‹ Commentaire sur l'épitre aux RomainsChapitre 44 sur 97 · V. ,IU-;I:2 : La vue d'ensemble · texte numérisé non relu

V. ,IU-;I:2 : La vue d'ensemble

Le thème de ce chapitre est propremenl épuisé; après avoiréclairé ses lecleuissur le problème de la réjeclion partielle et temporaire d'Israël, d'abord au point de vue du droit de Dieu (ch. IX), puis au point de vue du péché qui a motive cette dispensation (ch. X), l'apôtre vient de montrer les résultats bienfaisants de cette dispensation inatlendiie. Une lui reste plus qu'à faire renli'er ce qu'il vient de dire relativement au passé et cà l'avenir du peuple élu dans une vue générale du plan de Dieu quant à la marche i'eliL;ieuse dr l'humanité. (Test ce qu'il fait dans le passai^e final (v. oO- M), dont le sens est que Dieu^ après avoir sauve les païens par la réjection des Juifs (v. .10), sauvera les Juifs par le salut des païens (v. ."îl), et qu'ainsi le salut de l'ensemble de la famille Iminaine, lombèe timl cnlièi'e en Adam, sera le terme i^lorieux des voies el des jugements divins (v. :]-i).

V. .'30 et rîl : « Car de même qu'autrefois vous aussi' avez désobéi à Dieu, mais que maintenant vous avez obtenu miséricorde par la désobéissance de ceux-ci, ."» I ainsi eux aussi - ont désobéi maintenant, afin que par la miséricorde qui vous est faite ils obtiennent,

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eux aussi', miséricorde. » — Cur: en effet ce? dispensations spéciales sont mises dans leur plein jour par la vue (lu plan divin contemplé dans son ensemhlf. Le cours de l'histoire religieuse du monde a été déterminé pai- l'antagonisme créé au sein de l'humanité par la vocation d'Abraham entre un peuple destiné de Dieu à recevoir ses révélations et les autres peuples qui ont élé livrés à euxmêmes. C'est dès cet instant (Gen. Xll) que commencent à se dessiner ces deux courbes immenses qui, après avoir traversé les siècles anciens en sens opposés, se sont croisées à l'avènement du christianisme pour se prolonger dés ce moment en directions inverses, et qui doivent finir par se réunir et se confondre au terme de l'histoire, donnant ainsi à celle-ci comme la figure d'un immense caducée.

Les païens ont eu les premiers leur temps de désobéissance. Le mot autrefois reporte le lecteur au contenu du chapitre premier, à ces temps d'idolâtrie où les Gentils étouffaient volontairement la lumière de la révélation naturelle, pour s'abandonner plus librement à leurs penchants mauvais. Cette époque de désobéissance est ce que l'apùlre appelle à Athènes, Act. XVll. :î(), du nom moins sévère de « temps d'ignorance. » — Peul-élre laut-il lire avec le T. R. xaî, aussi, après car. Ce petit mot pouvait facilement être omis; il rappelle dés l'abord aux païens qu'eux aussi, comme les Juifs, ont eu leur temps de rébellion. — Ce temps de désobéissance a maintenant pris (in ; les païens ont trouvé grâce. Mais à quel prix? Au moyen de la désobéissance i.h^^' Juifs. Nous l'avons vu en effet : il a fallu que Dieu fît le sacrifice momentané de son peuple élu, pour dégager rKvaniiile des formes légales dans lesquelles celui-ci voulait le tenir enfermé. Voilà pourquoi

' B I) li?enl de nouveau /jv (ntaintennut) devant ù-irfii-izri .

''^l'• LA MAiiciii; i>r saut hans i/hi'maniïk

Israël a «lu (Mn,' livré à riucrédiiliu'' à l'éiiard de son Messie; de là son rejel qui a ouvert le monde à l'Evangile. Weiss ne veul pas entendre parler d'un tel but. Mais alors à quoi bon le décret et i'acle divin de l'endurcissement des Juifs? Weiss répond que, si Israël avait accepté l'Evangile, le salut lui aurait été accordé par un elTel de la fidélité de Dieu, non de sa miséricorde, tandis que, une fois devenus semblables aux païens par leur incrédulité, leur réintégration sera due à la incme miséricorde que le salut des païens. Ce serait dire que l'incrédulité des Juifs a été pour Dieu un moyen de glorifier sa miséricorde. Il les aurait endurcis afin de faire éclater non seulemeni sa fidélité à accomplir ses promesses, mais aussi sa grâce! Paul subliliserail-il donc de la sorte?

V. :\\ . ('ne dispensation analogue doit un joui' s'accomplir envers les Juifs par le moyen des païens : le mot vOv, mainlemml, oppose la période actuelle (depuis la venue de Cbrist)au temps écoulé avant cette venue. Ce sont maintenant les Juifs qui ont leur temps de désobéissance, tandis que les païens jouissent du soleil de la grâce. Et cela dans quel but? Afin que par la grâce qui est maintenant accordée à ceuxci, grâce soit aussi un jour accordée à ceux-là. Seulemeni celle fois ce ne sera plus la désobéissance des uns qui produira la conversion des autres; ce sera au coniraire le salut des uns qui amènera celui d(^s autres. Ainsi plus de nouvelle dissonance ! L'Iiisloire du règne de Dieu aboutira à l'barmonie finale. Les |>aïens étaient deliors (piand Israël fut appelé à entrer. Puis Israël dut soi'lir afin que lesdenlils jiussent entrer. Mais les Gentils ne sortiront })as de nouveau pour faire place aux Juifs; ce sont eux au contraii'e qui du dedans ouvriront la porte à Israëd. De là le (orr-sc, de mêhie <jue, el le ou-w; /.aï, tiinsi missi, (jui lient les v. ."10 el ïM . IMusieuis ont rapporté le rég. xw jv.eTspo) iAce-, (lillèr. ii ou

CHAI'. XI. ;{()-3'2. 4-ir)

)iur rotre miséricorde ) au verbe r-v.HrnyM, ri ont pas obéi, dans ce sens qu'ils n'out pas voulu croire à cette grâce qui vous élait faite (Luther), ou hien qii'ils ont été incrédules (à l'Evangile) parce que vous avez été graciés (Calv., Beck), ou qu'ils n'ont pas cru afin que vous pussiez croire et obtenir miséricorde (Volkm.). Dans tous ces sens le parallélisme frappant et intentionnel des deux v. 30 et :»1 est méconnu. Le régime tw -ju.t-cçxo i\Ui (par la miséricorde qui vous a été faite) dépend certainement du verbe suivant sler.ÔtÔTi, qu'ils obtiennent miséricorde. Ce régime a été placé avant la conjonct. ïva, afin que, pour le mettre fortement en relief, car ce sont ces mots qui renferment l'idée essentielle du verset; comp. les inversions semblables XII, '?>; I ('-or. III, 5; IX, 15, etc. Mais, pour bien comprendre la pensée de l'apùtre. il faut se garder d'entendre ce régime -rw -jaeTc'pw â/.ssi, par votre miséricorde, dans le sens de Tholuck vX de Wciss : «par une miséricorde semblable à celle dont vous avez été l'objet )>; idée que Paul eût exprimée beaucoup plus simplement et clairement. Le viai sens de ces mots est : « par l'effet de la miséricorde même dont vous avez été l'objet. » C'est l'idt'e du V. Il : le salut accordé aux Gentils finissant par exciter les Juifs à jalousie et parleur ouvrir les yeux, de sorte qu'ils reconnaissent et embrassent enfin comme leur Messie promis ce Jésus (pii a converti le monde à l'Elcrnel (voir p. ."{74-).

V. rj2 : « Car Dieu les a tous ' enfermés dans la désobéissance, afin qu'il fasse miséricorde à tous. » — C'est ici couune b^ point final appds/' à tout ce qui précède; ce dernier mol i-end compte de tout le plan rie Dieu, dont les pliases principales viennent d'être esquissées (ca)'i.

* D F (i it. Ir. liseiil -av-a on Ta rravTa Hontes choses) au lii'M 'le toj; -■xT.T.t /tous).

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