‹ Commentaire sur l'épitre aux RomainsChapitre 46 sur 97 · i:2 la makciil or salut dans liiimamtk · texte numérisé non relu

i:2 la makciil or salut dans liiimamtk

dans celui «le roies^ leur (///// qnr. L'on peut ainsi comprendre la double relation des événements de l'histoire d'un côté avec. la conudissance, de l'autre avec la sagesse de Dieu. Par sa connaissance, Dieu prévoyant les décisions libres de l'homme, décrète \es junements; par sa sagesse ces jugements deviennent les ruies qu'il fait tourner à la réalisation de son plan; comp. pour ces deux termes Es. XL, U. — Ces deux ordres de faits sont caractérisés par les épithètes les plus extraordinaires que puisse offrir la plus souple des langues : àv£;£p£'jvr,To:, ce qui ne peut se scruter jusqu'au fond: y.^rzii/v''.y.^-'jz. ce dont on ne 'peut poursuivre jusqu'au bout les traces. La première de ces épithètes se rapporte à la cause efficiente des faits, dont l'esprit cherche à se rapprocher, mais dont il n'atteint pas le fond ; la seconde à l'infinie multiplicité de ramifications et de détails, dans l'exécution, que l'intelligence ne saurait poursuivi-e jusqu'au bout. On cite souvent ces épithètes dans le but de démontrer rincompréhensibilité des décrets divins et en particulier de celui de la prédestination (Au(j.j. Mais il ne faudrait pas oublier que ce qui provoque les expressions enthousiastes de l'apôtre, ce n'est pas l'obscurité des plans de Dieu, mais, au contraire, leur éblouissante clarté. Si ces jugements et ces voies sont incompréhensibles et insondables, c'est pour l'intelligence naturelle de l'homme et jusqu'à ce qu'ils aient été révélés; mais, dit l'aprilre 1 Cor. Il, 10, '(Dieu nous [les] a révélés par sou Lspril; car l'Esprit sonde (iceuvà) toutes choses, même les profondeurs (rà |iâO-/;) de Dieu.» C'est en face du mystère r/aw'/^', que Paul s'écrie : « 0 profondeur de richesse!» Ce qui nempèche pas que res[)rit qui les comprend eu partie n'ait encon; à y découvrir des lois ou lies a|)plicatioMs nouvelles, el ne puisse toujours s'écrier dans ce sens : liisniKlable ! lueiMii|)réliensible !

cil. M'. XI. 33-: r>. -+'J.')

V. ;]i et o5 : «Car qui a connu la pensée du Seigneur, ou qui a été son conseiller ? 35 Ou qui lui a donné quelque chose à l'avance, et il lui sera rendu; » — C'est ici la preuve scriptiiraire (Je l'iiiipéiiétraljililé des desseins de Uieii, avant qu'il les ait révélés lui-même à ses apôtres et à ses prophètes et par eux à son peuple. Le premier passage cité est Esaïe XL, 13, que Paul emploie comme si c'était sa propre parole. Cette question s'applique dans la jjouclie du prophète aux merveilles de la création. Paul rétend à celles du gouvernement divin en général, car les œuvres d*^ Dieu dans l'Iiisloire ne sont (pie la continuation de celles de la nature. — La question : Qui a connu:' est un défi jeté à l'intelligence naturelle. Huant aux hommes que Dieu a éclairés sur ses desseins, Paul dit lui-même I Cor. W, 16: a Pour nous, nous possédons la pensée de Christ. » — Celle première question oppose la connaissance humaine, toujours limitée, à la connaissance inlinie de Dieu (yvco-r'.; toô OcoO, v. 33). La seconde va plus loin : elle se rapporte à la relation de la sagesse humaine avec la sagesse divine, il ne s'agit plus seulement de la découverte des secrets de Dieu par l'étude de ses œuvres, mais d'un bon conseil que l'homme aurait été appelé à donner au Créateur dans l'organisation de ses plans. Le mot Toy.V/j/.oç désigne un homme qui délibère arec un autie et peut lui communiquer quelque chose de sa sagesse. C'est donc une position plus élevée que celle que supposait la notion de comprendre dans la question précédente

La troisième question, v. .îô, impliquerait un rôle plus élevé encore. Il s'agirait (ruii service rendu à Dieu, d'mi présent que lui ferait l'homme et par lequel Dieu deviendrait son obligé. Voilà hien la [)osition que prenaient les Juifs et par laquelle ils prétendaient limiter la liberté de Dieu dans le lïouvernement du monde et le lier indissolu-

^^'^ LA MARCHE l»l" SALUT KANS LHIMANITÉ

l)lemenl à eux en vertu de leurs œuvres méritoires. « Il n'y a pas d(? différence, disaient avec humeur les Juifs au temps de Malacliie, entre celui qui sert Dieu et celui qui ne le sert pas; qu'avons-nous Liagné à garder ses commandements?» Cet esprit d'orgueil avait été croissant; il avait atteint son apogée dans le pharisaïsme. A cela le livre de Job avait déjà répondu à l'avance . «Si lu es juste, que lui as-tu donné, et qu'a-t-il reçu de ta main? C'est à un homme tel que toi que ta méchanceté peut nuire et au fils de l'homme que ta justice peut être utile» (XXXV, 7-8). Les prépos. Trpô, ^la, à l'avance et en échange (dans la composition des deux verbes), caractérisent la relation de dépendance dans laquelle Dieu se trouverait placé visà-vis de l'homme, si celui-ci pouvait réellement faire le premier quelque chose pour Dieu et mériter par là un don en l'etour. Paul revient par cette troisième question au sujet principal de celte dissertation sur le gouvernement divin : la réjection des Juifs. Par la première question il déniait à l'homme le pouvoir de comprendre Dieu et de le juger avant que Dieu se lut expliqué ; par la seconde, celui de collaborer avec lui; par la troisième, il lui refuse celui de lui imposer une obligation quelconque. Ainsi est pleinement revendiquée la liberté de Dieu, ce principe suprême à maintenir par rapport au lait mystérieux qui fait le sujet de celte partie.

La question du v. r]5 est, comme les précédentes, une citation scripturaire que Paul l'ait rentrer dans son propre texte. Elle est tirée de Job XLl, "2, que les LXX traduisent étrangement (clie/ eux XLl, 11). Au lieu de : ((. (jui me préviendra et je lui rendrai?» ils font dire à l'Lternel : «(jui s'élèvera contre moi et subsistera?» Il est vrai qu'on trouve dans les deux .Mss. Sinail. et Alex, des LXX. à la suite d'Ksaïe XL, 14-, une parole conforme à la traduction

(,ii.\i'. XI. :c>-;«i. vi;.)

exacte du texlc liébieu donnée ici par rapùlrc Mais il y a cerlainement dans ces Mss. des LXX une interpolation tirée de notre épitre elle-même.

V. 36 : «parce que c'est de lui et par lui et pour lui que sont toutes choses. A lui la gloire à toujours! Amen, i^ — indi-piMidancc absolue de Dieu, (h'pondance totale de l'homme quant à tout ce dont il pourrait se faire un sujet de gloire : voilà la pensée de ce v. auquel aboutit ce vaste coup d'œil jeté sur le plan de Dieu. La première prépos, î/-, de, se rapporte à Dieu comme créateur; c'est de lui que l'homme tient tout : «la vie, la respiration et toutes choses, » Act. XVII, 25. La seconde, ^iv., par, se rapporte au liouvernement de l'humanité. Tout, même les déterminations libres de la volonté humaine, n'obtient réalité que par lui et tombe aussitôt sous son pouvoir qui fait tout tournei' à l'accomplissement de ses desseins. La troisième, ci;, jwur, se rapporte au l»ut final qui comprend, comme une seule et même chose, la iiloire de Dieu et le bonheur des créatures sanctifiées. La gloire d'un souverain ne consiste-l-elle pas dans le bonheur et la reconnaissance de ses sujets fidèles? Comme l'a dit hcd; : « L'égoïsme de Dieu est la vie du monde. » On a essayé parfois d'appliquer ces trois régimes aux trois personnes de la Trinité divine; l'exégèse moderne (Me;/., Grss^ Hofm.) est en général revenue de ce rapprochement, et avec raison; voir Weiss et Lullntnlt. — Ouand Paul paile de Dieu, absolument parlant, c'est au Dieu et l'rre qu'il pense toujours, naturellement sans excluie sa révélation i)ar (Christ et sa communication dans le Saint-Esprit. Mai.s cette distinction n'est point lelevée ici et n'avait que faire dans le contexte. Ce que l'apiUie tenait à dire en finissant, c'est que toutes choses, piovenant de la volonté créatrice de Dieu, progressant par sa sagesse et aboutissant à la mani-

i-'» I,A MArvCHF, IH" SALUT DANS LUI. .MAMTÉ

feslation de sa sainteté, doivriii célébrer un jour, par leui perl'ectiun ménie, sa gloire et sa gloire seule. — On pourrait restreindre l'application du mol toutes choses aux deux fraclions deriuimanilé dont il a été parlé (comme v.:i::i). Mais Paul s'élève ici au principe général dont le v. .Irî n'était qu'une application, et c'est la raison pour laquelle il substitue le neutre tontes choses au masculin tons de v. S'I. Il s'agit de la totalité des choses créées, visibles et invisibles. — Comme le dit Hodije, « le but le plus relevé en vue duquel toutes choses puissent exister et être réglées, c'est de mettre en évidence le caractère de Dieu. » En efïèt la reconnaissance du caractère de Dieu par les créatures, voilà sa gloire! — Ce vœu de l'apùtre, auquel chaque lecteur doit s'associer, est comme une anticipation dans le cœui' des fidèles de ce terme sublime de l'histoire : « A iMeu soit la gloire ! »

Sur le chapitre XI.

Jamais coup d'œil plus vaste ne fut jeté sur le plan divin de l'histoire du inonde. D'abord l'époque de l'unité primitive, dans laquelle la famille liumaine no forme encore qu'une totalité indivise; puis l'antai-'onisme rnlrc les deux fractions relii;ieuse> de l'humanité créé par la vocation d'Abraham : le> .luifs demeurant dans la maison paternelle du monothéisme, mais avec un esprit léizal et servile. et les pa'iens livrés à leurs propres \oies. Au terme de cette période, l'apparition du Christ décidant la rentrée de ceux-ci au foyer doniesti(iue. mais en même tenq)s la sortie de ceux-là. Enfin les Juifs, cédant aux sollicitations divines et au spectacle du salut dont jouissent les païens izraciés: et luniversalisme final, dans lequel se résolvent toutes les dissonances antérieures, remplaçant, sous une forme irdiiument supérieure, l'imité |)rimitive et faisant contempler à l'uidvers la famille de Dieu pleinement constituée.

L opposition entre les Juifs et les païens apparaît ici. conloriiienient a la \eiife des faits, comme le moteur essentiel de ! Iii>-

ciiAP. XI. :{ti. rJ/

toire. Ce sont les actiims et les réactions résultant de ce fait capital, qui en sont la clef. (Test ce que n'a point entrevu la philosophie de l'histoire et ce qui fait de ces cliap. 1\-XI la plus haute théodicée.

Si la i-ritique a cru pouvoir déduire de ce morceau 1 hxpothése d'une majorité judéo-chrétienne dans léiilise de Kome, et si elle a tenté de l'expliquer, ainsi que notre épître entière, par le désir qu'éprouvait Paul de réconcilier cette église avec son activité missionnaire chez les Gentils, on peut voir, par ce passage luimême hien compris, combien elle s'est éloignée de la vraie pensée qui a présidé à la composition de cette épître. Bien loin de diviser, au v. 13, les lecteurs en deux classes, l'apôtre les a (jualitiés comme anciens pa'iens, et dans toute la fin du ch. il les a nettement opposés \b<j.tiq, vdu.s) au peuple d'Israël dans son ensemble (aÙTot, eu.c). Son but est donc, non de justifier à leurs yeux sa mission, mais de leur expliquer les voies de Dieu envers Israël rejeté et envers eux-mêmes, païens reçus en grâce, afin de les mettre en garde contre l'orgueil que pourrait leur inspirer leur vocation au salut et de prévenir la catastrophequi pourrait les atteindre encore. Ils doivent comprendre que, si la masse du peuple d'Israél est maintenant sous la verge divine, c'est pour eux : et de plus ce n'est que pour un temps: le même châtiment ne manquerait pas de frapper leur orgueil. Tout cela n'a de sens qu'adressé à une église en grande majorité pagano-chrétienne.

Il y a quelque chose de plus grand et de plus élevé dans tout ce morceau sur la marche du salut (|u'une apologie destinée a gagner ou à intéresser l'église à l'd'uvre de Paul. C'est ici l'apologie de l'œuvre de Dieu elle-même dans la fondation de l'Eglise, apologie destinée à all'ermir dans la foi l'église de Home, représentant en ce moment pour l'apcMre l'Eglise entière. Comp. XVI, io.

Le V. 'M. (|ui résume rvllv apologie du gouvernement di\itK est le |)endanl du v. 10 du cli. I. ipii lannoncait.

^-'âS |,A VI1-; ItA.NS LK SALl'T

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