LA VIK DANS LE SALLT
fjni peut froisser le prochain et l'aigrir, mais aussi de respecter et de ne point compromettre Viruvre de Dieu déjà accomplie dans son cœur en l'entraînant à mal faire. Au premier coup d'œil il ne paraît pas douteux qu'il ne iaill»' lire avec le T. R. et quelques .Mss. : r^.oj/.coasv, recherchons, et non f^.oj/.oa£v, nous recherchons; ainsi Mci/. et moirnèrne (ke éd.). Mais nous avons constaté plusieurs fois la tendance des copistes à donner au texte la forme exhortalive, et il peut en avoir été ainsi dans ce cas; cornp. l'adjonction de l'impér, ç-jAaçtoy.Ev à la (in du v. chez les gréco-lal. (voir Weiss). Si on admet l'indic. nous recherchons, Paul rappelle par là un principe qu'il sait être gravé dans toute conscience chrétienne. Le premier ohjet Ta Tr.ç dzryr,ç rappelle le motif tiré du devoir de l'union exposé auparavant; le second -Ta -:•?,: oi/.oi^oaxç désigne le devoir de l'édification mutuelle qui va être iléveloppé.
V. 20. l.'ast/ndelon entre v. 19 et di) provient de la vivacité avec laquelle l'apôtre est frappé de la rcsponsahilité des forts : détruire l'œuvre de Dieu! Au v. 14, oi^i il s'agissait de dduleur personnelle, de froissement, l'apôtre parlait de faire périr le frère lui-même. Ici, où il s'agit d'un scandnh' donné, il parle non plus de la personne, mais tie Vœurre de Dieu en elle. — L'aliment a beau être en soimême exempt de souillure; il ne l'est plus dés que l'homme en use contre sa conscience. Fiuckerl a fait du mot /.ax.ôv, mauvais, l'attribut d'un verbe sous-entendu : (.< Man(/er devient mauvais pour l'homme qui lo fait contre sa conscience. » Meyer préfère tirer de la propos, précédente le sujet sous-entendu tô /.«Oapôv, ce qui est pur en soi : « L'aliment pur en soi devient lui-même mauvais quand il est goûté de cette manièi'e. » irtv,sv<ï lire du phiiiel -y^-v. un -àv, loui, comme sujet. Il me sendtle [tlus sim|)le de
(;nA['. xiv, 111-21. 529
faire de xax.ov le sujet : y // // a mal (péché) pour celui qui niante dans de telles conditions, » en sous-entendant le verbe yiveTaiou ïr:-:<.. — AiàTTcoT/.oafAaToÇjgn étal de scandale. Sur cet emploi du h<.y., cuinp. II, '11. S'agit-il du fort qui inan^e en donnant du scandale ou du faible qui se laisse entraîner à manger en succombant au scandale? Evidemment du second. Paul ne parle pas ici du mal que le fort se fait à lui-même, mais de celui qu'il fait à son frère entraîné à pécher. — On peut s'étonner de ce que l'apôtre envisage le salut du faible comme com[)romis par cette seule faute. .Mais ne suffit-il pas d'un seul péché volontaire qui s'interpose entre Christ et le croyant, pour les désunir et, si ce péché n'est pas effacé et que l'état se prolonge, pour replonger celui-ci dans la mort?
Le v. 21 est le résumé de tout l'avertissement adressé aux forts depuis v. I.i.
V. 21 : Il est bien de ne pas manger de viande et de ne pas boire de vin, et |de ne rien faire] par quoi ton frère soit froissé ou scandalisé ou à l'égard de quoi il faiblit '. » — Le mol /.aXov, // est bien, il est honorable, est tacitement opposé à lanotiond'humiliationqui aux yeux des forts s'attachait à l'abstinence; il n'y a rien que d'honorable, veut dire Paul, à s'abstenir, en faisant par chal'ilé le sacrifice de sa liberté. — Devant le pronom iv w, en quoi, il faut sous-entcndre le verbe -rtoieiv ti, faire (jindque chose. — Des trois verbes que lit le T. FI., le premier se rappoi-te au froissement de cœur causé -au prochain par une conduite qu'il désapj)rouve ; le second, ^u péché (\n on lui ferait commettre en l'enlrainant à un acte que sa conscience condamne; le troisième remonte à la cause des deux actes précédents, la faiblesse de foi : «ou en gé-
' N 1' lisent Aj-c'-ta; an lieu do nsoizo-Tj-., et x ,V C Syr^''' i-ctranctient les mois /, T/.avoaÀtrîTa'. r, aaOcvs'. (est scandalisé ou faiblit).
530 l.A VIE DANS LE SAI.IT
néial ;i l'égard de tout péché auquel peut conduire sa laiblesse de foi.» — La leçon A'j7w£Î-ai, est afflif/é^ au lieu de ttço'T/'.ôttts',, se heurte, dans le Sinaït., est certainement fautive. Ouaul à roniission des deux derniers verbes dans le Sinalt., VAlex., etc., elle est vraisem- ])lal)lement l'effet d'une négligence; car le verbe -po'r/.o- -Tciv, se hetnicr, ne résumerait qu'un côté de l'avertissement donné aux forts et le v; àTOsveî ne fait nulleuient l'eflel d'une glose (voir Weiss).
Les deux derniers v. sont la conclusion et le sommaire du ch. tout entier. Le v. 2:2 s'applique aux forts; le v. '23 aux faibles.
V. ^-1 et 2.J : Toi, tu as la foi'; garde-la par devers toi devant Dieu. Bienheureux celui qui ne se juge pas lui-même dans le parti qu'il adopte! 'l'-'^ Mais celui qui doute, est condamné s'il mange, parce qu'il ne le fait pas par la foi. Tout ce que l'on ne fait pas par la foi, est péché-. » — La propos. : lu as lu foi, pourrait se prend l'e dans le sens inlei'rogalif; mais il y a plus de Ibrce dans la simple affirmation. Les alex. lisent r,v, que, après -î^T'.v, 1(1 foi. Le sens est dans ce cas : « La foi que tu as, aie-la igarde-Ia) par devers toi. » Les anciennes versions ne favorisent pas cette leçon, et elle n'est pas non plus conforme au contexte qui exige que dans ce sommaire les deux cas traités soient expressément posés en face l'un de l'autre : « Toi, tu as la foi..., toi, lu doutes...» Meyer, Hofmaiin, Weiss rejettent également le ry, que; ces deux derniers par la raison que, s'il était authentique, l'article ne
* N A B C lisent ry devant r/st; [que tu as,.
- L 200 Mnn. et les Lectionaria ajoutent ici les Uois versets qui forment dans d'autres documents la conclusion de l'épître, XVI, 25-27; (1 g laissent ici un espace vide; A P ont ces trois versets ici et à la lin du ch. XVI.
CllAl'. XIV. •21-:
pourrait manquer devant -îtt'.v, ce ([ni est très-vrai. — Oliramare insiste pour ([ue l'on tlonne à -^tt'.: le sens de conviction en général, et nullement celui de loi chrétienne. Mais comment serait- il ici question d'une autre ioi que celle du v. 1, où Ultramare lui-même l'explique par le terme de «conviction chrétienne»? Seulement Paul prend ici ce terme dans le sens spécial d'une foi eu la rédemption assez forte pour .mettre la conscience du fidèle au-dessus lie tout scrupule de ce genre. — Les mots aie-la rappellent au fort qu'en lui demandant le sacrifice de sa liherté, Paul n'a pas voulu lui demander celui de sa conviction. Ou'il garde celle-ci intacte, mais dans son cœur et sous Ir regard de Dieu, sans en faire parade. L'accent est sur xarà crsauTov, par devers toi. — Par les derniers mots : Bienheureux..., il lui fait sentir que c'est un sentiment de reconnaissance, et non d'orgueil, que doit lui inspirer le degré de liherté dans la foi, auquel il est parvenu. Il faut ici, comme ailleurs, traduire le mot /.pîvsiv par Jh' (/er, non par condamner. « Se condamner dans ce qu'on adopte comme hon, » serait une idée contiadicloire. Il s'agit d'une simple enquête sur la marche que l'on suit. « Heureux celui qui n'éprouve plus aucun scrupule, ne se pose plus aucune question de conscience quant à la ligne de conduite qu'il a une fois adoptée.» — iv/j.'j.yXci^j , trouver Ijon après examen.
Le V. :2:3 s'applique au cas opposé : celui du doute à l'égard de la ligne à suivre. La conscience n'est pas arrivée à l'unité avec elle-même; de là le terme Sixy.ai^t'^hx'., w diviser en deux hommes, dont l'un dit oui, l'autre non. — Le y,y-y./.Uz'-y.'., est condamné, a lieu immédiatement par le fait même qu'il a mangé (Jean 111, 18>; comp. lïe/.s-.v. Jieuss, Oltram. et heaucoup d'autres donnent encore ici au mot -ir;-'.;, foi, h' sens ahstrait de conviction : mais voir au
5r>2 LA VIK DANS LE SAI.UT
V. précédent. Le sens est que ce que l'on ne peut pas l'airecomme raclielé de Christ et en accord avec la position de sauvé par la foi en lui, il ne faut pas le faire du tout. Autrement cet acte, dont la foi n'est pas l'àme, devient péché et peut conduire au résultat indiqué v. 20 : la destruction totale de l'œuvre de Dieu en nous.
Augusiin concluait de celte parole que les bonnes actions^ des païens, en tant que n'étant pas des fruits de la foi chrétienne, n'étaient que des péchés brillants. Le j)assa|;e II» 14. 15 montre combien l'apôlre surpassait en largeur cet éminent Père de l'Eglise. Ouoi qu'en dise OUramare, ce jugement d'Augustin ne résulte point du vrai sens du mot foi, dans cette parole de l'apôtre. Car la règle que Paul établit ici ne s'applique qu'au chrétien. Le non chrétien doit simplement mettre sa conduite d'accord avec la loi morale, soit celle du Sinaï, soit celle de la conscience (11, 1::^). Il ne lui sera jamais redemandé qu'en raison de ce qui lui a été donné.
De kl position de la do.rologie XVI, 25-27 à la fin du fil. XIV. — Un assez grand noiidire de documents placent ici, à la suite du v. 23, les trois versets doxologiques qui. dans le texte généralement reçu, terminent ré|>îlre (XYI, i5-!:27). Ce sont le Mj. L, 200 Miiu. environ, les Lcctionaria, la version syriaque pliiloxénienne, d'anciens Mss. mentioimés par Origène, enfin les Pères de l'église i^recque (Chrysostome, (^.yrille, Théodoret, etc.). On peut ajouter le Ms. tî et la traduction latine qui l'accompagne (g), ([ui laissent ici un espace vide; enfin les Mjj. A et Pet trois Mnn., qui lisent ces trois v. aux r/(?«.;' endroits. Nous compléterons ces indications à XVI, 25. Faut-il admettre que ces v. ont ici leur place originaire d'où ils auraient été transportés plus tard à la fin de l'épître ? Ou bien, au contraire, formentils la conclusion de l'écrit, et cei-tains copistes les ont-ils transposés ici par une raison quelconque ? Ou bien, enfin, devrions-nous voir dans ce passade une interpolation postérieure que l'on aurait placée tantôt à la fiii du cli. XIV. tantôt à la fin du cli. XYI ? If
aWV. XIV. -2.!.
y aurait une f|uatrième supposition, c'est que l'apôtre lui-même -eiJt ri'jiélé à la fin de l'écrit ce passage, placé d'abord à la fin de notre chapitre. .Mais une pnreille répétition serait sans exemple et sans but. (Juant à l'origine apostolique de ce passage, nous l'examinerons à XVI, "17.
La question a plus d'importance qu'il ne paraît au premier coup d'œil: car elle est en connexion assez étroite avec celle de l'authenticité des ch. XV et XVI. Si l'apôtre a clos le ch. XIV par cette formule d'adoration, il est probable qu'il a voulu par là terminer son épitre: par conséquent, tout ce qui suit serait suspect (iinauthenticilé. Reiiss peivse, il est vrai, que lors même que les trois derniers versets se pinceraient à la (in du ch. XIV, t il n'en résulterait aucun préjugé défavorable à l'authenticité du ch, XV: » l'apôtre pourrait avoir eu l'intention « de déposer la plume et de clore son discours par une courte prière; puis il se serait ravisé pour ajouter quelques pages. » Nous doutons cepen- 'dant que l'on puisse citer un exemple réel dun tel procédé, et nous pensons que, si la position vérital)le de ces trois v. était à la lin du ch. XIV. ce fait prouverait indirectement ou que les ch. XV et XVI sont d'un interpolafeur, ou que. s'ils sont sortis de la plume de l'apôtre, ils appartenaient primitivement à quelque autre écrit d'où ils ont été transportés dans celui-ci.
examinons les dilférentes hypothèses faites à ce sujet :
1" Hofmann essaie de faire rentrer ces trois versets dans le texte apostolique en en faisant la transition du ch. XIV au ch. XV. Selon lui. lexpression : «A celui qui paut vous fortifier » (XVI, io qui deviendrait XV, 1-3), serait en rapport étroit avec la discussion du ch. XIV relative aux forts et aux faibles; et le datif Tw ouvauLé'vw. à celui qui peut..., dépendrait du verbe ijs-siXoijir/, nous devons (XV, i) : « Nous devons à celui qui peut nous fortifier de collaborer avec lui en portant les fardeaux des faibles. » La relation est ingénieusement trouvée: mais cette explication n'en est pas moins inadmissible. Non seulement ce -datif: à celui qui peut, se trouverait séparé du verbe dont il dépend, par une amplification doxologitiue démesurée: mais surtout le o£, or. qui accompagne le verbe nous devons, indique clairement le commencement d'une phrase nouvelle.
±> Baui\ VolUrnar, //M^'A^ placent ici la doxologie : mais ils y voient une interpobition postérieure, et trouvent dans ce fait
•J.')* LA VIK DANS l.b; SALIT
un indice de linauthenticité totale ou presciue totale des cli. XV et XVI. D'après Luclit. la vraie conclusion de l'épître. qui suivait immédiatement XiV, 23, aurait été supprimée par les pieshytres de l'éiiiise de Rome, comme trop sévère pour les faibles du ch. XIV. Mais on l'aurait retrouvée postérieurement dans les archives de cette église, et on l'aurait amplifiée de deux niiinières différentes, sous la forme de la doxologie XVI, îo-'il, et sous celle plus étendue du passage XV, 1-XVl, 24; ces deux conclusions, d'abord distinctes, auraient été fondues ensuite en une seule, ce qui aurait produit la forme généralement reçue actuellement. Volkmarcroitpouvoir préciser davantage encore, La vraie conclusion apostolique peut, selon lui, se tirer avec certitude et d'une manière complète des ch. XV et XVI. Ce sont les deux morceaux XV. 33-XVI, 2 et XVI, 21-24. Le reste de ces deux chapitres comprend des adjonctions postérieures destinées à travailler à la pacification de l'église. Elles proviennent principalement de deux auteurs, l'un en Orient, qui a ajouté la doxologie vers Lio; l'autre en Occident, qui a composé à peu près le tout vers 120. — On est frappé immédiatement de ce qu'il y a d'arbitraire dans rh\potlièse de Lucht. Quoi! des presbytres se permettent de supprimer la fin de l'écrit apostolique! Puis ils la conservent dans les archives d(> l'église, et entre les mains d'un écrivain quelconiiue elle devient, avec t|uelques fragments d'une épître aux ?]pliésiens, le thème de nos deux derniers chapitres! (rest un roman qui, dans tous les cas, ne pourrait acquérir quelque vraisemblance histori(|ue que si nous venions à découvrir dans les ch. XV et XVI des preuves bien positives d'inautheiiticilé. Volkmar admet que la clôture authentique a été intégralement conservée, quoicjue mêlée à un conglomérat d'intei-polations diverses. Mais une telle conclusion serait-elle suffisante? Lapotre avait introduit son traité didactique par un long préand)ule en forme de lettre (I. 1-15). Serait-il possible qu'en terminant l'écrit il ne revînt pas, pour quelques moments au moins, à la forme épistolaire par laijuelle il avait commencé? Les quelques paroles que Volkmar conserve comme authentiques, ne répondent nullement à un préambule à la fois aussi grave et aussi all'ectueux que le commencement de l'épître. Et il est impossible de comprendre commettt l'npôtr'e passerait subitement de la fin du traité |)rati(iue : « Tout ce qui se fait sans la foi est péché » (XIV, 23),
-IIAI'. XIV. i>3.
à ces mots qui auraient suivi iininédiatement selon ce savant: « Le Dieu de pai\ soit avec vous tous! Amen. Je vous recommande Phoebé et vous salue avec les amis <|ui m'entourent... » Non. ce nest pas ainsi que lapôtre a pu terminer une par-eille lettre.
o" Puis donc (jue l'on ne [)eut l'aire rentrer cette d(i\oloi.'ie dans le tissu didactique des ch. XIV et XV et que, d'autre part, il est inadmissible qu'elle ait formé ici la conclusion de l'épître, il faut chercher une autre solution. Le poids des autorités critiques fait incliner la balame en faveur de la position de ces trois versets à la fin du ch. XVL Car c'est dans ce sens que témoiiinent les plus anciens alex. et gréco-lat., les anciennes versions (l'Itala et la Peschito de Schaaf), enfin tous les Pères occidentaux: voir à XVI. :2o la note critique. Quelle circonstance a pu motiver la mijiration de ces versets dans un certain nombre de documents à la fin du ch. XIV!* Knppelons-nous un fait démontré par l'étude du texte, dans le X. T. tout entier : c'est que la plupart des erreurs des documents b\z. proviemient de la tendance a adapter le texte aux besoins de la lecture publique: nous serons ainsi conduits à la supposition que cette même cau-e a exercé son influence dans le cas qui nous occupe. Il est peut-être arrivé que, dans les temps très-anciens, la lecture publique de notre épître dans les assemblées de l'EizIise n'ait pas dépassé dans certaines contrées, en Orient, par exemple, la lin du ch. XIV, avec laquelle la partie didactique [)roprement dite se trouvait tertninée. Et comme la lecture ne pouvait finir avec les derniers m(»ts du cil. XIV, on écrivit ici en marine, à l'usage de l'anagnoste, la doxologie qui terminait l'écrit tout entier: puis, c(»mme cela est arrivé souvent, de la mar^e ce j)aragraphe pénétra dans le texte de certains manuscrits. Voilà comment il est arrivé f|ue la doxolocie finale se trouve [)lacée en cet endroit <lans plusieurs documents d'origine hyzantine. particulièrement dans les Lectionaria ou recueils des morceaux destinés à la lecture publique. On objecte sans doute que les ch. XV et XVI sont reproduits presque en entier dans tous nos anciens lectiomiaires. Mais l'époque où l'omission de ces deux chapitres aurait eu lieu, serait antérieure à la date des recueils de péricopes qui sont aujourd hui entre nos mains. V.n fait qui n'est pas sans analogie avec. celui (|iii nous occu[)e. peut confirmer cette su[)po>itioii. Il
53(J J.A VIE DANS l.t SALUT
me paraît démontré, depuis le travail de Zahn sur hjaace d'Antioche, que les lettres d'Ij^naee en syriaque, publiées p;ir Cureton, bien loin de présenter le texte orijzinnire. ne sont qu'un extrait fait par quelque moine syrien dans un but d'édilication. Et qu'a-t-ii omis? Précisément tous les détails historiques et personnels qui nous intéressent particulièrement. De même, ce qui importait surtout à lédilication de lEglise dans notre épître allait jusqu'à la fin du cli. XIV : et là par conséquent a fort bien pu s'arrêter dans certaines contrées la lecture pu[)lique.
Cette manière d'expliquer la transposition delà doxologie nous paraît préférable aux motifs indiqués par Mej/er. S'il en est ainsi, nous comprenons comment cette doxoloiiie se trouve simultanément aux deux endroits dans quelques documents et commetit elle manque complètement dans quel(|ues autres. Certains copistes, incertains sur la position à lui donner, la placèrent aux deux endroits; certains autres, trouvant cette double position suspecte, la retrancbèrent tout à fait. Il est singulier, nous le reconnaissons, qu'on ne l'ait pas placée plutôt après le v. 13 du ch. XV, de manière à comprendre encore dans la lecture publique le morceau que nous allons étudier iXV, 1-13). 11 est impossible à cette heure de découvrir la circonstance qui a fait choisir [)lutôt la (in du ch. XIV.
XXIX""^ MORCEAi: ,XV, l-l;i).
L(i fjrandc union à réaliser.
C'est ici que nous rentrerions, selon M. Renan (p. 4-29), dans le texte de l'exemplaire adressé à l'éiilise Je Rome. D'après lui, en effet, le cli. XV formait la finale de l'épître destinée à cette église. Si cette manière de voir était l'ondée, le premier verset du ch. XV aurait immédiatement suivi le dernier du ch. XI ; car les ch. XII, XIII et XIV n'appartiendraient qu'aux exemplaires destinés à d'autres é;;iises. Cette hypothèse est-elle vraisemblable? Ouelle liaison y a-t-il entre la lin du ch. XI, célébrant la sa;iesse de Dieu dans la