CHAH. XIV, 2:3- XY, I
marche de l'histoire, e( celle dislinclion enlre les foris et les faibles par laquelle commence le ch. XV? Ce contraste se rattache, au contraire, de la manière la plus étroite au sujet du ch. XIV. Sckidtz (xoir sur son hypothèse, p. WO) le sent si bien que, quoique parlageanl jusqu'à un certain point Topiiiion de .M. Renan relativement aux trois chapitres précédents, il fait encore des six premiers v. du ch. XV la continuation et la conclusion du morceau ch. XIV, appartenant à une tout autre épiire de Paul, et ne trouve -qu'au V. 7 la reprise de la véritable épitre aux Romains. Ainsi dans l'exemplaire apostolique ce serait le v. 7 : <( C'est pourquoi accueillez-vous les uns les autres comme Christ aussi nous a accueillis, » qui atirait suivi directement la fin du'ch. XI. Mais cette brusque application parénélique, à la suite d'un développement aussi vaste que celui du ch. XI, a quelque chose de bien invraisemblable; et n'cst-il pas manifeste que cette exhortation : «C'est pourquoi accueillez-vous les uns les autres» (v. 7), que Schnllz attribueà l'épilreaux Romains, n'estque la reprise de c.^lle qui comniençiit le ch. XIV en ces termes : «Accueillez celui qui est faible en la foi, » qu'il refuse à cette épitre? Non seulement c'est dans les deux cas le même verbe rpo<7"Xaa5y.vc';0«i, prendre à soi. .Mais, de plus, les mots suivants du v. 7 : « comme Christ nous a pris à lui, » reproduisent exactement la fin de XIV, :} : «Car Dieu l'a pris à lui » (ton frère, faible ou fort). Le passage XV, 7 et suiv. est donc bien certainement la clôture du cycle d'enseignements ouvert XIV, l-r3. Paul résume dans le v. 7 l'exhortation au support mutuel et à l'indidgence des forts pour y rattacher l'invitation à l'union entre les deux parlies de l'Eglise qui fait le sujet de v. 8-1."}. C'est là la conclusion normale de la partie pratique commencée au ch. Xll.Toutest si fortement lié et forme un ensemble si satis-
LA VIE DANS l.K SAUT
laisant dans cet enseignement pratiqne, que l'on ne comprend pas qu'il vienne à l'esprit d'interprètes intelligents de hriser un pannl organisme.
Nous avons déjà dit qu'avec le ch. XV commence, selon Binir, la partie inauilienlique de notre épîlrc. Nous examinerons au fur et à mesure les objections que lui paraît soulever la composition des deux chapitres XV et XVI par Tapôlre Paul. Nous aurons à étudier également les raisons cpii ont engagé un grand nombre de critiques, tels que Scmler, Gnesbiich, Eiclihoni, Re^iss, Schnilz, Ewnld et d'autres, à contester, non l'oi'igine apostolique de tout ou partie des deux derniers chapitres, mais leur connexion originaire avec l'épitre aux Romains. Comme nous avons exposé ces opinions très-diverses dans l'introduction, t. I, p. 15:2-156, nous ne croyons pas nécessaire de les reproduire ici.
De la question de l'ait toute particulière qui vient d'occuper l'apôtre, il passe maintenant à l'idée plus générale du bon accord qui doit unir les divers éléments renfermés dans l'Eglise et s'e\})i'imer dans un conunun cantique d'adoration au Di(ni du salut commun. L'on ne comprend réellement pas r.dïifmation de Biiiu\ qui pn-tend « que ce morceau ne contient l'ien (pii n'eùl été beaucou|) mieux dit auparavant,)) ou celle de M. Renan, qui, s'appropriant ce jugement, s'exprime ainsi : « (^es vers(;ts répètent et nîsurnent nmllcment ce qui précède. » La question particulière traitée an cli. XIV s'élargit; le point de vue s'élève et le ton s'exalte graduellement jusqu'à la hauteur de l'hymne, comme à la (in de toutes les grandes [tarlies précédentes (V, 12etsuiv.; VIII, ."{l etsuiv.; XI,."):') et suiv.). — Paul exhorte d'abord, par l'exemple de Chris!, à la condescendance nniluelle, v. I-."!; puis il montre, v. i-7, comme but à atteindre, l'adoration connnuu(.' à laquelle une telle conduite lèra parvenir l'Eglise; cnliu, v. 8-1."], il