‹ Commentaire sur l'épitre aux RomainsChapitre 41 sur 97 · LA MARCHE DU SALUT DANS LIUMANITÉ · texte numérisé non relu

LA MARCHE DU SALUT DANS LIUMANITÉ

Inde d'un sort seinlilnbte à celui des Juifs. La leçon •>}■/;- Aoopovsi doit peul-èlre être préleiée à la forme 'j'irily. çcovs-, qu'y suhsliluent les alex., probablemenl d'après XII, 1(5. Dans le passage 1 Tim. VI, 17, où se retrouve ce mot, la mc'me variante existe. Mais il ne suffit pas de ne pas s'élever; il faut positivement craindre. Comme le dit Bengel, la crainte est ici opposée non à la confiance, mais à la sécurité et à la présomption.

V. "2]. Cette crainte est d'autant plus motivée que, les branches entées étant moins homogènes au tronc que les branches naturelles, leur reliancliemenl peut avoir lieu plus aisément encore en cas d'inlidélité. La leçon alex. retranche la conj. >j:/-ok, de peur que; le sens est ainsi : (( il ne t'épai'gnera pas non plus.» Mais le T. W. avec les gréco-lat. lit y//i-o); (avant oji^è '7oO)qui dépend de la notion de crainte à la (indu v. précédent : «crains qu'il ne t'épargne [tas non plus. » 11 est difficile de croire qu'un copisti' eût introduit cette forme dubitative et légèrement ironique de peur que; il est plus probable que cette conjonction aura été omise en raison du futur (peÎTSTat, é/iargnera, qui est certainement la vraie leçon et qui aura paru incompatible avec une telle conjonclion. De là sont résultées deux es[)èces de corrections en sens inverse : b^s uns (les alex.) ont leiranché la conj., d'autant plus qu'elle ne dépendait d'aucun verbe; et les autres, les Mnn. byz., ont changV' l'indic. (^sÎTSTai) en conjonclif (osî-r-ziTai). — L'indicatif avec [/•/;-(.): donne à la menace un caractère de réalilé plus acccnlué. C'est ici l'un de ces cas où la leçon gréco latine paraît mi'riler la préférence sur les deux anlres.

Les V. il'l-Hi tirent pour les croyanis d'origine païenne l'appliealion pratique de tout ce qui vient de leui' cire rappelé dans les v. I7-"21 .

V 2-2 : «Considère donc la bonté et la sévérité de

Dieu : la sévérité ' envers ceux qui sont tombés, mais la bonté - envers toi, si tu persévères ' dans cette bonté, puisque [autrement] tu seras aussi retranché." — Les lecteurs venaient de conlempler deux exemples, l'un de sévérilé, l'autre de grâce ; le premier, en la personne des Juifs; le second, en la leur propre. De là deux leçons à tirer que l'apùlre les supplie de ne pas négliger. En oppos. à/pyicTOTv;!;, bouté, de /pr-^'o; (lillér. maniable), l'apôtre emploie le terme énergique à-otoaia (deà-oTiavco, couper franc, couper court) : une rigueur qui ne lléchil pas. L'absence d'article devant les deux substantifs est bien expliquée par Weiss : il ne s'agit pas des perfections divines en elles-mêmes, mais uniquement de leur application dans ce cas particulier. — 11 faut sans doute lire dans la seconde pbrase ces deux subst. au nominatif avec les alex. ; car les copistes auront plutôt cbangé le nomin. en accus, que l'inverse. Dans ce cas on peut avec Weiss sous-entendre le verbe est (n la sévérité est pour ceux qui )>) — mais cette construction est lourde — ou bien Ton l'ail de ces deux mots des nominatifs absolus; celle l'orme est fréquente dans les appositions, quand on veut relever fortement l'idée du mol appositionnel. — Kn passant à l'application des deux modes d'agir divins qu'il vient de caractériser, l'apôtre commence par le second, afin de terminer par le premier qui se rapporte directement à ses lecteurs. Le terme de tomber désigne non le retrancliemenl des .luifs, qui rentrerait dans V y.-o^fj'j.iy. , mais \(iuv péché, leur incrédulité. La restriction menaçante : « Si tu persévères dans cette bonté, )) fait entendre que la condi-

' X A i{ (> lisent an'>To;j.'.a. iiii lieu (i'anoT'j;;'.av (|;iiH T. |{. '^ A B C D lisent /priO-'r.r,;. au lieu do -/pr.^TOTr.Ts:. — Los iiu'inos li\cc N lisent Oîoj (de DienJ après /r^r^'jz'j'r,;. ■' X ]{ F) : :r'.;j.r/r,; au liou (\'î-:'j.ir/riç.

•i'X* I.A MAKCIIK Ur S.VIJ T liANS I/IILMANITÉ

lion (lu iii;iinlieii dans l'élat dr liiVicc esl la même qtie celle on verlii de laquelle on y esl entré : riiumble loi. Malheureux le fidèle pour qui la jifàce n'esl plus grâce au centième et au uiillièine jour, comme au premier, plus même qu'au premier! Le moindic sentiment d'élévation propre qui vient à s'emparer de lui à l'occasion de la grâce qu'il a reçue ou des fruits qu'elle a protluils, détruit pour lui la grâce elle-même et la paralyse. 11 ne lui reste plus dans cet état qu'une chose à attendre : être, lui aussi, reiranchè du tronc. — Le près. i-vj.vn,z doit-il être préféré à l'aoriste i-'.jv.cîvr,:? — Kal t'j, loi aussi; toi aussi hien que les Juifs. Le futur passif i/./jj-r.nr , lu seras reiranchè, termine brusquement la phrase, semblalde au coup de hache qui abattra cette branche hautaine. — 11 n'est que trop clair, pour (juiconque a {\(ii> yeux pour voir, que noire chrétienté d'origine païenne arrive aujourd'hui dans sa majorité au point prévu par saint Paul. Dans son orgueil elle foule aux pieds la notion même de cette grâce qui l'a faite ce qu'elle est. Elle maiche donc à un jugement de réjection, semblable à celui d'Israël, mais qui n'aura pas pour l'adoucir une promesse comme celle dont est accompagnée la déchéance juive (v. :28). — Du reste, je ne pense pas, malgré ce que disent Weiss et Lulhardl, qu'il y ait à tirer de ce passage aucune conclusion contre la doctrine d'un décret inconditionnel relatif aux individus; car il s'agit ici de la chrétienté d'origine païenne en général, et non de tel ou tel de ses membreen particulier (voir Hudi/r).

Dans les v. 'l:^ et 2i est appli(iut''e Tidè-e de la scrrrilc, comme dans le précédent celle de la bonlu. De même que la bonté dont les païens ont joui, peut par leur faute se tiansformer en sévérité, de même la sévérité avec laquelle ont ('té traités les Juifs, |teut se transformer pour eux en misé-

CIIAP. XI, ±2--2't. -iOl

ricoi"tlieiise bonté, s'ils consentent à croire, comme ont cru jadis les païens. Par la fin du v. 24, l'apùtre revient à son sujet principal, l'avenir d'Israël.

V. 23 et 24 : « Et ceux-là, d'autre part, s'ils ne persévèrent pas dans l'incrédulité, seront entés; car Dieu est puissant pour les enter de nouveau. 2t Car si toi, tu as été coupé de l'olivier sauvage par nature et as été enté contre ta nature sur l'olivier franc, combien plutôt eux, qui sont branches par nature, seront-ils entés sur leur propre olivier! (^ — Si la sévérité i-nvers l^s .liijls est une menace pour les païens, il y a pour les .luils un gaye de miséricorde finale dans la iiràce dont les païens ont été et sont les objets. (Ju'ils cessent de persévérer dans leur incrédulité, et Dieu leur rendra leur place dans son régne. Aé, d'antre part, comme VIII, 8. — Dieu est puissant : il y a comme une fine ironie dans celte manière de s'exprimer. « S'il a pu t'incorporer, loi, païen, lorsque tu as cru, il sera bien aussi assez puissant pour les réintégrer, eux Juifs, dés qu'ils croiront. » Kl même il le fera plus certainement encore : rrocco [j.i'/JM, combien plutôt! non qu'une chose soit plus facile qu'une autre à la toute-puissance divine. Mais il s'agit ici de la prédisposition humaine. Il y a entre la nation juive et le régne de Dieu une sorte d'afunité essentielle, dli.irmonie préétablie, qui fait que, dés que l'obstacle sera enlevé, que l'incrédulité juive tombera, sa rentrée dans le règne de Dieu s'opérera en un clin d'œil comme par une sorte d'atavisme moral cl par un retour, on peut presque dire naturel à la consécration originaire de la nation. 1! en sera pour eux comme pour Paul lui-mèine. Le voile tombera et tout sera fait (2 (!or. III, 10). 11 ne s'agit point ici tlu plus ou du moins de facilité d'amener à la foi un Juif ou un païen; il s'agit de l'adoption du Juif devenu croyant

403 LA MAP.CIIK Ur SALIT UANS L-lirMANlTl-;

(voir Weiss). — 11 esl inulil(^ de faire du o'I un pron. relatif (oï), comme le veulent Fritzsche et Hofmann.

Jusqu'ici l'apôtre a montré la convenance morale de l'événement qu'il a en vue; maintenant il l'annonce comme l'objet d'une révélation expresse.

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