‹ Commentaire sur l'épitre aux RomainsChapitre 45 sur 97 · Mt LA MAliCllK l»r SAUT DANS LIIIMAMTK · texte numérisé non relu

Mt LA MAliCllK l»r SAUT DANS LIIIMAMTK

— Le ternie G-jy/.ASist.v, nifenner miseinble, s'apjiliqiie à une pluralité d'individus que l'on enserre de telle sorte qu'il ne leur reste qu'une seule issue par où ils sont tous Ibrcés de passer. La pi"épos. tôv, avec, qui entre dans la composition du verbe, décrit l'enveloppement comme ayant lieu de tons les côtés à la (ois. Quelques interprètes ont pensé qu'il fallait donner à ce verbe un sens simplement déclaratif, comme Gai. 111, 22, où il est dit : <i L'Ecriture a enfermé toutes choses sous le péché.» Mais dans notre passage l'action n'est pas attribuée à un sujet impersonnel comme l'Ecriture; le sujet, c'est Dieu lui-même; ce sont ses dispensations dans le couis de l'histoire qui sont expliquées. Le verbe ne peut donc se rapporter qu'à un acte réel, en vertu duquel les deux portions de l'humanité dont il vient d'être parlé, après avoii' eu chacune à pari leur temps de désobéissance, jouissent ensemble iVuiu' commune économie de salut. Les actes sévères par lesquels Dieu amènera ce résultat magnifique, nous les connaissons par tout ce qui précède; ce sont les deux jugements que Daid a expressément mentionnés dans le cours de cette lettre : les païens, qui avaient étouffé les hmiières de la révélation naturelle, livrés à la puissance de leurs convoitises toujours croissantes (le -açcVWevde l, 2-4. 20. 2S); les Juifs, dont l'oigueil s'était noniri des grâces mêmes qu'ils avaient reçues, livrés à un aveuglement par lequel ils (mt été séparés de leur Dieu pour un temps (le i-topojO/'jav du v. 7, coni|). IX, 18). C'est ainsi (ju'à traveis la pha-^c du ii'îvolle par laquelle chaque parliez de rimniaiiité a manifesté à son tour Tuniversalité du péclu'' Imniain, Irs uns et les autres arrivent enfin au port du salut. Le théologien .\iclscn dit dans sa courir et spirituelle explication de répitre aux Domains : « La nature pécheresse existait déjà clit;z ions; mais afin «pie le sentiment en fut réveillé à

cil Al'. Xi. ;J2. -417

salut clie/ les individus, ce péché latent dut être manifesté historiquement dans le sort des peuples en «^rand.» Rappelons, cependant, pour ne pas dépasser, comme le fait cet interprète, la pensée de Paul, que ce |)éclié liumain latent s'était manifesté aclivement et librement chez le> uns et chez les autres avant de prendre la forme d'uue dispensation passive, celle d'un jui:emenl subi de la pari de Dieu. La leçon -avra ou Ta -àvTa, toutes choses, au lieu de -o-j; -avT«:, sort entièrement du contexte; eibj est d'ailleurs peu appuyée. — L'article to-j:, les, ne permet pas d'appliquer ce pronom tous aux individus humains (Meyer) ou à la tolalilé des élus (Olsh.). L'article défini fait penser uniquement à ces deux fractions déterminées de l'humanité qui ont été opposées l'une à l'autre dans tout ce chapitre et que Paul réunit maintenant dans le terme : ces tous ; non que, com.me le veut Weiss, il faille restreindre le sens de ce tous aux païens chrétiens (les jjAet;, vous, du v. :}0) et aux Juifs non chrétiens (les aOToi, eux, du V. :\\). Paul parle ici des païens en général, comme tels, et non comme actuellement convertis ou non convertis; et de même, en parlant des Juifs, il a en vue ce peuple comme tel et caractérise son rôle hi.«;torique en l'envisageant dans son ensemble. Le tons désigne donc ces deux moitiés de l'humanité, inégales en nombre, mais qui, par le contraste même de leur position religieuse, la représentent en réalité tout entière. Cette fois-ci ce ne sera plus l'une des deux moitiés sans l'autre qui jouira du salut; mais, après qu'elles se sont succédé précédemment l'une à l'autre dans la désobéissance et dans la grâce, elles seront réunies dans la vie.

Le ïvx, afin que, pourrait se rendre ainsi : « Si Dieu les a tous enfermés, c'est afin f/f...» Kn les enfermant tous, dans cette prison de la désobéissance, il les a tous conduits

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à c(3lte issue l)ienheureusc, celle d'un salut dû à sa propre miséricorde. Comme le dit encore .Melsen : « L'impaitialité divine, après avoir élé temporairement voilée |»ardeux particularismes opposési, écjate dans l'universalisme final qui embrasse dans un salut commun tous ceux que ces grands juttemenis ont successivement humiliés et abattus. » Il n'y a (ionc aucune conséquence à tirer de ce passaiie en faveur d'un salul final universel (de WcUe, Farrar et beaucoup d'autres) ou d'un système déterministe en vertu duquel la liberté liumaine ne serait aux yeux de l'apôtre qu'une forme de l'action divine elle-même. Saint Paul ne parle point ici de l'avenir éternel des individus; et aussi n'est-il question ni de la résurrection des morts, ni du jugement dernier où doit se décider le sort final de chacun. Il s'agit uniquement de l'histoire rlu règne de Dieu au sein de l'humanité terrestre. Le salut finira par embrasser la totalité des peuples vivant ici-bas; et ce résultat magnifique apparaîtra alors comme le but des dispensations humiliantes par lesquelles Dieu aura fait passer successivement les deux moitiés de l'humanité. On ne peut pas même appliquer ce qui est dit ici à tous les individus dont se composera à ce moment l'humanité terrestre. La liberté individuelle demeure dans l'économie finale comme dans les époques préparatoires. Le terme ïva i\zinr^ dont se sert l'apôtre : «afin qu'il fasse miséricorde,» désigne bien l'irUention divine, mais n'implique pas l'acceptation forcée de la part de tous les individus; voir LtiUimill, à ce verset. Ouant au déterminisme, il fait de ces deux jugements : limer, ovdvrcir, des dispensations divines primaii"es et incondilionnelles, tandis que l'apôtre les présente comme des châtiments mérités, des dispensations secondaires.

L'apôtre avait couuuencé ce vaste exposé du salut par

CHAI'. XI. .'{2-:i:î.

le fait de la condamnation universelle (ch. i-lll); il la teiminé par celui de la miséricorde universelle. Que lui reslerail-il, après cela, sinon à entonner l'hymne de l'adoration el de la louaniie? C'est ce qu'il lait dans les V. :]S-m.

Le cri d'adoration : v. rî.j-.jl».

V. 3.3 : « 0 profondeur de richesse et de la sagesse et de la connaissance de Dieu! Que ses jugements sont impénétrables et ses voies insondables!)) — Seml)Ialjle au voyat;eur enlin parvenu au teiiue d'une ascension alpestre, l'apôtre se retourne el contemple. Des abimes sont à ses pieds; mais des flots de lumière les éclairent; et tout autour s'étend un horizon immense qu'il domine de son regard. Le plan de Dieu dans le gouvernement de l'humanité est comme étalé devant lui, et il exprime les sentiments d'admiration et de reconnaissance dont cettf vue rempli! son cœur. — Le mot 'yj-h^jz, profondeur, s'applique piécisément à cet ahîine dans lequel son regard vient de plonger. Le gén. ttV/jto'j, de richesse, par lequel est déterminé le mot profondeur, est envisagé par la plupart des interprètes (Phil., Weiss, Luth.) comme un premier complément de [ia6o:, profondeur, coordonné aux deux suhst. suivants : de sagesse et de connaissance.-W faudrnii admettre dans ce cas que ce complément ahsirait : richesse, s'applique à un attribut divin spécial qui n'est pas nommé et qui ne pourrait être que la miséricorde; comp. X, \il; Eph. II, A, etc. Les deux x.a-', et... et, qui suivent, offriiaient l'exemple d'une construction comme celle de Luc V, 17. Kl l'on pourrait rapprocher ces trois compléments : richesse, sagesse, connaissance, des trois questions qui suivent, v. 34 et 35, puisque la premièn' se rapporte i)lutùt à la connaissance, la se-

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