; il détournera. De là la forme de notre citation. Ouoi qu'il

« T. \\. lit ici /.ai avec K L S\ r.

^tOH T.A MARCHK Dl' SAUT DANS I. HUMANITÉ

en soil, le sens est que celui qui délivrera Sion de sa longue oppression, le fera en enlevant l'iniquité du peuple entier. Telle est en effet la portée du terme 'la/.(o[i, Jacob, qui désigne collectivement toute la nation. C'est donc sur celle seconde proposition du v. :26 que repose le poids de la citation. Quant à la première proposition, il est naturel de penser à l'action exercée par le SeiLincur dans sa première venue en Sion.

V. 27. La première propos, de ce v. appartient encore au premier des deux passages cités; mais, chose singulière, elle est presque identique à la phrase par laquelle commence dans Esaïe la seconde parole employée ici (XXVII, 9) : « Et voici la bénédiction que je mettrai sur eux lorsque.... » C'est ce qui a sans doute donné lieu à la combinaison de ces deux passages dans notre citation. Le sens est: «En ceci consiste l'alliance [nouvelle; comp. Jér. XXXI, :\o] que je ferai alors avec eux (émanant de moi, de ma grâce, -ap'iaoO); c'est que j'enlèverai [pour toujours] leurs péchés. » Le pronom ajTwv, leur, se rapporte aux individus, tandis (pic le nom de Jacoh désignait l'ensemble du peuple.

"Dans les deux v. suivants l'apnlre lire de ce qui précède la conclusion relative à la position actuelle d'Israël : au V. 28 il résume dans une antithèse frappante le vrai jugement que les païens doivent porter sur celte position mixte en quelque sorte, et au v. 29 il justifie par un principe du gouvernemenl divin la formule qu'il vient de donner.

V. 2S et -2!) : «Par rapport à TEvang-ile ils sont, il est vrai, ennemis à cause de vous; mais par rapport à l'élection ils sont aimés à cause des pères; "2'.' car les dons et la vocation de Dieu sont irrévocables. » — En somme, Isiadsr trouve dans une double siluatidu par rapport à lliru : il csi à la lois cimeiiii cl aiim'-. Mais le

ciiAi'. XI. 2t;--2.^. 401»

second caractère finira par remporter sur le premier. Les mots : ptir rapport à Œvaiu/ite, sont expliqués par le : à cause de vous, qui en est comme l'épexétiése : à cause de vous, païens, qui deviez, par la foi à l'Evangile, être introduits dans le régne de Dieu, et qui n'auriez pu l'être si Israël avec son esprit légal et orgueilleux en fût devenu le représentant et le messager. Il a donc fallu la rupture momentanée de ce peuple avec Dieu au sujet de l'Evangile, pour que voire admission fût possible; voir v. 7, 1 1 et 15. Comment Weiss peut-il envisager celte idée comme eingetragen? — H va sans dire que le terme i/Ôpôc, ennemi, ne peut signifier ni ennemi de Paul {Théod.^ Luther, etc.), ni ennemi de l'Kvangile (Chrys.) ou des croyants (Olsk.). Le y.yce.--nToi, aimés, montre clairement qu'il s'agit de la relation entre Israël et Dieu. Celte antithèse prouve également qu'il faut attiibuer l'Iiostililé dont parle Paul, non aux Juifs à l'égard de Dieu, mais à Dieu à l'égard des Juifs; comp. V. 10. Il faut naturellement éloigner de ce sentiment divin d'inimitié tout alliage de ressentiment personnel ou d'esprit de vengeance. Dieu hait le pécheur dans le sens où le pécheur réveillé se hait lui-même, ou hait sa rie jiropre (Luc XIV, 26). Cette haine est le sentiment de répulsion qu'éprouve la sainteté pour le mal d'abord, puis pour celui qui se livre au mal, dans la mesure où il s'identifie luirnéme avec le mal. En chaque Juif persistant dans les dispositions qui ont conir'ibui' à lui faire repousser l'Evangile, il y a donc un objet de la haine divine, mais il y a en même temps, en raison d'un autre fait, un objet de l'amour divin. Cet autre fait est Véleclion de ce peuple connue peuple du salut, en la personne de ses pères, les patriarches. Si l'on demande comment ces deux sentiments opposés peuvent coexister dans le cœur de Dieu, il faut i-emar- (juer (|u'il en esl de iikmiic an lond à iV-gai'd de eliacpie

•i-IO [,.v MAIICIIK 1)1' SALIT DANS LIIIM AMTK

liomiiie. Dans cIkuiuo liommi; iléchu coexislenl un être que Dieu hait et un être qu'il aime, l'iioinine rebelle et l'iionune créé à son imatie et pour lequel son Fils est mort. Puis il faut considérer que cette dualité de sentiments n'est que transitoire et doit aboutir finalement soit à la colère absolue, soit à l'amour parfait; car tout hounne doit arriver au terme absolumetit bon ou absolument mauvais de son développement moral, et alors le sentiment divin sera simplifié (voir à V, 0. 10). — Les mots : par rapport à l'élection, ne doivent pas être rapportés, comme le veut Meyer, au reste élu, comme si Paul voulait dire que c'est en raison de cette élite indestructible que Dieu aime toujours Israël. La notion d'élection est clairement délerminée par l'épexégése : à cause des prres. L'amour dont Dieu a aimé les pères demeure sur leurs descendants «jusqu'en mille liénérations » (Ex. XX, 6). Que les cœurs des fils se retournent seulement vers les pères, c'est-à-dire qu'ils leviennent aux sentiments des pères (Mal. IV, 6; Luc I, 17), et la bénédiction, comprimée en quelque sorte par leur disposition mauvaise, se répandra de nouveau sur eux.

V. i29. Ce v. justifie l'assurance de salut exprimée en laveur d'Israël dans la seconde propos, du v. 'ttS. Les don.s de Dieu pourraient désigner les faveurs divines en t;énéral; mais peut-être est-il plus conforme au conlexle, qui se rapporte tout entier à la destination d'Israël, de donner à ce terme le sens spécial qu'il ;i ordinairement dans les épitres de saint Paul. Il y dèsiiine les aptitudes morales et intellectuelles dont Dieu dote un homme en vue de la lâche qui lui est confiée. Et qui peut méconnaître que le peuple d'israëd ne soit eu effet dom'' (1(3 (jualités uniques poui' sa niissidii (le piMiple du salut? Les (irecs, les Romains, les Pli('nieien> ont eu l(Mirs dons spéciaux dans les difiëreiits domaines de la seienc(! et des arts, du droit et de la poli-

CHAI'. XI. 28--2iJ. ill

tique, (le l'iiRluslrie et du conimeice. Isr.iël, sans être dépourvu des qualités qui se rapporlenl à ces spliëres d'activité len-estre, a reçu un don supérieur, l'organe pour le divin et l'intiiilion de la sainteté. — La vocolion de Dieu est, d'un côté, la cause, de raulre, l'efTel de ces dons, (l'est parce que Dieu a appelé ce peuple dans son conseil éternel, qu'il les lui a confiés; et c'est |>;nce qu'il l'a rempli de ces dons, que dans le cours des temps ce peuple doit accomplir sa mission salutaire à l'r'gard du monde, lors même que par sa faute il s'est momentanément privé de celle auguste prérogative. Sa destination l'csle ii-révocable; el par un excès de la miséricorde divine (v. -20) elle se l'éalisera pour lui à l'époque annoncée par l'api'itre, lorsqu'après avoir ohienu lui-même le salut il lëra enlin déborder la vie d'en-haut au sein de la chrétienté païenne (v. H. \')). — Le génitif OeoO, de Dieu, a un s<'ns argurrienlalir. — - Ce caractère irrévocable de la destination d'Israël n'a rien de contraire à la liberté des individus; aucune contrainte ne sera e.vercée. Dieu laissera se succéder les générations incrédules aussi longteirqis qu'il le faudra, jusqu'à ce que vienne celle tpii enfin ouvrira les yeux et se rdournera librement vers lui. Kl même alors il ne s'agira que d'un mouvement national el collectif auquel pourront se soustraire ceux qui refuseront décidémenl. de s'y associer. Seulement il est impossible qiui la pi'éconnaissance divine à l'égard d'Israël connue peuple (« le peuple que Dieu a préconnu, » v. -J; ne (inisse pas par se réaliser dans riiisloii-e.

Ui<'n dans ce passaiic n'a traita un rétablissement te»</Jor<?/ de la nation juive, ou a une monarchie isiaéhte dont le siège se trouverait en Palestine. Lapôtre ne |)arle que dun relèvement spirituel par le moyn d'un pardon général et des iziAces qui en (iècouleronf. t'iic restaiiiatiori nationale de nature politi(pie se

•il'» 1..V M.VliCIlK nr SAUT DANS I/HIMANITÉ

liuiiime. Itjiiis cIkkiu»; lionimn déchu coexistenl un èireque Dieu hait et un être qu'il aime, l'hoiuine l'ohelle et rhoiiime créé à son imaLio et pour lequel son Fils est mort. Puis il faut considérer que celte dualité de sentiments n'est que transitoire et doit nhoulir finalement soit à la colère ahsoluo, soit à l'aumur parlait; car tout humme doit ariiver au terme ahsolumcnt hon ou absolument mauvais de son développement moial, et alors le sentiment divin sera simplifié (voir à V, \). 10). — Les mots : pur rapport à l'élection, ne doivent pas être rapportés, conune le veut Mt-i/er, au reste élu, comme si Paul voulait dire que c'est en raison de celte élite indeslructihle que Dieu aime toujours Israël. La notion d'élection est clairement déterminée par répexéjiése : à adise des prres. L'amour dont Dieu a aimé les pères demeure sur leurs descendants «jusqu'en mille iiénéralions » (Ex. XX, 6). Que les cœurs des fils se retournent seulement vers les pères, c'est-à-dire qu'ils reviennent aux sentiments des pères (.Mal. IV, 6; Luc I, 17), et la bénédiction, comprimée en quelque sorte par leur disposition mauvaise, se répandra de nouveau sur eux.

V. 20. Ce v. justifie l'assurance de salul exprimée en laveur d'Israël dans la seconde propos, du v. ilS. Les dons de Uirn pourraient désigner les faveurs divines en L^V-néral; mais peul-èlre est-il plus conforme au conle\ir, (jni se rapporte loul entier à la destination d'Israël, de donner à ce terme le sens spécial (pi'il a ordinairt^nent dans les épîlres de saint Paul, il v désiiin(! les aptitudes morales et intellectuelles dont Dieu dote un homme en vue de la lâche qui lui est confiée. Et qui peut méconnaître que le piuiple d'Israël ne soil en elfet dom'' de (jualités uniques pour sa mission de peuple du salul? Les (irecs, les Romains, les Plii''nieieii> ont eu leurs dons spéciaux dans les différenls domaines de la science i;! des arls, du droit et de la poli-

Œ\ï\ XI. 28--2'J.

tique, (le l'industrie el «lu commerce. Isr.iël, sans être flt^pourvu {\es qualités qui se rapportent à ces splièi'es d'activité terrestre, a reçu un don supérieur, l'organe pour le divin et l'intuition de la sainlfté. — La rocuUon de Dieu est, d'un coté, la cause, de l'autre, l'effel de ces dons, ("i'est parce que Dieu a appelé ce peuple dans son conseil éternel, qu'il les lui a confiés; et c'est parce qu'il l'a rempli de ces dons, que dans le cours des temps ce j»:hijtle doit accomplir sa mission salutaire à l'étiard du uiondc, lors même que par sa laute il s'est momentanément privé de celle auguste prérogative. Sa destination resli^ iiTévocable ; et pai' un excès de l;i miséricorde divine (v. :20) elle se réalisera pour lui à l'époque annoncée par V;\\)n- Ire, lorsqu'aprés avoir oiitenu lui-même le salut il léra enfin déborder la vie d'en-haul au sein de la chrélienté païenne (v. ]'2. ITo. — Le génilil* OcoO, de Dieu, a un sens argumentalir. — Ce caractère irrévncahle de la destination d'Israël n'a rien de contraire à la liberté des individus; aucune contrainte ne sera c.\ercée. Dieu laissera se succéder les générations incrédules aussi longleuq)s qu'il le faudra, jusqu'à ce que vienne celle (pii enfin ouvrira les yeu.v et s-^ retourneia librement vers lui. Kl même alors il ne s'agira que d'un mouvement national el collectif auquel pourront se soustraire ceux (|ui refuseront décidément de s'y associer. Seulement il esl im|>ossible que la préconnaissance divine à l'égard d'Israël comme peuple (« le peuple que Dieu a préconnu. >-> v. -J ne finisse pas par se réaliser dans riiistoiie.

Kii'ii dans ce passage n'a traita un rétablissement /(?>/ir?ore/ ilo la nation juive, ou a une nionaicbie israciite dont le siège se trouverait en Palestine. Lapôtre ne parle que d'un relèvement spirituel par le nio\en d'un pardon .L.'énér;d et des LMâces qui en découleront, l'ne restatirafion nationale de nature politi(|Ut' se

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